Barakat victorieux, Villeneuve dans les câbles

Deux boxeurs francophones locaux. Deux gars déçus. Un parce qu'il a gagné trop rapidement, l'autre parce qu'il a encaissé un premier knock-out en carrière.
Samer Barakat et Pascal Villeneuve n'ont pas connu la soirée à laquelle il rêvait, vendredi, lors du premier gala de la série Fight Club de l'année au Hilton Lac Leamy. Le premier, un mi-lourd de la Basse-Ville d'Ottawa, a envoyé son adversaire Matt Heim (0-3) au tapis deux fois lors des 64 premières secondes.
L'arbitre en a vu assez, déclarant Barakat (3-0, 3 K.-O.) victorieux. «Ce n'était pas le combat que je voulais... J'ai fait 50 rondes de pratique. J'étais en camp d'entraînement pendant deux mois. Tout ça pour ça... une minute de travail», a soutenu Barakat, un poulain de l'entraîneur Éric Bélanger du club Final Round.
Heim ne devait pas l'affronter au départ. Ça devait être un autre pugiliste d'Ottawa dans le ring. Mais Sandy Pembroke a déclaré forfait dans la dernière semaine.
«Il (Matt) a pris le combat à trois jours d'avis... C'était ça ou rien pour moi», a dit Barakat.
Ce dernier peut se consoler en voyant son coéquipier de Final Round, Pascal Villeneuve.
Première défaite
Le droitier de Gatineau a subi sa première défaite en carrière à sa quatrième sortie chez les pros. Il n'a pas tenu le coup longtemps contre François Miville (7-1, 3 K.-O.), surnommé «Le Tank», voyant l'arbitre mettre fin à l'affrontement dès la deuxième minute du round initial.
Villeneuve a encaissé un solide crochet de gauche au menton, tombant dans les câbles. Ébranlé, il n'a jamais pu reprendre l'action. «C'est ça la boxe... la vie continue», a-t-il soutenu, une dizaine de minutes après avoir retraité au vestiaire.
«La seule chose que je ne devais pas faire, je l'ai fait. J'ai reculé en ligne droite et je me suis fait pogner.»
Villeneuve était le favori local. La foule scandait son nom dans les premières secondes après avoir hué Miville, un athlète de Longueuil, durant son entrée dans l'arène.
Le visiteur a été agressif, fonçant sans arrêt. «Je suis électricien et père monoparental. Les lundis matin, je fais les lunchs et j'amène mes enfants à l'école avant d'aller courir, a commencé par souligner Miville, âgé de 32 ans.
«Quand je monte sur le ring, je donne tout, tout et tout. Car je ne sais pas ce qui va se passer demain, ou après-demain. J'ai perdu un ami il y a un mois. Il m'avait demandé de penser à lui quand j'allais monter dans le ring. C'est ce que j'ai fait.»
Quant au perdant du combat, il a refusé de lancer la pierre à l'arbitre.
«Je n'ai pas assez d'expérience pour dire s'il a arrêté ça trop vite. S'il a vu que c'était le temps d'arrêter le combat, c'est correct avec moi. La santé de quelqu'un vaut plus cher qu'une simple défaite», a soutenu Villeneuve, qui possède une compagnie de livraison de pain.
Les officiels avaient sûrement en tête ce qui s'était produit plus tôt dans le gala. Le poids lourd Zack Bunce s'est écroulé après sa défaite dans un couloir menant aux vestiaires. Il était conscient lors de son transport vers le centre hospitalier.
Bunce a toutefois reçu son congé de la part des médecins plus tard en soirée selon une porte-parole des organisateurs du groupe Eye of the Tiger Management. Il aurait souffert notamment d'épuisement et de déshydratation.
Les boxeurs qui ont retenu le plus d'attention durant ce vendredi soir à Gatineau? Ils ne se battaient. C'étaient Lucian Bute et Jean Pascal, qui avaient décidé de faire un tour dans le coin.