Stephen Bronfman, à droite, et Pierre Boivin ont rencontré les gens des médias, mercredi, pour discuter du dossier du retour du baseball majeur à Montréal et de la possibilité pour la ville d’avoir la «garde partagée» des Rays de Tampa Bay.

Une vraie chance se présente pour le retour du Baseball majeur à Montréal

C’est un Stephen Bronfman radieux qui est venu expliquer aux médias montréalais ce projet d’équipe partagée entre la région de Tampa et Montréal, qu’il a lui-même proposé. Que le Baseball majeur ait donné le feu vert à son exploration est une grande victoire pour lui.

«Quel timing incroyable que la même année où nous avons fêté les 50 ans des Expos, nous soyons assis ici pour discuter de la possibilité du retour du Baseball majeur à Montréal avec un partenaire, les Rays de Tampa Bay», a-t-il lancé d’entrée de jeu de la conférence de presse donnée dans les bureaux de Claridge, à Montréal.

«On est très fiers d’où on est aujourd’hui, a-t-il poursuivi. On a commencé il y a sept ans, avec nos amis Warren Cromartie et Matthew Ross, d’ExposNation, et regardez où on est maintenant. Je pense que ce qui est très intéressant et très impressionnant pour moi, c’est d’obtenir l’approbation pour explorer cette idée de villes-soeurs. [...] On a une vraie chance de ravoir le Baseball majeur à Montréal.»

En compagnie du président et chef de la direction de Claridge, Pierre Boivin, le fer-de-lance du Groupe de Montréal était visiblement heureux de pouvoir dévoiler la portion montréalaise de ce projet d’abord présenté mardi, à St. Petersburg, par le propriétaire des Rays, Stuart Sternberg.

«Il faut mettre les choses en perpective, a précisé Boivin. C’est une opportunité incroyable, mais on part tous avec les mêmes questions, les mêmes anxiétés et les mêmes réserves, jusqu’à un certain point. De nos jours, il n’y a pas un modèle d’affaires qui n’est pas remis en question, pourquoi celui d’une équipe de baseball ne pourrait pas l’être?»

Questions et réserves

Des questions et des réserves, il en reste plusieurs après cette conférence de presse. On ne sait pas combien de matchs l’équipe disputerait à St. Petersburg et à Montréal, où seraient jouées les rencontres éliminatoires, ou encore quel nom porterait cette nouvelle entité. Mais Bronfman croit ne pas avoir le droit de laisser passer pareille occasion.

«On a une chance d’avoir le baseball bientôt. J’ai toujours dit qu’il y a avait deux options : relocalisation ou expansion. On ne sait pas quand l’expansion viendra — s’il y en a une. On a la possibilité de commencer ce travail maintenant pour ramener le baseball avec une organisation existante très professionnelle.»

Et cette idée n’est pas née d’un manque de moyens pour attirer une équipe à temps plein.

«On a toujours les moyens de faire un ou l’autre», a-t-il souligné.

Aux Rays de jouer

Comme l’a fait remarquer Boivin, le Groupe de Montréal est à la merci de son éventuel partenaire floridien dans cette aventure.

«On doit attendre qu’eux puissent aller de l’avant. Mais on va se mettre au travail», a déclaré l’ex-président du Canadien.

«D’abord, Tampa doit obtenir une approbation de la ville, a renchéri Bronfman. Une fois qu’ils l’auront obtenue, nous commencerons à échanger des informations et à faire les vérifications d’usage. Nous avons fait beaucoup de travail sur le marché de Montréal. De leur côté, ils ont fait beaucoup de travail au niveau des stades. Les deux groupes peuvent apprendre beaucoup l’un de l’autre.»


« On a la possibilité de commencer ce travail maintenant pour ramener le baseball avec une organisation existante très professionnelle »
Stephen Bronfman

Le maire de St. Petersburg, Rick Kriseman, a tenu à rappeler mardi qu’il avait ses propres conditions pour embarquer dans un tel projet.

«Si M. Sternberg souhaite explorer ce concept de façon formelle avec moi et qu’il souhaite financer un nouveau stade à St. Petersburg avec des fonds privés, je suis prêt à l’écouter, a-t-il déclaré. Mais la ville de St. Petersburg ne participera pas au financement d’un stade pour une équipe à temps partiel.

«Nous demeurons ouverts à développer de concert le site du Tropicana Field et d’y construire un nouveau stade, mais pour une équipe à temps plein. L’avenir de St. Pete n’a jamais paru aussi prometteur et toute entreprise ou équipe de baseball en Amérique devrait vouloir en faire partie.»

Du côté de la ville de Montréal, la mairesse Valérie Plante dit continuer de suivre de très près le dossier.

«[Je] vois l’évolution rapide de ce dossier d’un bon œil, mais il reste que c’est au groupe de promoteurs de faire la démonstration que le partage des équipes est une solution viable pour le marché montréalais.»

Groupe intact

Sternberg a aussi indiqué mardi qu’il comptait demeurer l’actionnaire de contrôle, une situation qui n’embête pas les membres du Groupe de Montréal, qui demeurerait intact, selon Bronfman.

«Nous sommes très contents d’avoir Stuart comme partenaire. C’est un homme très intègre et un bon homme d’affaires. Je pense qu’il va bien s’entendre avec notre gang. C’est clair que ça prend une forte représentation de Montréal, même dans le cas d’une participation minoritaire et nous aurons une forte présence.»

Bronfman croit aussi que les Montréalais et les Québécois embarqueraient dans ce projet.

«Montréal est une ville innovatrice, créatrice et ouverte. Si ça peut fonctionner quelque part, c’est à Montréal. C’est le meilleur endroit pour faire quelque chose qui n’a jamais été fait. [...] On a la chance de se joindre à la section Est de l’Américaine, avec les Yankees de New York, les Red Sox de Boston et les Blue Jays de Toronto. C’est une opportunité incroyable! Peu importe le nombre de matchs présentés ici, ça va être la folie», a affirmé Bronfman, qui ne craint d’ailleurs pas que cette idée affaiblisse sa position dans l’opinion publique.

«Au contraire, nous avons quelque chose de concret avec une grande chance de revoir le baseball bientôt et on a un partenaire très fort. [...] Si on s’entend avec [les Rays], on se joindrait à de vrais pros.»

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LES NATIONALS RENDRAIENT HOMMAGE AUX EXPOS EN PORTANT LEUR UNIFORME LE 6 JUILLET

Tandis que les rumeurs du retour d’une concession des Ligues majeures de baseball à Montréal s’intensifient, un autre club rendrait hommage aux Expos le 6 juillet.

Les Nationals de Washington porteraient l’uniforme bleu poudre et la casquette tricolore des Expos, a rapporté mercredi le quotidien Washington Post.

Ils poseraient ce geste afin de souligner le 50e anniversaire de la première saison des Expos, en 1969. Leurs adversaires pour l’occasion, les Royals de Kansas City, porteraient également un uniforme rétro - possiblement gris.

Poutine

La formation de la capitale fédérale américaine offrirait également de la nourriture traditionnelle canadienne pour l’événement, toujours selon le quotidien américain. Le Nationals Park vendrait notamment à ses partisans de la poutine et des sandwichs à la viande fumée.

L’ex-joueur étoile des Expos Vladimir Guerrero devrait être sur place pour l’occasion.