Le quatrième trio formé par Byron Froese, Nicolas Deslauriers et Daniel Carr est demeuré intact au cours des huit derniers matchs.

Froese, l’oublié du 4e trio

VANCOUVER — Le quatrième trio du Canadien reçoit sa part d’éloges depuis que Claude Julien a réuni Nicolas Deslauriers, Byron Froese et Daniel Carr, le 30 novembre.

On a abondamment parlé de Carr, le joueur le plus doué du lot sur le plan offensif. Ses neuf points en huit matchs lui attirent évidemment de l’attention. On a amplement parlé de Deslauriers, parce qu’il est le joueur le plus robuste du trio, parce qu’on se demande bien ce qui lui restera comme nez si cette vilaine cicatrice ne cesse de grandir. Un peu aussi, avouons-le, parce que c’est Québécois.

Pendant ce temps, on parle très peu de Froese, le centre de cette unité, qui doit faire quelque chose de bien si le trio est demeuré intact au cours des huit derniers matchs! Carr a même senti le besoin de remettre les pendules à l’heure après l’entraînement de mercredi quand il a été questionné sur Deslauriers. «Avec lui, et avec Byron, on joue bien ensemble», a-t-il répondu.

Route tortueuse

Pourtant, en revenant sur le parcours de Froese, c’est à croire que c’est lui qui a eu la route la plus tortueuse vers Montréal.

Ce sont les Blackhawks de Chicago et Marc Bergevin qui repêchent Froese en 2009, au quatrième tour (119au total). Le lock-out de 2012 constitue une première embûche, puisque des joueurs censés être en LNH sont recalés en Ligue américaine, notamment Andrew Shaw.

Froese se retrouve donc en ECHL, ligue qu’il connaîtra trop bien puisqu’il y disputera 80 matchs en quatre saisons. Durant l’été 2014, à 23 ans, et voyant les portes se refermer, il s’interroge.

«J’ai eu une conversation avec ma femme et je lui ai proposé d’aller en Europe et de me faire un nom là-bas pour rebâtir ma carrière», a-t-il expliqué lors d’un entretien récent. Mais j’ai décidé de me donner une autre chance à un moment où je n’étais lié à aucune équipe. Finalement, ç’a été une grosse année pour moi.»

C’est en effet au cours de cette saison 2014-2015 qu’il a abouti dans l’organisation des Maple Leafs, avec qui il disputera les 58 premiers matchs de sa carrière dans la LNH. Cette association a pris fin la saison dernière, quand le Lightning l’a acquis dans une transaction. Et cet été, il a profité de son autonomie pour se joindre au Canadien, «l’équipe préférée de ma famille», précise le Manitobain.

Mais voilà, même s’il a fait belle figure au camp, le Tricolore l’a cédé au Rocket de Laval, avant de lui donner ce qui est l’équivalent du baiser de la mort au hockey : le titre de capitaine du club-école. Une façon pour l’équipe de dire à un joueur qu’elle le voit bien «en bas».

«Être reconnu par ses coéquipiers était très spécial et je l’ai accepté avec humilité», répond poliment Froese. «Puis, cinq jours plus tard, j’ai été rappelé, et je ne m’y attendais pas non plus. Quand mon téléphone a sonné en soirée, j’étais sous le choc»

Froese a saisi pleinement sa chance, particulièrement depuis qu’il joue avec Deslauriers et Carr. En 17 matchs, il compte cinq points, ce qui égale sa production de 2015-2016... en 56 matchs! C’est plutôt moyen aux mises en jeu (43,8 %), mais son équipe obtient tout de même 46,5 % des tentatives de tir quand Froese est sur la patinoire.

Trois parcours, une même destination

Deslauriers a peut-être le parcours le plus conventionnel des trois. Repêché au troisième tour en 2009, il a fait ses classes pendant trois ans dans la Ligue américaine avant d’accéder à temps plein à la LNH, à Buffalo. Carr, lui, n’a jamais été repêché, mais ses succès au Union College, en NCAA, lui ont ouvert la porte chez le Canadien. Il a connu un début de carrière en LNH encourageant en 2015-2016, mais une blessure à un genou l’a ralenti et il a semblé régresser la saison dernière.

Malgré ces parcours différents, Deslauriers, Froese et Carr se sont retrouvés dans le même bateau en octobre : dans l’uniforme du Rocket de Laval. Tous trois ont 26 ans, âge auquel la Ligue américaine peut devenir l’équivalent d’un étang de boue dont il est impossible de s’extirper. Car vous êtes en compétition avec des joueurs qui ont cinq ans de moins que vous, en qui l’organisation fonde des espoirs à long terme.

