Aux derniers Jeux olympiques de Rio de Janeiro, Barrette s’est arrêté à 38 millièmes de seconde d’une participation aux demi-finales et peut-être même, d’un podium au keirin.

Barrette a les yeux tournés vers les Mondiaux

Hugo Barrette connaît de son propre aveu une «très bonne saison». Son titre aux Championnats panaméricains au début septembre, et ses trois titres canadiens, remportés la semaine dernière à Milton, en Ontario, tendent à lui donner raison. Mais c’est surtout en raison du travail accompli à l’entraînement qu’il est en mesure d’apprécier autant sa campagne.

Aux derniers Jeux olympiques de Rio de Janeiro, Barrette s’est arrêté à 38 millièmes de seconde d’une participation aux demi-finales et peut-être même, d’un podium au keirin. Rencontré cette journée-là aux abords du vélodrome olympique, le cycliste des Îles-de-la-Madeleine était dévasté. Il a senti le besoin de prendre une pause.

«J’ai remis plusieurs aspects de mon entraînement en question, a-t-il indiqué au cours d’un entretien avec La Presse canadienne. Je voulais voir comment aller à un autre niveau pour (les Jeux olympiques de) Tokyo. J’ai eu une grosse période de réflexion, après ça, je suis revenu en force, malgré peu de temps à l’entraînement, j’ai connu une bonne saison l’an dernier, avec notamment une médaille en Coupe du monde et une 10e place aux Mondiaux en sprint, mon meilleur résultat, avec un très bon chrono.

«C’était un peu pour ça, la période de réflexion: m’arrêter et voir ce que j’ai accompli, mais aussi voir comment je peux accomplir davantage, devenir éventuellement champion du monde. Malgré qu’en termes de temps, de performances, je ne suis vraiment pas loin, il faut trouver les petits détails qui nous permettront de retrancher ce temps, voir où sont mes faiblesses. Je pense avoir une très bonne idée en ce moment.»

Barrette estime avoir une bonne idée de la façon dont il pourra passer au niveau supérieur en raison de l’arrivée de Franck Durivaux au sein de l’équipe canadienne.

«Il a un gros bagage d’expérience, une bonne logique. On s’entend très bien, note Barrette au sujet de Durivaux, qui était auparavant entraîneur adjoint au sein de la puissante équipe nationale de France. C’est tout nouveau, mais ça augure bien. J’adore sa manière de penser, de voir les choses.

«On a établi un plan de match. C’est clair ce qu’il me faut et je ne suis pas loin. Tout indique que présentement, je devrais aller plus rapidement que je ne le fais. Avec son bagage d’expérience, il croit savoir comment faire débloquer tout ça.»

D’ici aux Championnats du monde de cyclisme sur piste, qui auront lieu du 28 février au 4 mars aux Pays-Bas, Barrette se concentrera davantage sur l’entraînement que sur la compétition, alors qu’il ne disputera que la Coupe du monde de Milton.

«Je me concentre sur les Mondiaux. Oui, il y aura la Coupe du monde de Milton. Ce sera super de ‘compétitionner’ devant la famille, mais c’est en décembre. Et moi, mon objectif, ce sont les Mondiaux, où je veux vraiment mettre toute la gomme.

«Je veux me présenter dans une bonne forme à Milton, mais c’est certain qu’on va essayer de nouvelles choses. Je suis reconnu pour pédaler avec beaucoup de force, mais tout indique qu’il faut que je recule un peu là-dessus. C’est une adaptation. Ça ne se fait pas du jour au lendemain. Est-ce que je serai au maximum à Milton? J’espère. Mais l’objectif demeure toujours les Mondiaux. Je suis confiant que d’ici cinq mois je serai à plein régime.»

Six semaines plus tard, il participera aux Jeux du Commonwealth.

«C’est une belle occasion. Les Commonwealth, ce n’est pas comme dans certains autres sports, il y a beaucoup de sports où c’est un peu moins de profondeur, mais en cyclisme sur piste, toutes les nations dominantes sont là. On l’a vu dans les trois derniers Jeux du Commonwealth: ceux qui réussissent à grimper sur le podium le font aux JO. C’est un bel endroit pour me donner de la confiance.»

Barrette prendra part au keirin et au sprint aux Mondiaux, mais pas au sprint par équipe, la formation canadienne n’étant pas encore en mesure d’offrir des chronos suffisamment rapides pour lui permettre de rêver au podium. Il espère que l’arrivée de Durivaux pourra permettre d’améliorer l’équipe en ce sens.

«Je pense que le gros avantage, ça va être sur le développement des autres athlètes, afin que nous puissions compter sur un bon sprint par équipe et que je puisse compléter le trio d’épreuves.»

Après les Jeux du Commonwealth, Barrette compte s’accorder du repos, car il sait que les deux prochaines années seront complètement folles.

«Le processus de qualification olympique se joue sur deux ans. Il y a quatre Coupes du monde, les Championnats du monde et continentaux à chaque année pour se qualifier. C’est tellement compétitif que même avec des podiums, il faut participer à toutes les compétitions. Cette année, je n’ai pas besoin de ramasser de points pour les JO, c’est pour ça que je fais moins de courses, pour me concentrer sur l’entraînement. (...) La période au cours de laquelle je dois vraiment m’améliorer, c’est cette année.»