Le Français Robin Duvillard (2) a devancé son plus proche poursuivant d’une minute et 43 secondes.
Le Français Robin Duvillard (2) a devancé son plus proche poursuivant d’une minute et 43 secondes.

Un médaillé olympique domine la Gatineau Loppet

Robin Duvillard a fait honneur à son prénom en offrant une performance digne d’un superhéros, dimanche matin, à la Gatineau Loppet.

Le Français âgé de 36 ans a gagné facilement l’épreuve reine de 50 km en style libre, menant pendant plus de la moitié de la course disputée par un temps doux. Il a croisé le fil d’arrivée avec une avance d’une minute et 43 secondes sur son plus proche poursuivant.

«C’est une légende du ski de fond», a rappelé Francis Izquierdo-Bernier en parlant du nouveau champion.

«Il a fini en sixième place à Sotchi au 50 km. On savait qu’il était une coche au-dessus de nous autres.»

Izquierdo-Bernier, qui a terminé deuxième, a très vite pris la mesure de la compétition, en piste, quand Duvillard s’est échappé.

«On a tenté de s’accrocher quand il est parti. Il a accéléré comme s’il restait juste 5 km à la course mais il en restait encore 30 !»

Duvillard a pris sa retraite de l’équipe nationale française le printemps dernier après 15 saisons sur le circuit de la Coupe du monde. Sa dernière course s’était déroulée aux championnats du monde de 2019 où il avait terminé 27e
au 50 km.

Son meilleur résultat en carrière a été le bronze au relais 4 x 10 km des Jeux de Sotchi.

«Participer à la Gatineau Loppet était un de mes objectifs une fois à la retraite. J’étais venu ici en 2016 lors du Ski Tour Canada et je m’étais dit que je voudrais revenir dans le coin», a relaté Duvillard.

Ce dernier a dû prendre congé de sa nouvelle vie de restaurateur et aubergiste afin de passer la semaine en Outaouais. 

Il s’est lancé en affaires avec deux amis biathlètes.

«Ça prend beaucoup de mon temps. J’en parlais justement avec Alex Harvey l’autre jour.»

Ancien champion du monde, Harvey a agi en tant que président d’honneur de la 42e édition de la Loppet. Plus de 2500 skieurs ont participé aux diverses courses lors des deux derniers jours, un sommet depuis une décennie.

Chez les femmes, la victoire au 50 km a été l’affaire de la Québécoise Olivia Bouffard-Nesbitt, qui possédait un coussin de quatre minutes à son arrivée non loin du stade Mont-Bleu. «Très satisfaite», a avoué l’athlète originaire de Morin-Heights.

«C’était la première fois que je prenais le départ d’une course de 50 km. Je suis habituée à des distances de 30 km.»

La Québécoise Olivia Bouffard-Nesbitt a remporté le 50 km.

Cette victoire lui fera surtout du bien au moral. Bouffard-Nesbitt a renoué avec la compétition cet autonome après avoir été victime d’une mononucléose. «J’ai raté toute la saison dernière à cause de ça», a-t-elle souligné.

Fidèle à ses habitudes, la Gatineau Loppet aura offert son lot de belles histoires durant le week-end.

Un exemple ? Dimanche, au 27 km, l’ancien cycliste de l’équipe nationale Derrick St-John a pris le 10e rang. 

Ce qui rend son résultat intéressant ? 

«J’ai commencé à skier avant le temps des Fêtes», a-t-il souligné fièrement de sa nouvelle passion.

«Je demeure juste à côté du parc de la Gatineau. En fait, mon domicile se trouve juste l’autre bord de la rue», a lancé St-John en montrant du doigt le boulevard Cité-des-Jeunes.

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Louise Poirier

POIRIER DEVIENT UNE LÉGENDE

Le premier a gagné quelques titres de champion du monde. L’autre s’implique à titre de bénévole depuis plus de trois décennies.

Le Sentier des légendes a accueilli deux nouveaux membres dans les derniers jours. Alex Harvey et Louise Poirier ont été intronisés dans ce Temple de la renommée de la Gatineau Loppet.

Un moment spécial pour Mme Poirier qui connaît bien la famille Harvey. Elle s’avère une amie des parents d’Alex.

«Comme j’ai dit à Alex, j’ai changé tes couches. Maintenant, je rentre dans le sentier des légendes avec toi», a relaté Poirier en riant.

En compagnie de son ancien conjoint à l’époque, cette dernière avait coaché un jeune Pierre Harvey. «On l’avait amené aux Jeux du Canada», s’est-elle rappelée.

Louise Poirier est tombée amoureuse du ski de fond à l’âge de 24 ans pendant qu’elle étudiait à Québec. Elle se souvient d’avoir pris le départ de la Randonnée de la Rivière-Rouge, l’ancêtre de la Gatineau Loppet, alors qu’elle était enceinte.

Son implication à la Loppet remonte à 1989. Elle a été présidente du conseil d’administration pendant cinq ans. Au fil des hivers, on l’a vu occuper divers rôles. Parfois, on entend sa voix au fil d’arrivée à titre d’annonceuse maison. Ce week-end, elle a dépanné pour la première fois au ravitaillement. 

C’est sans compter que Louise Poirier s’est tapé des courses ici et là durant les trois dernières décennies. «Un bon organisateur doit participer à son événement de temps en temps», a-t-elle fait remarquer à ce sujet. «Quand tu vis au Québec, si tu n’aimes pas l’hiver, tu vas trouver l’hiver long… alors tu décides d’aimer l’hiver. Et un des plus beaux sports pour aimer l’hiver, c’est le ski de fond!»