Quand il tient un bâton de hockey entre les mains, Cédrick Guindon trouve le moyen de marquer des buts importants.
Quand il tient un bâton de hockey entre les mains, Cédrick Guindon trouve le moyen de marquer des buts importants.

Bruyant à la maison, brillant à l’aréna

Sa photo pourrait facilement se retrouver à côté du mot surdoué dans le dictionnaire.

Quand il tient un bâton de hockey entre les mains, Cédrick Guindon trouve le moyen de marquer des buts importants. Parlez-en à Équipe Canada, qui a gagné le bronze aux Jeux olympiques de la jeunesse en janvier à Lausanne.

L’attaquant franco-ontarien a touché le fond du filet à deux reprises dans la victoire de 4-2 contre la Finlande. Il a d’abord marqué le but vainqueur, puis le but d’assurance.

Ses performances en Europe — et ses performances dans l’Est ontarien, chez les Nats de Rockland U18 — ont convaincu l’Attack d’Owen Sound de le choisir au 10e rang de la première ronde du repêchage de la Ligue de hockey de l’Ontario, il y a 16 jours.

Loin de la patinoire, l’ado qui fêtera bientôt ses 16 ans se débrouille très bien à la batterie. Il gratte aussi la guitare.

«Il y a tout le temps eu beaucoup de bruit chez nous à la maison», lance Guindon en riant.

«Quand je ne lance pas des rondelles, dans le sous-sol, je joue du «drum». Je dirais que je suis presque un aussi bon «drummer» que joueur de hockey. C’est mon passe-temps favori depuis que je suis jeune. C’est aussi une bonne façon de se changer les idées.»

Le père de Guindon joue dans un groupe musical. S’il a transmis cette passion à son fiston, c’est tout le contraire pour les talents sur la glace.

«Je n’ai jamais joué au hockey. En fait, je n’avais aucune idée ce que c’était, vraiment, avant que mes deux garçons commencent à jouer», raconte Alain Guindon.

«Le fait de n’avoir jamais joué a peut-être fait en sorte que nous n’avons jamais placé d’attentes envers Cédrick. C’était plaisant de le voir développer cette passion par lui-même, de travailler fort et de s’amuser.»

La fierté se sent dans la voix du paternel. Surtout quand il raconte comment sa conjointe Guylaine et lui ont appris que Hockey Canada s’intéressait à l’espoir de cinq pieds et neuf pouces au début de l’automne.

Une lettre leur a tout simplement été acheminée. «On nous disait qu’il faisait partie d’une centaine de joueurs que Team Canada regardait en vue des Jeux olympiques de la jeunesse», relate M. Guindon.

Cédrick Guindon

«Nous étions fiers de lui.»

En décembre, le plus jeune de leurs deux enfants a reçu la confirmation qu’il allait affronter les meilleurs joueurs de son âge, en Suisse.

De son voyage en sol européen, Cédrick Guindon a pu conserver son chandail rouge aux couleurs du Canada.

Il espère porter un autre chandail rouge, celui de l’Attack, l’automne prochain.

Son but est de faire le saut immédiatement dans les rangs juniors à l’âge de 16 ans. Il compte demeurer fidèle à son style de jeu.

«Je ne suis pas le joueur le plus gros, mais j’utilise ma vitesse et ma vision pour créer des jeux en zone offensive. Je n’ai pas peur d’aller dans les coins de la patinoire ou devant le filet adverse.»

Dans ses rêves les plus fous, Guindon se voit dans la LNH, un jour. Il demeure toutefois réaliste.

«Plus que je vieillis, plus je réalise que ce sera difficile de réaliser ce rêve. Je vais mettre tous les efforts pour jouer au hockey le plus longtemps possible, tout en ayant du plaisir. Si me retrouve dans la ligue nationale ou en Europe, je vais me considérer chanceux de pouvoir gagner ma vie en jouant au hockey. Je me considère déjà chanceux puisque la Ligue de hockey de l’Ontario offre de bons programmes d’éducation. C’est important pour moi, car les études demeurent ma priorité. Je veux avoir un plan B. Je pourrais devenir professeur si ça ne marche pas au hockey.»

Cette réponse n’a pas surpris ses parents.

Alain Guidon a parlé de la maturité de fiston, qui termine sa 10e année à l’école secondaire L’Escale, à Rockland. «Il nous rapporte de beaux bulletins de l’école. Il étudie toujours par lui-même. Nous n’avons jamais besoin de nous inquiéter à ce sujet», a-t-il noté.

Le mot de la fin lui revient.

«Cédrick est une personne confiante. Il aime les défis. Quand il a fini d’apprendre à jouer du «drum», il a décidé de s’essayer à la guitare. Il a appris lui-même ses accords. En ce moment, il étudie le piano. C’est un jeune homme comme ça.»

À lire demain : Habiles sur ses lames