Les trois s’en sont tirés. «Je me sens comme si mes prochaines années étaient mon prime time, car j’ai du vécu. Ce que j’ai vécu cette année, ça m’aide aussi», a expliqué Deslauriers. «Personne ne veut jouer dans la Ligue américaine, mais c’est parfois le chemin qu’on doit prendre. À notre âge, on joue notre meilleur hockey. On sait comment jouer.»

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UNE DÉCISION DIFFICILE ATTEND CLAUDE JULIEN

La qualité de jeu de Byron Froese, Daniel Carr et Nicolas Deslauriers est telle qu’on n’ose pas imaginer le genre de décision que Claude Julien devra prendre sous peu, quand Artturi Lehkonen sera prêt à revenir au jeu. Même après les gênantes défaites des deux derniers samedis (à Ottawa et contre Edmonton), il a résisté à la tentation de briser son quatrième trio afin d’injecter de l’énergie à ses autres unités.

Que fera l’entraîneur-chef quand le Finlandais obtiendra le feu vert des médecins?

Julien ne rencontrait pas les journalistes mercredi, mais pour Deslauriers, la réponse est simple. «Lehkonen est un méchant bon joueur. Avec nos blessés qui reviennent, on essaie de forcer la main de l’entraîneur et du dg pour qu’ils nous laissent ensemble.»  Avec Guillaume Lefrançois

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BYRON ABSENT

Le Canadien s’entraînait à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) mercredi, avant de prendre la direction de Calgary. Paul Byron était l’unique absent parmi les joueurs en santé. L’attaquant a eu droit à une journée de traitements. Artturi Lehkonen, toujours blessé, a pris sa place au sein du premier trio du Tricolore, aux côtés de Jonathan Drouin et de Max Pacioretty. Interrogé sur une date de retour, Lehkonen n’a rien voulu dire. Se sent-il prêt à jouer? «Je ne peux pas commenter la situation», a répondu le joueur de deuxième année.  La Presse

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Hudon fait rire sa fille

Malgré une dentition mal en point, Charles Hudon a rencontré les médias mercredi, une première depuis qu’il a été atteint en pleine bouche par une rondelle lors du match en plein air de samedi. «Je ne me souvenais pas d’avoir reçu une rondelle aussi dure, aussi gelée dans le visage», a admis la recrue. «Quand ça a commencé à dégeler, j’avais plus mal que je pensais.» Hudon se réjouit de pouvoir manger des aliments solides malgré tout. «Mais un sandwich, c’est impossible. La bouche ne veut pas ouvrir grand.» Hudon garde quand même le sourire, et ses malheurs ont même fait rire sa fille lors d’un appel vidéo. «Elle voyait mes cheveux rasés, ma bouche... elle a juste ri pendant 10 minutes!»  La Presse

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EVANS À LA COUPE SPENGLER

Jake Evans, un espoir du Canadien sélectionné en septième ronde (207au total) en 2014, fera partie de la formation canadienne de 20 joueurs qui participera au tournoi de la Coupe Spengler. Il est un des attaquants les plus dominants de la NCAA, cette saison. En 20 matchs avec l’Université Notre Dame, il a récolté 7 buts et 21 aides. Les ex-joueurs du Tricolore Pierre-Alexandre Parenteau, Matt D’Agostini et Christian Thomas feront aussi partie de la formation. Le Canada amorcera sa quête d’un troisième titre consécutif le 26 décembre, contre le club tchèque Mountfield HK. Ce sera une des dernières occasions pour la direction de l’équipe nationale d’évaluer les joueurs avant de sélectionner le groupe qui ira aux Jeux olympiques de 2018.  La Presse canadienne

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DROUIN S'AMÉLIORE

Les mises en jeu ont donné des maux de tête à Jonathan Drouin cette saison et ont compliqué son apprentissage de la position de centre dans la LNH. Avant de rater quatre matchs il y a deux semaines, son taux de succès se chiffrait à 40,8 %. Mais il montre des signes encourageants, si bien que mardi, à Vancouver, Claude Julien l’a délégué pour 20 mises en jeu. Il en a gagné 12. À ses trois derniers duels, Drouin a remporté 53,7 % de ses mises en jeu (22 sur 41). «Je ne lis pas ce qui s’écrit sur moi, mais je suis capable de savoir quand ça va bien et quand ça ne va pas bien, et ce que je dois améliorer. Je veux devenir un bon centre dans la Ligue nationale. Mais ça ne viendra pas du jour au lendemain. Ça va venir à force d’affronter des gars qui ont de l’expérience, des Joe Thornton, par exemple.»  La Presse