Horst Bulau a participé à l’épreuve de saut à ski aux Jeux olympiques de Calgary de 1988.

Une dernière victoire, 35 ans plus tard

Horst Bulau se souvient encore très bien où il se trouvait, le 10 décembre 1983.

La journée de lundi a marqué le 35e anniversaire de sa 13e victoire en carrière sur le circuit de la Coupe du monde de saut à ski à Thunder Bay. Le produit de Camp Fortune avait alors devancé ses rivaux Matti Nykanen et Vegard Opaas, respectivement de la Finlande et de la Norvège.

« Je revois des images... C’est toujours un bon sentiment, avoue-t-il au bout du fil.

«Je m’en rappelle aussi car ce fut malheureusement ma dernière conquête. Je m’attendais à remporter encore quelques épreuves, mais j’ai connu des difficultés par la suite... des hauts et des bas avec mes résultats même si j’ai réussi à concourir encore pendant sept saisons.»

Bulau, qui est maintenant âgé de 56 ans, aura participé quatre fois aux Jeux olympiques. Il était un espoir de médaille en 1984 à Sarajevo, mais il avait terminé 19e au grand tremplin individuel.

Quatre ans plus tard à Calgary, on l’avait retrouvé au septième rang. Ça devait être la fin pour lui, mais le principal intéressé a effectué un retour à la compétition en 1991-1992 afin de prendre part aux Jeux à Albertville.

À ce jour, l’athlète originaire d’Ottawa demeure le sauteur à ski le plus décoré de l’histoire sportive au Canada. À quel point a-t-il marqué cette discipline ? Il a été intronisé dans quatre temples de la renommée au pays.

Sa feuille de route comprend 29 présences sur le podium de la Coupe du monde de même qu’un titre de champion du monde junior en 1979. C’était à l’époque où le saut à ski était populaire et surtout pratiqué au Québec.

«Je me souviens qu’au milieu des années 1980, nous étions 150 à 200 athlètes enregistrés au Canada. Malheureusement, il y a peu de gens maintenant qui gravitent autour de ce sport en Amérique du Nord. C’est très dispendieux de nos jours à aménager des sites d’entraînement.»

Ce n’était pas le cas quand il a commencé dans les années 1970 en Outaouais. Plus précisément à Camp Fortune, un des deux endroits où se pratiquait le saut à ski. On retrouvait aussi un site au lac des Fées.

«J’ai commencé sur de petites pentes. Ce qui m’a aidé, c’est que je participais aussi à des compétitions de ski alpin en même temps jusqu’à l’âge de 13 ans.»

Bulau se trouvait justement dans un centre de ski au moment de l’entrevue. Il était à Mont-Tremblant avec ses trois enfants âgés de 10 à 16 ans pour un camp de perfectionnement.

L’ancien champion se proposait aussi de dévaler une pente ou deux. Ce qui risque de raviver des émotions fortes.

«C’est lorsque je me retrouve par une belle journée sur une piste que je me surprends à rêver, à me replonger dans le passé et revivre les bons moments.»

Ses enfants ont vu leur papa en action sur de vieilles vidéos qui circulent sur le web. Une des séquences disponibles montre Horst Bulau chuter violemment en 1983 à Harrachov, en République tchèque. Son corps a bondi à quatre reprises contre le sol.

Des secondes que le principal intéressé n’a pas oubliées.

«J’avais vraiment été chanceux. J’avais passé la nuit à l’hôpital. Mais je n’avais été victime que d’une commotion cérébrale. Tous mes os étaient restés intacts. Mes épaules n’avaient pas été endommagées.»

Horst Bulau

Ces jours-ci, quand il ne joue pas au chauffeur de taxi pour ses enfants, Bulau vend des véhicules de luxe dans la région de Toronto. Un emploi qu’il occupe depuis 23 ans, note-t-il fièrement.

Et quand il a quelques minutes de temps libre, il prend soin de suivre à distance la carrière de sa nièce, la skieuse alpine Mikaela Tommy, de Wakefield. Cette dernière a notamment terminé 26e au premier slalom géant de la saison en Coupe du monde, à Killington.

«Je n’ai pas eu l’occasion de la voir en action sur place. Mais je regarde des courses via la télévision. Elle a eu une bonne première manche à Killington. J’en parlais justement à ma sœur Gabrielle l’autre jour.

«Je sais que Mikaela doit se rendre en Europe sous peu pour quelques autres étapes de la Coupe du monde.»

Qui sait, peut-être qu’elle imitera son oncle et montera à son tour sur le podium.