La saison des BlackJacks d’Ottawa, la nouvelle équipe de basketball de la capitale fédérale, s’amorcera samedi après avoir été repoussée par la pandémie de COVID-19.
La saison des BlackJacks d’Ottawa, la nouvelle équipe de basketball de la capitale fédérale, s’amorcera samedi après avoir été repoussée par la pandémie de COVID-19.

Tous les yeux tournés vers les BlackJacks

Une première équipe de sport professionnel d’Ottawa va renouer avec la compétition dans les prochaines heures.

Non, ce ne sont pas les Sénateurs qui risquent de devoir attendre jusqu’en janvier avant de disputer une partie de la LNH sur la glace du centre Canadian Tire. Ce n’est pas non plus le Rouge et Noir. Les espoirs d’une saison écourtée de la LCF fondent chaque jour.

Et l’Atlético ? L’équipe de la Première Ligue de soccer du Canada veut jouer. Mais les dirigeants du circuit font du surplace dans leurs démarches pour lancer les activités d’une deuxième saison.

Résultat, les BlackJacks occuperont tout le plancher dans les trois prochaines semaines. Ils participeront au tournoi estival de la Ligue canadienne élite de basketball (CEBL), qui commence samedi après-midi au centre Meridian, à Saint-Catherines, dans le sud de l’Ontario.

« Ça risque d’être trois semaines très intenses. Nous pourrions disputer un maximum de neuf matches », souligne l’avant Jean Emmanuel Pierre-Charles, un des 11 joueurs qui forment l’édition inaugurale des BlackJacks.

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Ottawa s’avère la septième équipe de la CEBL, qui a démarré ses activités en 2019 à Fraser Valley, Edmonton, Saskatoon, Guelph, Hamilton et Niagara.

Sur le plancher de bois franc, les BlackJacks ressembleront à tout sauf un club d’expansion. En fait, plusieurs observateurs les considèrent les favoris pour gagner le tournoi.

Ils misent sur plusieurs joueurs ayant porté les couleurs de l’équipe canadienne au fil des ans, d’Olivier Hanlan à Johnny Berhanemeskel en passant par les frères Scrubb, Kyle Landry et Jean Emmanuel Pierre-Charles.

Quant à Éric Kibi, le natif d’Orléans a aidé le Congo, le patelin de ses parents, à remporter la Coupe d’Afrique en 2019.

Puis les joueurs des BlackJacks ont gagné un total de 26 championnats nationaux durant leur carrière universitaire au Canada. Ce sont ceux qui ont fait leur classe chez les Ravens de Carleton.

« Oui il y a beaucoup de talent, mais tu retrouves avant tout des gagnants. Les gars savent ce que ça prend pour gagner. Ils connaissent la recette. Reste juste à l’appliquer durant le tournoi », affirme Pierre-Charles.

L'entraineur-chef des BlackJacks, Osvaldo Jeanty

Le chef cuisinier sera Osvaldo Jeanty. L’ancien joueur vedette franco-ontarien des Ravens a été entraîneur depuis une décennie, mais jamais dans les rangs pros.

Un défi l’attend. Comment accommoder plusieurs athlètes d’impact quand seulement cinq joueurs peuvent se retrouver à la fois sur le terrain ?

« Ça sera difficile, mais c’est pour ça qu’on me paie beaucoup d’argent », lance Jeanty en riant.

« Il faut trouver une façon de s’assurer que tout le monde comprend son rôle et nos attentes. J’ai déjà parlé aux joueurs de ça. Il ne devrait pas avoir de surprises. Tout le monde sait qu’il devra sacrifier un peu de temps de jeu pour le bien de l’équipe. »

La plus récente acquisition des BlackJacks d’Ottawa, le Gatinois Olivier Hanlan.

Hanlan, qui a déjà été un choix de deuxième ronde dans la NBA, n’entrevoit aucune crise chez les BlackJacks.

« Notre but, c’est de gagner tous les matches, de gagner le tournoi. Il n’y a pas un gars qui va dire qu’il veut jouer pendant les 40 minutes. Ce n’est pas dans la mentalité des joueurs ici », assure le garde gatinois qui a déjà remporté le championnat de la G-League, le circuit de développement de la NBA, en 2018 avec les Spurs d’Austin.

« Il y a plusieurs pros ici qui jouent depuis quatre à six ans à travers le monde. Il y a plusieurs leaders. Nous savons que peu importe l’identité des cinq gars qui vont se retrouver sur le terrain, ils vont tout donner. Et les autres joueurs sur le banc vont les encourager. »

Les BlackJacks ont adopté une philosophie différente des autres clubs de la CEBL. Ils possèdent l’alignement le plus petit, comptant sur un seul joueur qui mesure plus de six pieds huit pouces.

Jeanty a confirmé que son équipe misera plus tôt sur la vitesse. « Sur le jeu de transition. On va essayer d’attaquer le panier entre cinq à sept secondes », précise-t-il.

« Si nous faisons ça bien, nous allons marquer beaucoup de points.... plus de 100 points par match », ajoute-t-il.

Ottawa compte aussi exploiter le talent de ses nombreux joueurs sur les lancers de l’extérieur pour faire le plein de paniers de trois points. Puis il y a la défensive, la marque de commerce des Ravens de Carleton où Jeanty a fait ses classes.

– Puis Osvaldo, est-ce que les BlackJacks doivent-ils être considérés les favoris ?

« Je ne considère pas notre équipe comme celle à battre dans le tournoi. Nous n’avons pas été testés encore.... Puis je trouverais ça arrogant de dire une telle chose à notre première année », réplique Jeanty.

Le mot de la fin revient toutefois à son joueur vedette et amateur de « road trip ». Olivier Hanlan ne compte pas visiter la région de Niagara pendant le tournoi, même si les joueurs ont la permission de sortir un peu de l’hôtel tout en respectant les règles sanitaires en place.

« Je ne m’en vais pas là-bas pour voir les chutes, mais plutôt gagner des matches de basket. Si tout le monde respecte les règles, tout le monde sera en meilleure sécurité. »