Mélodie Collard a dû prendre du trois mois cet hiver afin de renfocer ses muscles des épaules et du dos. Débarassée de ses maux, la Gatinoise de 14 ans s’attaque à une saison de tennis qui s’annonce palpitante.

Une pause salutaire pour Collard

Un pas derrière. Deux vers l’avant.

C’est la décision que Mélodie Collard a dû prendre en janvier lorsqu’elle a accepté de ranger sa raquette de tennis pendant trois mois. Adolescente en pleine croissance, elle avait surtaxé son corps au point où les blessures à l’épaule, puis au dos l’empêchaient d’offrir son plein rendement.

« En décembre, après l’Orange Bowl où j’ai perdu dès le premier tour, j’ai bien vu que ça n’allait plus. Ma physiothérapeute m’a donné deux options : prendre une pause pour renforcer mes muscles afin de jouer à mon plein potentiel ou jouer en dépit des blessures tout le temps », raconte la Gatinoise qui s’apprête à disputer son deuxième match en carrière chez les professionnelles au Challenger de Gatineau dans un mois.

Le choix semblait s’imposer de lui-même. Or, demander à une jeune passionnée de remiser sa raquette pendant tout l’hiver, ce n’est pas si évident.

« Je n’ai pas touché ma raquette pendant plus de trois mois. Ç’a été difficile à faire, mais quand j’ai enfin pu la reprendre, j’étais plus motivée que jamais ! La pause m’a fait du bien et ça m’a vraiment aidé. Je ne suis plus la même joueuse aujourd’hui et je suis vraiment contente d’avoir pris le temps de reprendre des forces. »

Sans pression, mais stressée de savoir comment son corps allait réagir, Mélodie Collard est revenue au jeu dans un tournoi entre clubs du Québec le 21 mai.

« Ç’a bien été finalement. Plus ça avançait, mieux ça allait », a dit celle qui a gagné tous ces matches aisément.

Les prochains mois seront révélateurs pour celle qui aura 15 ans à la fin du mois de juin.

Après une étape de qualification aux Championnats canadiens qui se tiendra dans sa cour au parc de l’Île ce week-end, elle sera de retour au même endroit à la mi-juillet pour participer au Challenger de Gatineau chez les dames.

« L’an dernier, j’ai perdu en trois manches contre Ellen Perez, la finaliste du tournoi contre Aleksandra Wozniak. J’ai une année de plus d’expérience maintenant. J’ai plus de lourdeur dans mes balles. Mes attentes seront plus élevées. »

Collard a également acquis de la confiance au cours des 12 derniers mois. La semaine dernière, elle a vu l’Américaine Cori Gauff remporter le titre junior à Roland-Garros. C’est pourtant une adversaire à qui elle peut tenir tête.

« J’ai joué deux fois contre elle et elle n’était pas si loin devant moi. »

Son entraîneur chez Tennis Performance Outaouais va encore plus loin.

« Gauff, c’est un phénomène mondial du tennis junior féminin. Elle est comparée à Serena Williams. Elle est dotée d’un physique imposant. Elle est mature, mais Mélodie n’est pas à des années-lumière d’elle. Je dirais même que Mélo fait des choses que Cori ne fait pas. Sa pause lui a fait du bien. Elle a amené son jeu à un autre niveau sans même jouer pendant trois mois ! Mélo a maintenant la carrure d’une athlète de calibre international », raconte Mathieu Toupin.

Le reste de la saison 2018 du jeune prodige du tennis gatinois s’annonce palpitant. Elle visera un championnat canadien chez les moins de 16 ans. Encore une fois, ce tournoi sera disputé à Gatineau.

« Ça va être plaisant de participer à trois tournois importants à la maison cet été, mais d’autres tournois sont au programme comme les Internationaux juniors de Repentigny. Je vais sûrement attaquer d’autres tournois professionnels de l’ITF aussi », dit-elle.

Benjamin Lortie
Outre le duo frère-sœur de Sébastien et Mélodie Collard qui sera à l’œuvre au Challenger de Gatineau dans un mois, il faudra surveiller le jeune Benjamin Lortie, qui vient de percer le top-8 québécois chez les moins de 16 ans. Mathieu Toupin le considère comme le joueur le plus amélioré de la région depuis deux ans. Il va aussi commencer à faire des tournois de l’ITF à la fin de l’été.