Pascal (29-2-1, 17 K.-O.) a eu raison de Bute (31-2-0, 24 K.-O.) en vertu d'un score de 118-110, 117-111 et 116-112 accordé par les juges.

Bute était fragile mentalement, selon Pascal

Même s'il a été généralement magnanime à l'endroit de Lucian Bute, hier, Jean Pascal ne s'est pas défilé sur ce qu'il croit être une des véritables raisons du report du combat initialement prévu le 25 mai: le protégé d'InterBox n'était pas prêt mentalement à ce moment-là.
Au lendemain de son éclatante victoire par décision unanime, Pascal a acquiescé quand on lui a demandé s'il croyait que le clan Bute a officiellement invoqué une blessure à la main pour reporter le combat du printemps dernier à samedi, dans le but d'acheter du temps parce qu'il n'était pas mentalement remis de sa raclée contre Carl Froch. Cette défaite remonte au mois de mai 2012.
«J'avais un combat de championnat du monde prévu (contre Chad Dawson) et Lucian Bute a accepté de m'affronter en sachant qu'il était déjà blessé, a commencé par dire Pascal, hier, en émettant ses derniers commentaires publics avant de s'accorder une période de repos. Ce n'est pas une nouvelle blessure qui est arrivée pendant le camp d'entraînement, c'est une blessure qui était déjà là, il a pris le risque et à trois semaines de l'événement, il s'est retiré.
«Sa main était en mauvais état et elle a empiré pendant le camp, alors que sa confiance n'était pas encore là à 100 pour cent.»
Pas un «boxeur fini»
Malgré le report, le temps n'a pas eu le temps de faire son oeuvre, selon Pascal. À ses yeux, Bute était encore fragile mentalement dans les jours menant au combat de samedi.
«La guerre psychologique joue pour beaucoup avant un combat et cette semaine, elle a joué énormément, alors que j'ai vu beaucoup de faiblesses chez Lucian Bute, a affirmé Pascal. Après la pesée, quand il a dit 'destruction', je me suis dit que ce gars-là essaie de se convaincre encore. Lucian Bute n'a jamais dit quelque chose comme ça à l'endroit d'un adversaire.»
Malgré tout, le promoteur de Pascal, Yvon Michel, s'est dit d'avis que le Québécois d'origine roumaine a encore une belle carrière devant lui-même s'il s'est clairement fait dominer pendant 10 rounds par Jean Pascal.
«Ce gars-là est loin d'être fini, a lancé le promoteur de Pascal. Il fait partie de l'élite mondiale. Il a été battu par un gars de niveau supérieur, qui était préparé comme jamais. Bute a reçu des coups (samedi) qui en auraient fait tomber bien d'autres.»
Michel n'a pas exclu la possibilité d'une revanche... si le protégé d'InterBox signe entre-temps «quelques belles victoires».
«J'ai toujours dit qu'un combat revanche se fait quand il y a une demande populaire. Quand le réseau HBO va dire oui, on le veut, et que le public va dire oui, on y croit, on va s'adapter aux circonstances», a commenté le président de GYM.
«J'ai parlé à Jean Bédard (président d'InterBox) tantôt, il m'a dit que Lucian voulait continuer à boxer et je suis bien content, parce que c'est un atout pour la boxe ici et je suis sûr qu'il va être capable de faire de grandes choses», a continué Michel, en précisant que Bute pourra, s'il le désire, disputer un combat en sous-carte du prochain gala dont Pascal sera la vedette.
Michel a par ailleurs «conseillé» à Stéphan Larouche, l'entraîneur de Bute, de se ressourcer en allant chercher des intervenants de l'extérieur, comme son homologue Marc Ramsay l'a fait avec l'embauche de Pedro Diaz, après la défaite de Pascal contre Froch, puis de Roy Jones fils, en vue du duel contre Bute.
«J'ai l'impression qu'ils n'ont pas fait les ajustements nécessaires à l'intérieur de leur équipe pour apporter du sang nouveau et donner une autre perspective», a dit Michel, qui a quand même qualifié Larouche de «grand entraîneur».
Nette domination
Samedi, Pascal a non seulement dominé les premiers rounds comme on s'y attendait, mais il n'a jamais permis à Bute d'y aller de combinaisons de coups comme il le fait souvent en fin de combat.
Pascal était d'ailleurs si fier de sa performance, hier, qu'il a clamé qu'il voulait devenir le premier boxeur des temps modernes à livrer un combat de 15 rounds, «si le WBC me le permet». En plus de lui procurer le titre d'aspirant obligatoire au champion du monde WBC des mi-lourds Adonis Stevenson, cette prestation présentée sur le réseau américain HBO pourrait le ramener dans la cour des grands à l'extérieur du pays.