Victime d’une commotion cérébrale, le skieur en slopestyle Alex Beaulieu-Marchand ne sait pas s’il se rendra en Corée.

Beaulieu-Marchand toujours dans le brouillard

Si sa tête semble sortie du brouillard d’une commotion cérébrale subie à la mi-décembre, le skieur de slopestyle de Québec Alex Beaulieu-Marchand continue à nager dans le doute quant à sa participation aux Jeux olympiques.

«Mon objectif est de revenir à la compétition aux X Games, dans deux semaines, afin de me préparer pour les Jeux olympiques. Si je ne peux pas être des X Games, ma tête devrait quand même être correcte pour les Jeux. Mais si jamais on me dit que je ne suis pas assez en santé, ce sera ça. J’ai accepté le fait que je ne participerai peut-être pas aux Olympiques», révèle Beaulieu-Marchand, dans un entretien avec Le Soleil.

Sa saison a basculé le 14 décembre. Lors de sa dernière descente d’entraînement avant la ronde de qualification du Dew Tour, à Breckenridge, au Colorado, Beaulieu-Marchand a raté l’atterrissage d’un saut et s’est frappé la tête avec violence au sol. Perte de conscience instantanée, une trentaine de secondes. Malgré son casque. Puis évacué du parcours en civière, sur ordre du personnel médical en place.

À petits pas

Depuis, il attend. «J’ai eu d’autres coups à la tête dans ma vie, mais c’est assurément le plus fort», reconnaît l’athlète de 23 ans. Il campe au domicile familial de Saint-Augustin-de-Desmaures, s’occupe de ses commanditaires, avance le montage de segments vidéos tournés en 2017.

«Je prends ça lentement. J’ai passé un temps des Fêtes très tranquille. Mon état s’est amélioré après Noël et ç’allait encore mieux après le jour de l’An.» Il est suivi par le personnel médical de l’équipe canadienne de ski acrobatique. Mercredi, il a rencontré une neuropsychologue pour la deuxième fois, à Québec.

Au lendemain d’avoir subi une batterie de tests à l’effort pour détecter les effets d’une commotion, dont le test d’épuisement nommé Chicago Blackhawks, comme l’équipe de hockey. «Je n’ai jamais rien fait d’aussi dur de ma vie! s’exclame-t-il. Mais je suis content, parce que je n’ai pas eu de symptômes après.»

Il attend maintenant le feu vert pour recommencer à s’entraîner en salle. Son retour sur neige s’avérera l’étape suivante. Et Beaulieu-Marchand a beau «planifier les meilleurs scénarios», celui qui a pris le 12e rang aux JO de 2014 sait déjà que sa préparation pour PyeongChang, si elle existe, sera loin d’être optimale.

Les X Games se tiennent du 25 au 28 janvier, à Aspen, au Colorado, et son épreuve est au programme du parc à neige de Bokwang, en Corée du Sud, le 18 février.

Remise en question

Si sa sélection pour PyeongChang n’est pas encore assurée, ses résultats de la saison dernière permettent de croire qu’il serait retenu. L’annonce se fera le 20 janvier.

Au-delà des JO, Beaulieu-Marchand admet que cette chute et ses conséquences le font réfléchir. La compétition jugée force les skieurs en style libre à sans cesse repousser les limites de leur sport, parfois malgré eux-mêmes ou une météo peu clémente, comme à Breckenridge.

Il fera à l’avenir preuve de davantage de réserve sans toujours tenter de «sortir de ma zone de confort. La compétition nous pousse à ça et nous place dans une position risquée. Pour continuer ma carrière dans des films et éviter les blessures, surtout à la tête, je devrai m’éloigner de la compétition. Mon cerveau, c’est plus important», conclut le médaillé de bronze aux X Games de 2017.