La Lavalloise Leylah Annie Fernandez s'est qualifiée jeudi pour les demi-finales du simple chez les filles.

Une Lavalloise en demi-finale à Roland-Garros

MONTRÉAL - L'Ottavienne Gabriela Dabrowski n'a pas réussi à soulever le trophée emblématique du double mixte aux Internationaux de tennis de France. Qu'à cela ne tienne, le Canada n'a pas encore tout perdu sur la terre battue de la Porte d'Auteuil.

La Lavalloise Leylah Annie Fernandez s'est qualifiée pour les demi-finales du simple filles grâce à une convaincante victoire de 6-4, 6-1, en 90 minutes contre Joanna Garland, du Taïpeh chinois.

Âgée de 15 ans et 15e tête de série de la compétition, Fernandez a joué avec aplomb dans les moments de tension. Elle a réussi six bris de service en 10 tentatives et n'en a concédé que deux, bien qu'elle ait fait face à 13 balles de bris.

Fernandez connaît un tournoi impeccable alors qu'elle n'a pas perdu un seul set en quatre matchs. Au troisième tour, mercredi, elle a éliminé la Colombienne Maria Camila Osorio Serrano, troisième tête de série, 6-4, 6-4.

Témoin de chacune de ses sorties depuis le début du tournoi, Louis Borfiga, vice-président du développement de l'élite chez Tennis Canada, n'avait pas prévu que Fernandez connaîtrait une telle semaine. Il a été particulièrement impressionné par la prestation de Fernandez contre la Colombienne, une spécialiste de la terre battue.

«Roland-Garros est le tournoi junior le plus fort de l'année. Depuis toujours, c'est le tournoi le plus relevé. Pratiquement tous les juniors font Roland-Garros, contrairement à l'Australie, Wimbledon et le US Open», a affirmé Borfiga lors d'une entrevue téléphonique avec la Presse canadienne.

«Personnellement, je croyais qu'il fallait qu'elle prenne de l'expérience cette année, car c'est son premier tournoi du Grand Chelem à vie, a précisé Borfiga. Le but, au départ, c'était qu'elle découvre ce que c'est de jouer un Grand Chelem. Finalement, elle a agréablement surpris en gagnant match après match. Elle a fait mieux qu'espéré pour l'instant.»

Selon Borfiga, la principale qualité de Fernandez est sa combativité sur le court.

«C'est déjà une très grande combattante, elle se bat sur tous les points sur le terrain. Déjà, au niveau mental, elle est très forte, très combative. Elle a une énorme envie de jouer. Elle sait pourquoi elle est là. Comme elle est menue physiquement, elle compense en prenant la balle très, très tôt. Elle a un jeu atypique qui fait mal jouer ses adversaires. Elle est surprenante.»

En demi-finale, Fernandez croisera le fer avec l'Américaine Cori Gauff, 16e tête de série, qui a vaincu Eleonora Molinaro, du Luxembourg, 6-2, 7-6 (1).

Tout comme Fernandez, Gauff n'a concédé aucune manche depuis le début de la compétition et a même causé une certaine surprise en défaisant la Chinoise Xinyu Wang, deuxième tête de série, 6-4, 6-4 au troisième tour.

L'histoire dira quel sera le dénouement de cette première sortie de Fernandez en tournois du Grand Chelem. Mais quoi qu'il advienne, Borfiga n'en retirera que du positif.

«On espère la voir aller jusqu'au bout, mais indépendamment de cela, je me projette toujours dans le futur et avec ce que j'ai vu, je pense qu'elle pourra faire une carrière. Et ça, c'est encore plus important que gagner demain ou après-demain. Je crois qu'elle a un potentiel pour faire une carrière.»

À moins d'accidents de parcours ou de blessures, Fernandez sera également présente à Wimbledon et à Flushing Meadows pour les tournois juniors.

Un début de match difficile

Quelques heures après la victoire de Fernandez, Dabrowski et son partenaire Mate Pavic, de la Croatie, se sont inclinés en trois manches de 1-6, 7-6 (5), 8-10 face au tandem composé de Latisha Chan, du Taïpei chinois, et Ivan Dodig, de la Croatie, deuxièmes têtes de série.

Favoris et champions du mixte des Internationaux d'Australie en janvier, Dabrowski et Pavic ont connu un laborieux départ en perdant les quatre premiers jeux du match avant de concéder le set initial en 28 minutes.

