Daniel Carr tente de prendre la rondelle devant le but de David Rittich en troisième période du match entre le Canadien et les Flames, jeudi, à Montréal.

Carr montre de belles choses, Galchenyuk déçoit

ANALYSE / MONTRÉAL - La défaite du Canadien de Montréal aux mains des Flames de Calgary jeudi soir au Centre Bell aura permis de confirmer la véracité de deux adages: le talent naturel ne fait pas foi de tout, et le travail acharné amène des résultats.

Cinq jours après avoir connu sa première soirée de quatre points à vie dans la Ligue nationale de hockey, Alex Galchenyuk est resté plus souvent assis sur le banc des joueurs que sur la patinoire, au fur et à mesure que le match avançait.

Le temps passé sur la patinoire fait foi de tout. Au sein d’un quatrième trio qui se débrouille de mieux en mieux, malgré des habiletés naturelles moins apparentes, Carr a joué pendant 11:39, a marqué son deuxième but de la saison et affiché un ratio défensif de plus-1.

Quant à Galchenyuk, il n’a été utilisé que pendant 9:18, incluant seulement 68 secondes au troisième vingt, et a fini le match à moins-1.

Après avoir servi une réponse sèche au sujet du séjour prolongé de Galchenyuk sur le banc lors de la troisième période, l’entraîneur-chef Claude Julien a accepté de donner de plus amples explications, quelques instants plus tard, à une autre question au sujet de son énigmatique attaquant.

«Un joueur doit faire plus que marquer des buts. C’est comme ça pour tout le monde. Il faut qu’il soit meilleur sans la rondelle, qu’il gagne des batailles le long des rampes. C’est important, ces choses-là, et dans un match à égalité, il n’était pas tellement bon le long des rampes. C’est une décision que j’ai prise de raccourcir mon banc.»

Et pendant que le troisième choix du repêchage de juin 2012 devait se contenter du rôle de spectateur, Daniel Carr a mérité les éloges d’un peu tout le monde.

«Il nous donne ce qu’on demande de lui. On demandait d’avoir un quatrième trio qui pouvait nous donner un peu de jeu offensif. Depuis plusieurs matchs, ce quatrième trio fait du bon travail», a reconnu Julien en parlant de Carr, Byron Froese et de Nicolas Deslauriers, qui ont tous contribué au premier but du Canadien.

Malgré le revers, Max Pacioretty a affiché un certain sens de l’humour lorsqu’est venu le temps de commenter la soirée de travail de Carr.

«Il nous fait tous mal paraître et montre à quel point il est facile de produire à l’attaque dans cette ligue!, a lancé le capitaine du Canadien en riant.

«Vous le voyez faire les bonnes choses match après match, et il en obtient les récompenses. C’est incroyable ce que la confiance peut faire pour un joueur. Il joue très bien, il montre du sang-froid. Souhaitons qu’il continue de nous faire tous mal paraître!»

Il y a deux ans, alors que tout avait commencé à s’écrouler chez le Canadien après la blessure au gardien Carey Price, Carr avait fait belle impression en inscrivant neuf points, dont six buts, en 23 matchs. Aussi, il avait démontré qu’il ne craignait pas la circulation lourde devant le filet adverse.

L’an dernier cependant, il s’est contenté du même nombre de points même s’il avait pu participer à dix parties de plus.

Avec le Rocket de Laval cette saison, ses 11 buts en 20 rencontres et une blessure à Jonathan Drouin à la veille du match de jeudi dernier contre les Red Wings de Detroit lui ont procuré une autre chance de montrer son savoir-faire dans la LNH. Et il en profite, comme le prouve sa fiche de six points en quatre parties.

Questionné sur ce qu’il avait retenu de son passage avec le Canadien la saison dernière, Carr a eu une pensée pour Michel Therrien.

«Je pense avoir appris beaucoup l’an dernier de Michel, sur ce qu’il faut faire pour rester ici et pour jouer ici. C’est Michel qui m’a donné ma première chance de jouer dans la Ligue nationale, et je l’en remercierai toujours. Je suis reconnaissant d’être ici tous les jours et de pratiquer ce sport.»

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