Le Franco-Ontarien Éric Kibi a disputé une saison avec les SkyHawks d’Ottawa en 2013-2014, la seule de leur existence. Kibi est d’avis que la nouvelle équipe de basketball d’Ottawa, les BlackJacks, est mieux outillée pour réussir à long terme.
Le Franco-Ontarien Éric Kibi a disputé une saison avec les SkyHawks d’Ottawa en 2013-2014, la seule de leur existence. Kibi est d’avis que la nouvelle équipe de basketball d’Ottawa, les BlackJacks, est mieux outillée pour réussir à long terme.

Bien loin de l’écrasement des SkyHawks

Il s’avère l’unique survivant des défunts SkyHawks, qui représentaient le premier flirt d’Ottawa avec le basket-ball professionnel. Éric Kibi a même conservé son chandail de cette équipe qui avait tenu le coup pendant une seule saison avant de fermer ses portes au printemps 2014.

«Oui je me souviens de cette saison», laisse tomber l’avant franco-ontarien qui s’aligne maintenant chez les BlackJacks.

«C’est une situation nettement différente. C’est beaucoup mieux organisé ici. Les gens sont plus sérieux.»

Les SkyHawks avaient dû changer de domicile à trois reprises. Après avoir entamé leur seule saison au centre Canadian Tire devant des gradins vides, ils ont disputé des matches au gymnase du Cégep de l’Outaouais, à Hull, avant de terminer les éliminatoires à La Cité collégiale.

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C’est sans compter que plusieurs partenaires dans l’aventure n’ont pas été payés. Ajoutez à cela aussi la controverse qui a secoué la franchise, qui avait opté initialement pour le nom des TomaHawks. Le tollé suscité par ce choix auprès de la communauté algonquine avait forcé la direction à faire marche arrière.

Les BlackJacks, eux, sont la propriété de la CEBL, à l’image des six autres clubs.


« Je crois que ça va durer. Ce sera à nous de donner le ton à la prochaine génération qui va nous suivre. »
Éric Kibi

Puis les dirigeants locaux avaient réussi à vendre le plus grand nombre d’abonnements saisonniers parmi toutes les formations du circuit en vue de la saison 2020.

Kibi est convaincu que les BlackJacks ne seront pas enterrés après une seule année d’existence. «Dave Smart et Osvaldo Jeanty n’auraient pas embarqué là-dedans s’ils ne croyaient pas au projet à long terme», note-t-il en parlant du DG et de l’entraîneur-chef.

«Je crois que ça va durer. Ce sera à nous de donner le ton à la prochaine génération qui va nous suivre.»

Ce qui l’encourage aussi? Le fort contenu local de l’équipe.

«À l’époque des SkyHawks, j’étais le seul francophone. Nous n’étions que trois Canadiens. Le reste des joueurs étaient Américains.»

Les BlackJacks, eux, montrent un alignement entièrement canadien. «Neuf joueurs viennent d’Ottawa ou ont joué leur basket universitaire ici», note l’avant Jean Emmanuel Pierre-Charles.

«C’est comme un retour dans le temps. On retrouve des gars avec lesquels on a déjà joué. Par exemple, Olivier Hanlan est un de mes amis. J’avais joué avec lui au basket mineur quand j’étais en neuvième année.»

«C’est ça la grande différence avec cette ligue-ci, ajoute pour sa part Éric Kibi. Elle veut développer le talent local. Un peu comme dans les ligues en Europe dans lesquels nous jouons durant l’hiver. Les gens là-bas ne veulent pas voir des étrangers.»

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La gestionnaire des communications chez les BlackJacks, Marika Guérin

L'AUTRE RÊVE DE MARIKA

Marika Guérin fait le même rêve depuis quelques jours. Que les BlackJacks font appel à ses services pour une de leurs parties.

« Mais chaque fois, je n’arrive pas à temps pour le match », relate-t-elle en riant du haut de ses cinq pieds quatre pouces.

La femme originaire de Sorel a passé le camp d’entraînement sur les lignes de côté à l’aréna de la Place TD. Elle s’occupe des communications de l’équipe depuis janvier dernier.

C’est l’histoire de l’autre rêve, celui-là qui est devenu réalité pour l’ancienne vedette de basket dans les rangs universitaires canadiens. « J’ai toujours su que je voulais travailler dans le domaine du sport. Je ne savais toutefois pas en quoi exactement », explique Guérin, qui vient de fêter ses 26 ans.

« Je ne connaissais pas le côté marketing et communication. J’étais plus axée sur le côté des sciences à mes débuts à l’université McGill. Je pensais peut-être devenir physiothérapeute ou kinésiologue. »

Guérin a complété un baccalauréat en kinésiologie tout en menant les Martlets à un titre national en 2017. Elle avait terminé quatrième au pays avec un pourcentage de réussite de 42,3 % aux lancers de trois points.

« La finale des championnats canadiens a été mon dernier match. J’aurais pu jouer deux autres années, mais je tenais à développer ma carrière. Je savais que ce ne serait pas facile d’obtenir un emploi dans le domaine des sports. Je n’ai pas regretté d’avoir arrêté, même si j’ai encore l’envie d’aller sur le terrain en ce moment pour prendre quelques lancers. »

Guérin a fait des études de deuxième cycle en marketing à McGill tout en travaillant en communication aux services des sports de l’université anglophone montréalaise. Quand elle a vu que la CEBL allait implanter une équipe à Ottawa en 2020, elle a pris le téléphone.

« J’ai contacté quelqu’un de la ligue pour dire que c’était super et que j’étais aussi intéressée. J’ai eu l’emploi en décembre et j’ai rapidement trouvé un appartement ici en janvier. »

Dès samedi, Marika Guérin vivra ses premiers matches pros en tant que gestionnaire des communications d’un club de sport professionnel. Son sourire dit tout. Elle se plaît jusqu’ici dans son premier emploi majeur depuis sa sortie de l’université.