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Ayman Driouich évolue pour les Griffons du Cégep de l’Outaouais et pratique le football depuis maintenant six ans.
Ayman Driouich évolue pour les Griffons du Cégep de l’Outaouais et pratique le football depuis maintenant six ans.

Ayman Driouich, l'émule gatinois de Laurent Duvernay-Tardif

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
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Laurent Duvernay-Tardif l’ignore, mais le champion du Super Bowl devenu médecin inspire un jeune joueur de football de Gatineau.

Ayman Driouich ne le cache pas. Le garde des Griffons du Cégep de l’Outaouais souhaite lui aussi mener une carrière sportive tout en poursuivant des études en médecine.

« J’aimerais devenir neurochirurgien... être le mécanicien de cette machine complexe qu’est le cerveau humain », précise l’articulé étudiant-athlète âgé de 17 ans.

« Mais je sais que ce n’est pas une mince tâche. Un très long parcours m’attend. Beaucoup de travail. Beaucoup de cours. Environ une douzaine d’années. »

Né en Outaouais de parents marocains, Driouich pratique le football depuis maintenant six ans. Plus précisément depuis le deuxième secondaire au collège Saint-Alexandre.

À ses débuts sur le terrain, il pensait bien que les épaulettes et le casque prendraient le bord à sa sortie de l’école secondaire. « Mon rêve, c’est devenir médecin. Je ne croyais pas que ce serait possible de combiner ça avec le football », relate le jeune homme.

Puis l’éternel curieux en lui s’est intéressé à l’histoire de Duvernay-Tardif.

Laurent Duvernay-Tardif

« J’ai commencé à regarder ses matches en 2017. Il a été une inspiration pour moi. Je me suis rendu compte que je peux faire les deux choses que j’aime en même temps si je me donne vraiment. »

Se donner dans son cas signifie faire ses études en sciences de la nature dans le minimum de temps requis de quatre sessions. Habituellement, les étudiants athlètes vont prolonger le tout sur cinq et même six sessions afin de mieux jongler école et la pratique sportive.

« C’est sa première année chez nous et il a conservé une moyenne de 94-95 %. C’est assez impressionnant », souligne l’entraîneur-chef des Griffons, Sébastien Tétreault.

La pandémie a permis à Driouich d’avoir un peu plus de temps pour ses études. Ses coéquipiers ont pu s’entraîner à la fin de l’été, mais ils ont été privés de tous leurs matches collégiaux en deuxième division lorsque l’Outaouais s’est retrouvée en zone orange.

Ce qui veut dire que l’aspirant docteur a vu une occasion s’envoler. Celle de jouer devant des dépisteurs universitaires.

Il lui restera un automne pour retenir leur attention, de septembre à novembre 2021.

« Nous espérons tous de jouer la saison prochaine », avoue le joueur de ligne offensive qui fait 5’10’’ et 260 livres.

« J’aimerais bien étudier par la suite à l’université McGill, jouer pour les Redbirds. Comme Laurent Duvernay-Tardif », précise Ayman Driouich.

Le gars qui compte les pilules

Il n’y a pas que le football et l’école dans son quotidien, mais aussi un emploi à temps partiel dans une pharmacie voisine de l’hôpital de Gatineau. Plus précisément, il est aide-technicien chez Pharmaprix.

« Je compte les pilules derrière le comptoir. Je règle des problèmes d’assurance. Ça permet aux pharmaciens de faire autre chose. Ça me permet de me familiariser avec tout le jargon dans le domaine. D’apprendre au sujet des médicaments, de leur utilisation et leurs effets secondaires. »

Sa maman a déjà été microbiologiste avant de devenir fonctionnaire. Papa est aussi à l’emploi du gouvernement.

Cet amour pour le domaine de la santé, Driouich le démontre sur diverses tribunes depuis quelques années. Tiens en 2019, il a remporté le prix Québec Science pour sa présentation « Casque-à-Casque » lors des finales régionales des Expo-Sciences.

Ce dernier avait expliqué les avantages et les défauts que peut apporter un casque dans le domaine du sport. Il cherchait aussi à réduire les peurs que certaines personnes peuvent avoir envers les sports de contact.

« Je pourrais prendre l’exemple des commotions cérébrales qui sont plus fréquentes dans notre équipe de volleyball que dans celle de football », avait-il souligné à l’époque.

« J’ai toujours eu une passion pour le cerveau humain », rappelle-t-il en entrevue.

Bien loin des échecs

Une autre passion qui l’animait avant de découvrir le football ? Les échecs. Il avait participé à quelques tournois lors du printemps de ses 10 ans.

« Ça fait longtemps ! C’est bien derrière moi. Je faisais ça avant d’arriver à l’école secondaire. Aux échecs, il y a une certaine hiérarchie dans les pièces. Le football, c’est différent. Chaque joueur est important. J’aime ça. Si quelqu’un ne fait pas son travail, l’équipe en souffre. J’aime aussi l’esprit d’équipe qu’on y retrouve. »

Un esprit d’équipe qu’il retrouvera peut-être un jour en travaillant dans une salle d’opération, que ce soit en Outaouais ou ailleurs au Québec.

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UNE FILIÈRE FRANÇAISE POUR LES GRIFFONS EN 2021

Les Griffons se tournent vers l’Hexagone pour renflouer leur équipe de football en vue de l’automne prochain.

L’entraîneur-chef Sébastien Tétreault finalise les démarches afin d’accueillir une cohorte de «sept à huit joueurs» français. «C’est déjà réglé pour quatre ou cinq d’entre eux qui ont décidé de venir chez nous. Il reste à peaufiner la question des permis d’études et les visas. C’est un peu plus complexe que la normale en raison de la pandémie», explique-t-il.

Depuis leurs débuts en football collégial, les Griffons ont aligné quelques joueurs français ici et là, sans plus. «Nous en avons eu deux en 2017 et ils sont restés ici pendant trois saisons», ajoute Tétreault.

Mais elle possédera pour la première fois de son histoire une filière. Un peu comme les Filons du Cégep de Thetford Mines, qui misaient notamment sur 22 joueurs français en 2015 lors de leur conquête du Bol d’Or contre les... Griffons.

Dans le cas du Cégep de l’Outaouais, ses nouveaux joueurs proviendront surtout du Pôle France Révolution, l’équivalent d’un programme sport-études au Québec. «Je ne les ai jamais vu jouer en personne. Mais j’ai déjà joué en France. Je suis à l’affût du niveau de jeu», indique Tétreault, un ancien ailier défensif étoile chez les Gee Gees de l’Université d’Ottawa.

«Et ce Pôle regroupe les meilleurs athlètes à la suite de tests régionaux. Chaque année, ils jouent des matches internationaux en janvier et février. Donc, nous avons pu les voir sur vidéo. J’ai aussi des contacts. Je connais notamment un des coaches. Je peux savoir donc quel genre d’individus sont ces joueurs.»

La majorité de ces recrues françaises évoluent en défensive. Ça tombe bien pour les Griffons. «Nous avons plusieurs postes à combler de ce côté-là. Il y avait un peu moins de quantité dans notre tableau de recrutement en défensive.»

Sébastien Tétreault ne croit pas que l’adaptation sera trop difficile pour ces joueurs qui passeront d’un continent à l’autre.

«Certains d’entre eux avaient quitté la maison pour étudier et jouer au Pôle. Ils ont déjà vécu ce détachement. Puis ils possèdent une qualité dans leur jeu. Ils avaient déjà droit à du bon coaching