Sebastien Boucher estime que son amour pour le baseball est le produit de l’arrivée du Stade d’Ottawa alors qu’il avait 11 ans seulement.

Boucher passe d’un bord de la clôture à l’autre

Sébastien Boucher avait 11 ans quand un stade de baseball professionnel a établi pignon sur rue dans le quartier où il habitait, changeant sa vie à jamais.

Comme un fantôme du film Field of Dreams qui sort du champ de maïs pour jouer sur le terrain aménagé par Ray Kinsella (personnifié par Kevin Costner), il est passé de regarder des parties de l’autre côté de la clôture du champ gauche, sur le chemin Coventry, à patrouiller le champ centre pour les Champions d’Ottawa lors de leurs trois premières saisons au parc RCGT.

« Tu rêves toujours quand tu es jeune de pouvoir embarquer sur un terrain comme ça. Quand tu es capable de le faire, c’est vraiment spécial... Je suis très content d’être revenu à Ottawa et d’avoir eu la chance de jouer quelques années ici, d’y finir ma carrière aussi est très spécial », confiait-il récemment au Droit, alors qu’il se préparait pour l’ouverture du camp des actuels locataires du stade lundi.

« J’ai grandi dans le coin de la rue Donald (dans le quartier Overbrook) et ma mère n’aimait pas nécessairement trop ça, mais j’allais souvent me promener en vélo sur le chemin Coventry. Si je n’avais pas d’argent pour m’acheter un billet, je regardais le match de l’autre côté de la clôture du champ gauche et je ramassais les balles des coups de circuit. Mon amour du baseball est parti de là », s’est-il remémoré.

Boucher se souvient encore de la première fois où il a mis le pied dans le stade, pour un camp d’évaluation alors qu’il avait 15 ans. « Je me souviens que j’étais pas mal intimidé de mettre le pied sur un tel terrain », dit-il.

Un choix de septième ronde des Mariners de Seattle en 2004, Boucher a atteint le niveau AAA dans leur organisation, qui jouait dans la Ligue de la côte du Pacifique. Il a été échangé à l’organisation des Orioles de Baltimore en 2008, « mais j’ai juste manqué la visite de leur club-école (Norfolk) à Ottawa, elle était arrivée une semaine plus tôt », se souvient-il. C’était la dernière année des Lynx, qui étaient affiliés aux Phillies de Philadelphie pour leur dernière saison avant leur déménagement à Allentown, en Pennsylvanie, pour devenir les IronPigs de Lehigh Valley. Un an plus tôt et il aurait pu jouer pour les Lynx, qui ont été le club-école des Orioles de 2003 à 2006.

Boucher estime que le terrain du stade « n’a jamais été en aussi bon état que maintenant, notre préposé fait un travail phénoménal et il est mieux que quand j’étais jeune ».

Son grand patron avec les Champions, le commissaire de la Ligue Can-Am Miles Wolff, estime lui aussi que le stade est en excellent état, bon pour encore plusieurs années alors que son club a un bail valide pour encore sept ans. « C’est un très beau stade, probablement le meilleur au Canada construit seulement pour le baseball. En bâtir un aujourd’hui coûterait entre 60 et 70 millions $, alors qu’il en a coûté 17 millions $ en 1993. Il a tout ce qu’un bon stade devrait avoir », pense Wolff, qui se souvient d’avoir visité le stade pour la première fois quand Ray Pecor était le propriétaire des Lynx, ayant pris la relève de Howard Darwin en 2000.