Contrairement à d'autres mieux classées qu'elle, la patineuse locale Dominique Lefebvre a obtenu son billet pour la finale.

Ça passe ou ça casse au Crashed Ice

La nouvelle piste du circuit Red Bull Crashed Ice a fait sa première victime, vendredi matin, à Ottawa.
La meneuse au classement général du Championnat du monde n'a pas été en mesure de se qualifier en vue des finales qui se dérouleront samedi soir sur le site des écluses du canal Rideau. L'Américaine Amanda Trunzo n'a pu faire mieux que le 18e temps.
Seulement les 16 premières femmes après les deux séances ont obtenu leur laissez-passer.
Les adversaires de Trunzo étaient sous le choc.
« Ça te montre à quel point la piste s'avère vraiment difficile quand la première mondiale ne passe pas. Le départ est tellement technique », a soutenu la patineuse locale Dominique Lefebvre, qui a pris le 13e rang.
L'athlète originaire de Cantley avait décidé, la veille, d'amener des amis justement au sommet de ce parcours de 375 mètres dont le dénivelé est de 35 mètres. Entre deux gorgées de bière, le groupe a pris quelques minutes afin de réaliser le défi qui attendrait le lendemain cette ancienne hockeyeuse des Gee Gees de l'Université d'Ottawa.
« Je te dirais que c'est la plus belle piste sur le circuit », a soutenu Lefebvre.
Vendredi, c'était par contre tout sauf des moments paisibles pour elle. Surtout en prenant place aux portes de départ pour la deuxième et dernière manche des qualifications.
La femme de 28 ans occupait le 16e rang et dernier rang donnant accès aux finales. Elle craignait l'élimination.
« Je voulais faire dans ma culotte, a-t-elle lancé en riant.
«Je ne vais pas mentir. J'étais stressée au départ de la deuxième descente. Tu veux toujours bien faire chez vous. Tes amis s'attendent à te voir en finale. J'avais toute cette pression.»
Ajoutez à cela que Lefebvre avait encore en tête ce qui s'était passé quelques semaines auparavant au Minnesota lors de l'étape précédente du Crashed Ice. «C'était la première fois que je n'avais pas terminé dans le top-16. J'avais cette petite bibitte-là en tête», a-t-il avoué.
Une autre paire de manches
Son deuxième chrono de 48,41 secondes aura été suffisant pour lui assurer une place dans les finales.
«Samedi, ce sera une tout autre paire de manches», a soutenu Dominique Lefebvre.
La formule changera. Au lieu de descendre la piste en solo, les participantes auront des adversaires à leurs côtés.
Des vagues de quatre patineuses extrêmes défileront. Même chose chez les hommes.
«Tout peut arriver. Tu dois être intelligente et surtout patiente... C'est ça mon plus gros défi. Je suis mon pire ennemi. Je ne suis pas patiente !»
Lefebvre pourra compter à nouveau sur les encouragements de sa mère Anne et son père Fernand. La paire était sur place à deux endroits différents de la piste.
Maman se trouvait notamment au fil d'arrivée.
«Nous la suivons un peu partout, a noté Anne Crêtes alors que la neige tombait sur la piste.
«Nous l'avons vu patiner dans toutes sortes de conditions. L'an dernier à Québec, il pleuvait.»
Sa fille participe aux activités du circuit Crashed Ice depuis 2010. Ses débuts avaient donné la frousse aux parents.
«Tu as peur pour elle, et c'est normal. C'est ton enfant. Tu ne veux pas qu'elle se fasse mal. Nous sommes encore stressés, mais un peu moins.»