Complètement épuisés à l'issue de leur duel de 6h36, John Isner et Kevin Anderson se sont félicités au centre du court. Anderson l'a emporté 26-24 au cinquième set et accède à la finale londonienne.

Wimbledon: Anderson remporte marathon

LONDRES — Kevin Anderson est devenu le premier tennisman sud-africain à accéder à la finale de Wimbledon depuis 1921, vendredi, lorsqu’il est venu à bout de l’Américain l’Américain John Isner 7-6 (6), 6-7 (5), 6-7 (9), 6-4 et 26-24 en 6h36, le deuxième plus long match de l’histoire du tournoi anglais.

Incidemment, c’est Isner qui était impliqué dans le plus long, lui qui, au premier tour en 2010, avait vaincu le Français Nicolas Mahut en... 11h05 de jeu étalé sur trois jours. Le cinquième set de ce classique du tennis s’était terminé 70-68.

Dans le dernier set, qui a duré près de trois heures, Anderson a obtenu des balles de bris à 7-7, 10-10 et 17-17, avant de finalement en convertir une pour prendre les commandes 25-24 — entraînant des cris de joie dans la foule. Il a notamment pris les commandes 30-0 dans ce jeu en remportant un point après avoir chuté sur le dos derrière la ligne de fond, étant en mesure de se relever à temps pour retourner le coup d’Isner.

«Ça m’a fait sourire, a reconnu Anderson. À ce stade-là du match, tu tentes simplement de te battre pour chacun point, et je me suis simplement dit : “Lève-toi! ”»

Kevin Anderon a remporté un point après avoir chuté sur le dos derrière la ligne de fond, étant en mesure de se relever à temps pour retourner le coup d’Isner.

Il a ensuite converti sa première balle de match après qu’Isner eut manqué de précision sur son coup.

«En fin de compte, on dirait que c’est un match nul entre nous deux», a confié Anderson, exténué.

«John est un très grand joueur, et ça me fait vraiment de la peine pour lui, parce que si j’avais perdu, alors j’ignore comment je l’aurais pris, de jouer pendant autant de temps sans pouvoir savourer la victoire», a-t-il ajouté.

John Isner avait remporté le plus long de l’histoire, déjà sur le gazon anglais face au Français Nicolas Mahut, en 2010 au premier tour... après 11h05 de jeu étalé sur trois jours, 70-68 au cinquième set.

Sur le court central, vendredi les coups gagnants ont plu : 247 coups gagnants au total (118 pour le Sud-Africain, 129 pour l’Américain). Et les as aussi, comme prévu : 103 au total; 49 pour Anderson et 53 pour Isner.

Avec 214 cumulés au total en six matchs, l’Américain est devenu le nouveau recordman sur une édition de Wimbledon, dépassant l’artificier croate Goran Ivanisevic, qui en avait lui empilé 212 à l’issue de son parcours vers le titre en 2001.

Une maigre consolation pour le lauréat du Masters 1000 de Miami en avril dernier, qui avait attendu son 41e tournoi pour enfin accéder au dernier carré d’un tournoi du Grand Chelem.

«Je me sens horriblement mal», a dit en conférence de presse l’Américain de 33 ans, soigné plusieurs fois pour des ampoules pendant la partie et souffrant visiblement aussi d’un pied.

«Il n’a jamais baissé la cadence, a noté Isner. Je suis simplement déçu d’avoir perdu. Je suis passé très près d’accéder à la finale d’un tournoi du Grand Chelem, mais ça ne s’est pas concrétisé.»

John Isner a été soigné plusieurs fois pour des ampoules pendant la partie et souffrant visiblement aussi d’un pied.

Pour un changement de règle

Wimbledon n’applique pas la formule du bris d’égalité au cinquième set chez les messieurs ni au troisième set chez les dames, ce qui signifie qu’il n’y a aucune mesure qui puisse empêcher un match de s’éterniser. Isner et Anderson ont admis après la rencontre qu’ils aimeraient que ça change.

Les deux géants — 2,08 m pour Isner, 2,03 m pour Anderson — se sont donné une chaleureuse accolade à l’issue de la partie.

Harassé, le Sud-Africain de 32 ans avait bien du mal à jouir de sa victoire et préconisait surtout un changement des règles, avec pourquoi pas l’application du bris d’égalité au cinquième set, comme aux Internationaux des États-Unis. «J’espère vraiment que les choses vont changer en Grand Chelem, parce qu’après autant de temps passé sur le court, on ne sent pas super», a dit Anderson, juste après la rencontre.

Le finaliste des Internationaux des États-Unis avait déjà joué pendant près de 4h15 en quarts pour faire chuter le tenant du titre, le Suisse Roger Federer. «Il va falloir que je récupère du mieux possible avant la finale dimanche», a-t-il souligné.

Bénéficiera-t-il d’assez de temps pour être compétitif face au défi qui l’attend?

«Ça fait longtemps que ça devrait l’être (modifié), a mentionné Isner, qui a suggéré la possibilité d’instaurer un bris d’égalité lorsque le score est à égalité 12-12 au cinquième set. J’ai mon mot à dire; en fait je suis au cœur de la discussion, de toute évidence.»

«C’est juste une peine cruelle et inutile infligée à ces deux mecs», a estimé l’ancien champion américain John McEnroe, trois fois lauréat à Londres (1981, 1984, 1985) en commentant le match pour la BBC.

Horaire chamboulé

Les protagonistes de la seconde demi-finale, l’Espagnol Rafael Nadal et le Serbe Novak Djokovic, ont dû prendre leur mal en patience pendant de longues heures, avant de pénétrer sur le court central.

Si le toit du Central permet de prolonger les débats dans la soirée, il y a quand même une fin à tout à Londres. Le couvre-feu imposé par les résidents du quartier ne permet pas de jouer au-delà de 23h (heure locale).

À 23h02, alors que Djokovic venait tout juste de remporter le troisième set pour mener deux manches à une (6-4, 3-6, 7-6 (9)), les deux joueurs ont été renvoyés au vestiaire.

Ils devront revenir sur le court samedi, à 9h (heure du Québec) pour poursuivre le 52e épisode de leur rivalité, dominée 26-25 par le Serbe.

En conséquence, l’Américaine Serena Williams et l’Allemande Angelique Kerber, qui devaient fouler en premier le court central pour disputer la finale du simple féminin, devront donc attendre que Nadal et Djokovic complètent leur duel.