Lauren Mann et ses coéquipières Kira Brunton, Cheryl Kreviazuk et Karen Trines ont gagné les grands honneurs de l'étape Stu Sells Toronto Tankard, disputée à Kitchener-Warteloo.
Lauren Mann et ses coéquipières Kira Brunton, Cheryl Kreviazuk et Karen Trines ont gagné les grands honneurs de l'étape Stu Sells Toronto Tankard, disputée à Kitchener-Warteloo.

Une skip d’Aylmer gagne dans des conditions inhabituelles

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
Tous les membres de son quatuor devaient porter un masque durant les matches. Une seule joueuse à la fois pouvait brosser la glace pour influencer la trajectoire de la pierre.

Ajouter que toutes les participantes du tournoi devaient avoir téléchargé une application de traçage à la COVID-19 sur leur téléphone. Bienvenue dans la nouvelle réalité du World Curling Tour (WCT) en temps de pandémie.

Une skip d’Aylmer l’a découverte, le week-end dernier, lors de l’étape Stu Sells Toronto Tankard disputée à Kitchener-Warteloo. En prime, Lauren Mann et ses coéquipières Kira Brunton, Cheryl Kreviazuk et Karen Trines ont gagné les grands honneurs, battant l’équipe de l’ancienne championne olympique, Jennifer Jones, en finale.

Une victoire qu’elle savourait toujours, quelques jours plus tard.

«Nous ne savons pas quand nous pourrons jouer à nouveau. D’autres tournois sont prévus, mais l’incertitude plane en ce moment», note Mann.

À preuve, son quatuor devait s’entraîner ensemble pour la première fois cette semaine au Ottawa Curling Club. Mais l’endroit a fermé temporairement en raison des nouvelles mesures de la santé publique.

«Peu importe ce qui arrive, je suis contente que nous ayons eu la chance de jouer le week-end dernier», avoue Mann.


« C’est une saison étrange, une année étrange, mais nous ne pouvons pas nous plaindre du résultat obtenu. »
Lauren Mann

L’ancienne championne québécoise, qui avait participé au tournoi des Coeurs en 2015 en tant que skip, avait mis sa carrière sur la glace depuis deux ans. Elle était devenue notamment maman en 2019.

Cette employée d’Orthophonie et Audiologie Canada a décidé de renouer avec la compétition cette saison, se joignant à une équipe de l’autre côté de la rivière des Outaouais. Ses trois coéquipières ontariennes et elle se sont pointées à leur premier tournoi du WCT sans aucun entraînement collectif.

«Chaque joueuse a profité de son heure de dîner, chacun de leur côté, pour s’entraîner seule pendant une vingtaine de minutes. Nous n’avions pas eu l’occasion de jouer jusqu’ici avec une et l’autre avant ce tournoi», relate Mann.

«C’est une saison étrange, une année étrange, mais nous ne pouvons pas nous plaindre du résultat obtenu.»

Surtout que Mann n’avait jamais pu vaincre Jones auparavant.

«Elle nous avait botté le derrière en 2015 quand j’étais skip», s’est rappelée la mère de famille âgée de 35 ans.

Cette dernière n’avait que de bons mots pour toutes les mesures sanitaires mises en place lors de ce tournoi du WCT. Parmi les autres initiatives, les joueuses ne pouvaient mettre les pieds dans l’aréna que 10 minutes avant leur partie.

«Habituellement, tu arrives au moins une heure avant ton match. Tu effectuais des exercices de réchauffement dans le centre. Là, nous faisions ça dans le stationnement. Heureusement, il faisait beau», explique Mann.

«Puis un préposé prenait la température de chaque joueuse à l’entrée. Il y avait des produits désinfectants un peu partout autour des surfaces de jeu. Tu avais peu de gens dans l’édifice. C’était limité aux joueuses en action, un membre du comité organisateur de même que le préposé à la glace.»

Son quatuor n’a pas été embêté par toutes les mesures, ou presque.

Les lunettes de la seconde Cheryl Kreviazuk étaient toujours embuées. «Elle a tout essayé pour régler ce problème. Finalement, elle a décidé de les enlever et mettre des verres de contact. Mais ce n’est pas toutes les joueuses qui ont cette option», reconnaît Lauren Mann.