La Ligue américaine de hockey a décidé d'annuler le reste de sa saison 2019-20 ainsi que les séries éliminatoires en raison de la pandémie de la COVID-19.
La Ligue américaine de hockey a décidé d'annuler le reste de sa saison 2019-20 ainsi que les séries éliminatoires en raison de la pandémie de la COVID-19.

Bouchard évite d'être trop déçu de la fin abrupte de la saison du Rocket

Même si Joël Bouchard voyait une progression encourageante chez le Rocket de Laval au moment où la Ligue américaine a décrété une trêve à la mi-mars - une progression officiellement freinée pour une période de temps indéterminée à cause de la COVID-19 - il évite de s’apitoyer sur son sort, conscient que le hockey vient au deuxième rang face à l’ampleur de la crise dans laquelle le monde entier est plongé.

En quelques occasions au fil d’une conférence téléphonique qui a duré environ 75 minutes lundi après-midi - dans les heures suivant l’annonce de l’annulation du reste de la saison de la Ligue américaine et des séries éliminatoires de la Coupe Calder -, l’entraîneur-chef du club-école du Canadien de Montréal a insisté sur le fait que ses états d’âme n’avaient pas d’importance et que son rôle était de s’ajuster à la situation à laquelle il est confronté.

«Je ne peux pas imaginer les souffrances que vivent certaines familles à différents niveaux en ce moment qui pourraient justifier que je me sente mal pour ma situation ou notre situation. Ce serait tellement égoïste. Tout ce que je peux faire, c’est évaluer ce que nous avons fait à compter du premier jour, comment nous pouvons devenir meilleurs, ce que nous avons fait qui a fonctionné», a-t-il expliqué.

L’incertitude est tellement grande face à la pandémie de coronavirus que Bouchard a évité de se projeter dans le futur, comme dans un scénario de matchs de la Ligue américaine joués à huis clos, ou s’il est plausible, à l’heure actuelle, d’imaginer une reprise des activités dans la LNH.

«Les scénarios sont ce qu’ils sont, les hypothèses sont ce qu’elles sont, mais on va devoir faire face à la réalité. Je suis convaincu que de la LNH à la LAH, on prendra les meilleures décisions dans un souci de sécurité pour tout le monde, et aussi pour le développement de notre sport. Il y a tellement d’impondérables; j’essaie de gérer le présent. C’est difficile pour n’importe qui de prévoir ce qu’il va arriver», a-t-il résumé.

Un adversaire à éviter?

Le matin du 12 mars, le jour où la Ligue américaine a annoncé l’interruption de ses activités, le Rocket se trouvait au sixième rang dans la section Nord - et donc à l’extérieur du portrait des séries éliminatoires -, mais à seulement quatre points des Devils de Binghamton et du quatrième échelon.

Toutefois, le Rocket était sur une lancée avec une séquence de quatre victoires. La formation lavalloise avait aussi gagné cinq de ses six dernières sorties et avait amassé 15 points sur une possibilité de 20 à ses dix dernières rencontres.

Bouchard avait été particulièrement satisfait de la victoire de 3-0 du Rocket contre les Senators de Belleville, la meilleure équipe de la section Nord, lors de ce qui aura été le dernier match de l’équipe, le 11 mars.

«Non seulement je pense qu’on avait l’équipe pour remonter la pente - qui n’était pas si difficile que ça -, mais je ne pense pas que beaucoup d’équipes auraient voulu nous faire face en séries éliminatoires, surtout avec notre dernière performance contre Belleville», a mentionné Bouchard.

«Je ne veux pas commencer à me projeter dans le futur, mais dans une section très compétitive, avec la jeune équipe que l’on avait, il y a des soirs où je me disais : “je n’aimerais pas ça jouer contre nous”, surtout avec la chimie des dix derniers matchs. Ce qui m’encourageait, c’est la façon qu’on se bâtissait une espèce d’aura autour de nous et de l’équipe», a-t-il dit.

Poehling, Kotkaniemi et Juulsen

Au fil de la conversation, Bouchard a été invité à se prononcer sur Ryan Poehling, Jesperi Kotkaniemi et Noah Juulsen, trois jeunes joueurs qui font partie du noyau d’espoirs de l’organisation du Canadien, mais qui ont dû passer par Laval pour une foule de raisons.

Dans les trois cas, son bilan était positif, bien qu’on le sentait particulièrement enthousiaste pour Juulsen, dont les ennuis de santé ont fait dérailler sa carrière.

«Il a joué dans 13 matchs avec nous, mais ce n’est pas 13 qui est important, c’est un», a évoqué Bouchard en faisant allusion à la partie du 11 mars.

«Il a pu jouer un match avant la pause, et ce match a fait toute la différence. Pour moi, c’est le meilleur match qu’il a joué en deux ans avec le Rocket. Ça lui donne confiance», a ajouté le principal intéressé.

En ce qui a trait à Poehling, Bouchard dit avoir remarqué un joueur de plus en plus à l’aise sur la patinoire.

«Il a eu de bons moments dans la Ligue américaine et il a eu des moments où c’était plus difficile, mais ça faisait partie de sa première année. Ses dernières performances, avant de se blesser, ont été très bonnes. Pour lui, c’est un changement de vie, c’est un changement de calibre, c’est un changement de style de jeu. Je suis vraiment content de ces derniers matchs», a-t-il confié.

Quant à Kotkaniemi, blessé à la rate lors du match du 6 mars contre les Monsters de Cleveland, il avait gagné des points sur des aspects où il devait s’améliorer.

«Quand il s’est malheureusement blessé, il était devenu dominant dans des aspects du jeu qu’on savait qu’il était capable de faire, mais aussi dans d’autres où il était plus déficient et qui s’améliorent avec de l’expérience. Des bons coups et des ratés. C’est malheureux qu’il ait été blessé, mais sa blessure ne laissera pas de séquelles. Il est en santé, il a recommencé à s’entraîner et il va pouvoir reprendre le hockey normal quand ça va être le temps», a conclu Bouchard.