Valérie Gernier a enfilé bottines et skis pour une première fois depuis longtemps, quelques jours avant Noël.

Une date que Grenier essaie d’oublier

Valérie Grenier se priverait bien de ce triste anniversaire.

Ça fera un an, jeudi matin, que la skieuse alpine élite de St-Isidore a subi une quadruple fracture à la jambe droite. L’athlète franco-ontarienne avait chuté lors d’une descente d’entraînement aux championnats du monde, le 6 février 2019 à Are, en Suède.

« Je n’y pense pas trop, sauf quand les gens m’en parlent, ou quand je leur montre la vidéo de l’accident », avoue-t-elle.

Son moral se porte bien.

« D’un côté, c’est plate que ça fasse presque un an et je viens tout juste de recommencer à skier. Mais de l’autre côté, c’est encourageant de savoir que je me sens bien enfin physiquement. Il y a du progrès. »

Grenier ne ressent plus aucune douleur. Que ce soit au tibia, au péroné, à la cheville ou même à son genou. « Certains jours, c’est endolori, mais c’est tout. C’est super positif », dit-elle.

La femme de 23 ans a enfilé bottines et skis pour une première fois quelques jours avant Noël. Ses présences sur la neige ont augmenté dans les dernières semaines à Mont-Tremblant.

« Je skie les jeudis et vendredis de même que le samedi ou dimanche avec Stefan. »

Stefan, c’est Stefan Guay. Le frère et coach de l’ancien double champion du monde Erik Guay. Il a pris Grenier sous son aile durant sa convalescence.

« Je suis pas mal chanceuse. Stefan est pilote d’avion. Et quand il ne peut pas être là, Erik s’occupe de moi comme ce fut le cas pendant deux jours la semaine dernière. »

Grenier traîne en ce moment quatre paires de skis différentes avec elle, dont une d’homme pour le slalom.

À Tremblant, elle ne passe pas inaperçue. On l’arrête souvent au bas de la piste ou au chalet.

« Disons que mon manteau de l’équipe nationale flashe pas mal. La plupart des gens me saluent et me demandent comment ça va. »

Grenier espérait initialement rejoindre ses coéquipières en Europe avant la fin de la saison afin de s’entraîner avec elle. Mais l’idée pourrait prendre le bord.

« Je ne vois pas le besoin d’aller là-bas pour l’instant. Ça va bien ici avec Stefan. Les conditions sont bonnes à Tremblant. Et si j’ai besoin d’une piste, on m’a dit que je peux en réserver une. »

Sa nouvelle cible, c’est le mois d’avril. La formation canadienne tiendra alors un camp printanier à Panorama.

« C’est certain que j’aimerais y être. Mais en même temps, je ne veux pas me créer de faux espoirs. Si je dois attendre à l’été pour le camp suivant, ça ne sera pas la fin pour moi. »

En attendant ces retrouvailles, l’ancienne médaillée des championnats du monde juniors prendra un autre bain de foule.

Valérie Grenier se trouvera au Domaine des flocons, site du Bal de neige, jeudi. Ironiquement, ce sera le jour du premier anniversaire de sa blessure. Elle a été recrutée par l’Association des stations de ski du Québec pour le programme Expérience Maneige, qui vise à initier les jeunes de cinq à huit ans au ski et la planche à neige.

Elle va enfiler ses skis avec les écoliers sur place au parc Jacques-Cartier.