La deuxième manche a été nettement plus partagée, bien que Chan et Dodig se soient forgé une avance de 5-1 lors du bris d'égalité. Dabrowski et Pavic n'ont pas baissé les bras, au contraire, gagnant les six points suivants pour forcer la présentation d'une troisième manche. Avec un score de 8-8 lors du super bris d'égalité, Chan et Dodig ont inscrit les deux points suivants pour concrétiser le championnat.

Dabrowski, une athlète de 26 ans originaire d'Ottawa, visait un troisième triomphe en carrière en double mixte en tournois du Grand Chelem et espérait défendre le titre gagné l'an dernier à Roland-Garros avec l'Indien Rohan Bopanna.

HALEP REJOINT STEPHENS EN FINALE

La Roumaine Simona Halep s'est qualifiée pour la finale des Internationaux de tennis de France jeudi après-midi.

Deux fois finaliste à Roland-Garros, incluant l'an dernier, Halep a mérité son billet grâce à une convaincante victoire de 6-1, 6-4 contre l'Espagnole Garbine Muguruza, championne du tournoi en 2016. Halep a mis fin au duel dès sa première balle de match lorsque Muguruza a expédié un coup du revers au-delà de ligne de fond.

«J'ai de nouveau joué l'un de mes meilleurs matchs sur la terre battue», a analysé Halep, qui est venue de l'arrière au deuxième set après avoir concédé un bris de service.

Elle tentera de mettre la main sur un premier titre en Grand Chelem face à l'Américaine Sloane Stephens, qui a vaincu sa compatriote Madison Keys 6-4, 6-4. C'était la première fois depuis 2002 que Roland-Garros était témoin d'une demi-finale tout américaine.

En atteignant la finale - sa quatrième en tournois majeurs et sa troisième à Paris -, Halep s'est assurée de conserver le premier rang mondial. À ses deux premières finales à la porte d'Auteuil, elle s'était inclinée en trois manches face à Maria Sharapova (2014) et Jelena Ostapenko (2017).

«Je vais faire de mon mieux, a-t-elle déclaré à la foule réunie autour du court Philippe-Chatrier. Souhaitons que je sois meilleure que l'an dernier.»

Il s'agit d'une deuxième finale consécutive en tournoi du Grand Chelem pour la Roumaine, qui s'était inclinée devant la Danoise Caroline Wozniacki à Melbourne, en janvier. La finale de samedi sera sa troisième dans les cinq derniers majeurs.

«Je suis heureuse d'obtenir une autre chance».

Tête de série no 10, Stephens n'avait jamais dépassé le quatrième tour sur la terre battue parisienne jusqu'à maintenant. Après avoir raté presque toute l'année 2017 en raison d'une blessure au pied droit qui a nécessité une intervention chirurgicale, l'Américaine ne cesse de grimper au classement et disputera sa deuxième finale en Grand Chelem en neuf mois, après les Internationaux des États-Unis en septembre.

«C'est une autre belle occasion pour moi et j'ai bien hâte.»

Stephens a porté sa fiche à 3-0 contre sa coéquipière en Fed Cup et amie de longue date, qu'elle avait battue à Flushing Meadows.

«C'est toujours difficile d'affronter une joueuse de votre pays et si bonne amie, a déclaré Stephens. J'étais heureuse d'avoir été en mesure de passer par-dessus cela et de jouer du bon tennis.»

Comme Halep, Stephens est une excellente joueuse défensive et elle a laissé Keys commettre des erreurs. Au final, Keys a commis 41 fautes directes, 30 de plus que Stephens.

Muguruza s'est amenée en demi-finales sans avoir perdu une seule manche dans le tournoi. Elle venait aussi d'infliger une raclée à la quintuple championne en Grand Chelem Maria Sharapova en quarts de finale, 6-2, 6-1.

Mais l'Espagnole a mis du temps à se mettre en branle face à Halep, qui a retourné tout ce que Muguruza lui a servi. La Roumaine s'est rapidement forgé une avance de 3-0. Des 14 premiers échanges qu'elle a remportés, 13 ont été le résultat de fautes directes de Muguruza.

C'était 5-0 quand l'Espagnole a finalement enlevé un jeu. Si Halep a été davantage défiée par Muguruza en deuxième manche, elle a tenu, contrairement à l'an dernier: elle menait un set à zéro et 3-0 avant de s'effondrer face à Ostapenko.