Camille Bérubé s'est imposé aux essais canadiens de natation.

Bérubé renoue avec le plaisir et les médailles

Quatre courses, quatre médailles. Camille Bérubé a choisi le bon moment pour s’imposer aux essais canadiens de natation, qui se sont déroulés lors des cinq derniers jours à Toronto.

Il y a eu l’argent au 100 m dos mercredi, qui a donné le ton. Puis vendredi, ce fut le bronze au 50 m papillon, puis à nouveau une troisième place le lendemain au 100 m brasse.

Et dimanche soir, la double paralympienne originaire de Gatineau a été la troisième plus rapide au 200 m QNI. Une performance qui a scellé sa place au sein de l’équipe canadienne en vue d’un rendez-vous important cet été.

Bérubé participera aux championnats du monde de paranatation. « Reste à savoir quand et où », a-t-elle souligné.

Initialement, le rendez-vous était prévu en juillet en Malaisie. Mais de récentes prises de position controversées du gouvernement de ce pays de l’Asie du Sud-Est a modifié la donne.

Un nouveau milieu hôte sera annoncé sous peu.

« Ces championnats du monde, ce sont un tremplin pour moi en route vers les Jeux paralympiques l’an prochain à Tokyo, a rappelé Bérubé, qui aura 25 ans en 2020.

«Peut-être que je vais décider d’accrocher mon maillot après ces Jeux. Je n’ai pas encore pris de décision. J’y pense parce que je sais qu’un jour, ça sera fini. Je ne sais pas encore quand.»

Ce qu’elle sait ?

Ça fait longtemps qu’elle ne s’est jamais aussi bien sentie en se pointant à la piscine.

«J’ai eu une dernière saison difficile. J’ai eu des petits défis de santé mentale. Mais j’ai eu l’appui de ma famille. Elle était ici cette semaine. Je dirais que pour la première fois depuis les Jeux à Rio, j’ai du plaisir dans l’eau. C’est rafraîchissant.»

Bérubé avait décidé de prendre une pause l’été dernier, déclinant même une participation aux championnats para-pan-pacifiques qui avaient lieu en Australie. «Le repos était de mise pour ma tête et mon corps. Je vivais de gros changements dans ma vie, a-t-elle expliqué.

«Je venais de terminer mes études à l’université. Je me retrouvais sur le marché du travail. La conciliation travail-natation est très différente de celle études-natation. J’avais de gros défis.»

Camille Bérubé nage sur la scène internationale depuis maintenant une décennie. Elle a pris un coup de vieux en regardant autour aux essais canadiens.

«Il ne reste que deux autres nageuses qui étaient là avec moi aux championnats du monde en 2009. Je suis maintenant parmi les plus vieilles. Les dix dernières années sont passées si vite. Dans ma tête, je me sens pourtant encore comme la petite recrue qui vient d’arriver.»

Plus de 620 athlètes représentant 157 clubs ont participé à ces essais. Des nageurs de l’extérieur du pays, dont la France, l’Allemagne et l’Italie, étaient dans l’eau.

En plus des places sur l’équipe des championnats du monde FINA et des championnats du monde de paranatation, des nageurs ont été sélectionnés en vue des Jeux panaméricains, Jeux parapanaméricains, les Universiades de même que les championnats du monde juniors FINA.