Patineur rapide et très agile, Brian Campbell a marqué l’histoire des 67’s entre 1995 et 1999. À 19 ans, le défenseur a été le meilleur marqueur de l’équipe avec 87 points, tout juste devant son ami Daniel Tessier.

Brian Campbell joint les légendes

Cinquante ans d’histoire. Quatorze championnats de division. Trois championnats de ligue. Deux coupes Memorial.

Les 67’s d’Ottawa font certainement partie des organisations les plus prestigieuses de la Ligue canadienne de hockey. Pourtant, seulement quatre joueurs ont eu l’honneur d’avoir leurs numéros accrochés au plafond de la Place TD : Denis Potvin, Doug Wilson, Peter Lee et Bobby Smith.

Un cinquième joueur d’exception va se joindre aux éternels vendredi soir avant le match contre les Colts de Barrie. De toute évidence, il faut avoir marqué le demi-centenaire des 67’s pour obtenir cette marque de reconnaissance et Brian Campbell répond sans doute aux critères d’excellence pour s’élever au rang des légendes.

Avant de connaître une brillante carrière de 14 saisons complètes dans la LNH où il a participé quatre fois au Match des étoiles, gagné la coupe Stanley avec les Blackhawks de Chicago en 2010 et le trophée Lady-Bing (joueur gentilhomme) en 2012, Brian Campbell a été un membre important des 67’s pendant quatre saisons.

Son stage junior a été couronné de succès. Débarqué à Ottawa en 1995 après avoir été un choix de troisième ronde, ses équipes ont été championnes de division à quatre reprises et il a terminé sa carrière junior avec éclat en soulevant la coupe Memorial en 1999.

« J’ai été choyé de faire partie d’équipes gagnantes à chacune de mes quatre saisons. Au hockey junior, c’est rare. Les clubs ont généralement une fenêtre d’une ou deux saisons pour gagner, mais je suis arrivé ici quand Jeff Hunt venait d’acheter l’équipe et il avait amené beaucoup d’enthousiasme. Une mentalité gagnante était déjà en place, mais il y a donné un nouveau souffle. D’ailleurs, les 67’s ont continué à gagner quelques saisons après mon départ », a-t-il dit jeudi à la veille de son retour dans la capitale nationale.

Meilleur junior au pays

Quand l’équipe de Brian Kilrea a gagné la coupe Memorial sur sa propre patinoire en 1999, Brian Campbell avait été le meilleur compteur du club même s’il était un défenseur. Sa saison de 87 points lui avait valu le titre du joueur par excellence au Canada. Pendant sa carrière junior, il a inscrit 210 points en 260 matches.

Brian Campbell dans l'uniforme des 67's d'Ottawa.

Dès son arrivée à 16 ans, Brian Kilrea avait eu l’audace de le jumeler à Nick Boynton, un autre défenseur de... 16 ans. Ça aussi, il s’agit d’une rareté au hockey junior, mais « Killer » savait qu’il avait deux futurs joueurs de la LNH entre les mains. Campbell va toujours se souvenir du pari de son entraîneur.

« Quand il m’a jumelé à Nick Boyton, mon instinct avait été de me demander pourquoi il faisait ça. J’ai vite compris qu’il avait confiance en nous. Nous avions déjà un bon club et il nous avait mis au défi. Pour Nick et moi, c’était un défi excitant. Nous ne pouvions pas demander mieux. Je suis un fan de Killer parce qu’il a toujours eu confiance en moi », a raconté le nouveau retraité de la LNH.

Et pourquoi pas ? Brian Kilrea a été ébloui par la vitesse de Campbell dès son premier camp d’entraînement. « Ce garçon était vraiment impressionnant parce qu’il patinait encore plus vite lorsqu’il était en possession de la rondelle. Habituellement, les joueurs ralentissent quand ils l’ont. Pas Brian. Certains joueurs pouvaient arriver à la rondelle avant lui, mais quand il l’avait, il était intouchable ! »

Les leçons de Kilrea

Campbell se sent d’ailleurs redevable à l’entraîneur légendaire des 67’s. « J’étais un petit défenseur qui a joué à l’époque où l’accrochage était encore toléré, mais le hockey a changé après le lockout de 2004-05 et ça m’a vraiment ouvert la porte. Même si je n’avais pas le gabarit du défenseur traditionnel de la LNH, Kilrea m’a appris à croire en moi. Le hockey est parsemé de hauts et de bas. Quand ça allait mal, je me concentrais sur les leçons enseignées par Kilrea. Il voulait que je mette l’accent sur mon patin, mon maniement du bâton et mon jeu de passes. La base du hockey, il savait l’enseigner. »

Même s’il a excellé sur les patinoires de la LNH, Campbell reviendra à Ottawa le cœur gros vendredi, car c’est ici que son rêve de faire carrière chez les pros a pris son envol.

« C’est là que le vrai travail commence. Les années juniors sont fantastiques. Ça m’a soulagé de mettre un terme à ma carrière en gagnant la coupe Memorial. Maintenant, ça me flatte de savoir que mon #44 ne sera plus jamais porté là où tout a commencé pour moi. »