Jean-Gabriel Pageau aux côtés de Daniel Brière lors d'un récent tournoi de golf bénéfice qu'ils parrainent.
Jean-Gabriel Pageau aux côtés de Daniel Brière lors d'un récent tournoi de golf bénéfice qu'ils parrainent.

Brière déchiré entre ses Flyers et son ami Pageau

Marc Brassard
Marc Brassard
Le Droit
Du temps où il jouait, Daniel Brière était reconnu comme un homme des grandes occasions en séries éliminatoires, ses 53 buts et 116 points en 124 parties en témoignent.

À la fin de sa carrière, le Gatinois a pris son jeune concitoyen Jean-Gabriel Pageau sous son aile, devenant un mentor pour lui. Et le petit centre des Islanders de New York a pris des bonnes notes puisqu’il a toujours été très productif lors de la «vraie saison», ses soirées de trois buts contre Montréal et de quatre buts contre les Rangers de New York demeurant des faits saillants dans l’imagination des partisans des Sénateurs d’Ottawa, son ancien club.

Le format des actuelles séries estivales de la LNH faisant bien les choses, les Islanders de Pageau -- et de Derick Brassard -- vont maintenant affronter les Flyers d’Alain Vigneault au deuxième tour, une série qui débutera lundi dans la bulle de Toronto.

Brière surveille les séries attentivement à partir de son domicile en banlieue de Philadelphie, lui qui est à l’emploi de la compagnie Comcast Spectator, propriétaire des Flyers ainsi que de l’équipe de la Ligue East Coast dont il est le vice-président aux opérations, les Mariners du Maine.

Philadelphie en a eu plein les bras en première ronde contre un autre de ses anciens clubs, le Canadien, et il se doute bien que les Islanders représenteront un test tout aussi grand, surtout que Pageau est venu ajouter de la profondeur à leur attaque après son acquisition en février dernier. Depuis le début des séries, il a récolté quatre buts et deux passes en neuf matches, ce qui lui donne 16 buts et 22 points en 44 parties en carrière en séries de la coupe Stanley.

«Je ne suis pas surpris du tout de le voir jouer comme ça en séries, mais c’est certain que c’est toujours impressionnant. Il n’a pas peur des gros moments, il n’a pas peur des gros matches. C’est impressionnant de voir comment il peut élever son jeu quand ils en ont besoin. Il s’améliore plus le match est gros, plus il est important. Ce n’est pas facile d’avoir cette attitude là, être capable de te lever et de faire la différence dans les gros matches. Ça semble être le cas pour lui année après année», souligne Brière en entrevue avec le Droit samedi.

Les deux joueurs gardent toujours contact, eux qui tiennent normalement chaque été un tournoi de golf bénéfice portant leurs deux noms, mais dans les circonstances actuelles, Brière ne communique pas trop avec Pageau. «Je le laisse tranquille, j’essaie de ne pas trop le déranger en séries. Mais c’est certain que j’ai hâte de le voir jouer encore en séries, même si c’est ‘tough’ parce que c’est contre les Flyers. Je travaille pour eux et ça va être bizarre, parce que tu veux aussi que les gars de chez nous comme JG et Derick Brassard fassent bien», dit-il.

Le Gatinois de 42 ans pense que les Islanders vont poser le même genre de problème aux Flyers que le Tricolore lors de la ronde précédente.

«J’ai eu la chance de les regarder beaucoup contre Washington. Ils me font penser beaucoup au Canadien en terme de style de jeu. Ils ne donnent pas beaucoup d’espace, ils sont extrêmement rapides, toujours dans ta face. Je pense qu’ils ont plus de talent que le Canadien. La différence est qu’ils n’ont pas un Carey Price comme gardien de but, même si (Semyon) Varlamov est excellent», analyse-t-il.

Brière a été impressionné par le Canadien lors de la série remportée vendredi en six parties par les Flyers. «Ils m’ont surpris, leurs deux jeunes centres, (Nick) Suzuki et (Jesperi) Kotkaniemi ont été excellents. C’était serré et une petite erreur ici et là fait une grande différence. Les Flyers s’en sont tirés alors qu’ils sont une équipe extrêmement bien ‘coachée’ par Alain Vigneault. Ça fait longtemps qu’on a vu une équipe des Flyers gagner des matches 1-0, 2-0, 3-2 comme lors du dernier match. Pour faire ça, ça prend un bon gardien de but (Carter Hart), mais ça prend aussi un bon système en place pour sortir gagnant de matches serrés comme ça», souligne-t-il.

Daniel Brière espère qu’au deuxième tour, les gros canons offensifs des Flyers seront plus productifs. Le capitaine Claude Giroux, l'ancien Olympique, a été limité à quatre passes lors des six parties contre le Canadien.