Le retranchement du vétéran Alexandre Burrows par l’entraîneur-chef Guy Boucher lors du match contre les Rangers de New York la semaine dernière est passé presque inaperçu.

Burrows ne fait pas de vagues

Avec toute la commotion causée par la Classique 100 en fin de semaine, jumelée à la sortie controversée du propriétaire Eugene Melnyk, le retranchement du vétéran Alexandre Burrows par l’entraîneur-chef Guy Boucher lors du match contre les Rangers de New York la semaine dernière est passé presque inaperçu.

Le principal intéressé n’en a pas trop fait de cas lorsqu’il en a parlé pour la première fois avec le Droit mardi matin, quelques heures avant l’affrontement contre le Wild du Minnesota, heureux qu’il était d’avoir réintégré l’alignement lors du match en plein air au parc Lansdowne contre le Canadien de Montréal.

« J’étais content de jouer, c’est certain. Quand les choses vont moins bien, il va y avoir des changements à l’alignement. Je comprends ça, le groupe d’entraîneurs voulait avoir Nick (Paul) dans le “line-up” pour avoir le petit feu qu’on recherchait et je n’ai aucun problème avec ça. C’est à moi de mieux jouer, de travailler plus fort et de refaire ma place dans l’alignement », a confié l’attaquant de 36 ans, qui avait été blanchi à ses 10 derniers matches avant le match de mardi, alors que son dernier but remonte au 4 novembre contre Vegas.

Acquis des Canucks de Vancouver l’an dernier pour ajouter du leadership dans le vestiaire tout en contribuant encore sur la patinoire dans un rôle plus limité, Burrows a joué la plupart du temps sur le quatrième trio avec Nate Thompson et un ailier gauche qui a varié pas mal toute la saison jusqu’à l’arrivée de Gabriel Dumont. Blessé, ce dernier a cependant été remplacé par Paul contre le Wild.

Il est évidemment bien payé à un salaire de 2,5 millions $ pour la présente campagne et la prochaine pour un rôle aussi limité, où il a récolté trois buts et trois passes en 30 matches, avec 35 minutes de punition.

Boucher n’a cependant pas voulu dire que ses performances laissaient à désirer quand il s’est fait demander mardi pourquoi son vétéran avait passé son tour.

« On revenait d’un long voyage et on jouait un “back to back”. Je lui avais déjà dit qu’il jouerait le match suivant. Normalement, quand tu as 13 attaquants, tu fais ça régulièrement pendant ta saison, mais étant donné qu’on en garde 12 la plupart du temps, on n’a pas pu le faire. Là, c’était une opportunité d’utiliser un jeune avec de l’énergie. Il pouvait garder son énergie pour samedi. C’est le genre de choses qu’il faut que tu fasses avec les gars qui sont plus vieux... Il ne manquait pas nécessairement quelque chose dans son jeu », a souligné Boucher.

Burrows confirme que c’est la raison qui lui a été donnée. « Les entraîneurs ne m’ont pas vraiment rien dit concernant mon jeu, ça avait mal été sur la route et ils voulaient essayer une nouvelle potion avec un peu plus de jeunesse dans l’alignement. C’est comme ça qu’on me l’a expliqué et je comprends, surtout après le voyage, ça devait brasser un peu plus que d’habitude dans le bureau (des entraîneurs) et dans le bureau “en haut” (du directeur général). Ils en sont venus à la conclusion que c’était mieux pour l’équipe, et j’ai toujours pensé que ce qui était le mieux pour l’équipe était bon pour moi. Je n’ai pas de problème si c’est comme ça qu’ils ont vu ça », dit-il.

Burrows a été le joueur le moins utilisé des siens contre le Canadien, avec 8:42 minutes de temps de glace, mais il a quand même apprécié l’expérience au plus haut point.

« C’était le “fun”, ça rappelait des beaux souvenirs d’enfance. Quand j’étais jeune, on passait beaucoup de temps au parc dehors au coin de chez nous, avec des amis en revenant de l’école et pendant les vacances de Noël, en rêvant un jour de jouer dans la LNH. Et là, d’être capable de souligner le 100e anniversaire de la Ligue nationale en jouant un match dehors, c’était le “fun” de faire partie de ça, avec ma famille et plusieurs amis », a noté le Québécois originaire de Pincourt, qui avait disputé la Classique Héritage de 2014 entre les Canucks et les Sénateurs à l’intérieur du stade BC Place.

Quant aux nombreuses distractions des dernières semaines, le vétéran en disait ceci : « Ce qui se passe à l’extérieur, c’est vraiment hors de notre contrôle. Les questions du contrat de “Karl” (Erik Karlsson) ou les commentaires du propriétaire, nous, à l’intérieur de la chambre, c’est rare qu’on parle de ça, ou on n’en entend pas parler du tout », a-t-il dit.

LES SÉNATEURS EN BREF

Dumont pas blessé sérieusement

L’attaquant québécois Gabriel Dumont a partiipé à l’entraînement matinal des Sénateurs mardi matin, faisant même du temps supplémentaire avec le défenseur Ben Harpur, qui était l’arrière retranché lors du match contre le Wild. En soirée, Dumont a cependant été laissé de côté à la faveur de Nick Paul. « C’est moins sérieux qu’on le pensait, mais on ne veut pas prendre de chance », a dit Guy Boucher en matinée. Dumont a révélé qu’il s’est tordu la cheville et même un peu le genou droit quand il a été frappé devant le banc du Canadien samedi. « La glace n’était pas trop belle et ma lame a pris dans la glace et je suis mal tombé. Ce n’est pas trop pire cependant », a-t-il confié.

Essai terminé pour Kelly

Le club-école des Senators de Belleville a annoncé mardi qu’il mettait un terme à l’essai professionnel accordé au centre Chris Kelly, l’ancien des Sénateurs qui souhaitait relancer sa carrière à l’âge de 37 ans. En neuf parties à son retour dans la Ligue américaine de hockey, où il avait passé quatre saisons avant de se tailler un poste à Ottawa, Kelly n’a obtenu aucun point en plus de passer 10 minutes au cachot et de présenter un différentiel de moins-1. La carrière de celui qui a gagné une coupe Stanley avec les Bruins de Boston en 2011 risque donc de s’arrêter là, à moins qu’il ne décide d’aller s’amuser en Europe. Belleville a aussi annoncé mardi qu’un essai professionnel était accordé au défenseur T.J. Melancon, un ancien de l’Armada de Blainville-Boisbriand qui était à Norfolk (ECHL).

Entre les lignes

Les Sénateurs vont déroger à leurs habitudes mercredi alors qu’ils vont prendre leur vol nolisé vers Tampa Bay en matinée plutôt qu’en après-midi, pratiquant au domicile du Lightning plutôt qu’au Centre Canadian Tire... Guy Boucher a dit que Ben Harpur a été rappelé « par mesure de précaution alors que nous avons quelques gars qui sont malades présentement »... L’entraîneur du Wild Bruce Boudreau a profité de son passage dans la capitale pour livrer ses cadeaux de Noël à sa fille et ses petits-enfants qui habitent à Ottawa. Quand on lui a rappelé qu’il aurait pu les voir plus souvent s’il avait été préféré à Guy Boucher pour le poste à Ottawa il y a un an et demi, il a rétorqué en riant : « Je suis allé faire un tour à sa maison avec deux jeunes enfants et je me suis dit, il faut que je parte d’ici ! »