Le petit Malik a été victime de racisme au sein d’une équipe de hockey mineur. Sa mère, Stéphanie Girard, souhaite que le milieu du hockey dénonce de tels agissements, peu importe le niveau du sport.

Un jeune joueur de hockey noir victime de racisme à Jonquière

« Moi, je ne fais pas de passe à ce noir-là ! C’est un joueur en marde, pis de marde ! »

Même s’il n’a pas encore célébré ses 11 ans, Malik, jeune joueur de hockey de Jonquière, a déjà vécu un épisode de racisme de la part d’un coéquipier. L’événement dont a été victime Jonathan-Ismaël Diaby, joueur des Marquis de Jonquière, a résonné chez la mère du garçon qui souhaite que le racisme soit dénoncé, peu importe le niveau du sport.

Stéphanie Girard en a assez du racisme. Chaque semaine, malgré les interventions, son garçon est comparé à du « caca » à l’école. Il a même été insulté par un joueur d’une de ses équipes de hockey.

« Ça se passe aussi chez les plus petits. Je suis surprise de voir comment les jeunes utilisent les différences pour faire de la peine aux autres. Peut-on évoluer ? Choisir d’autres manières de s’exprimer ? Lorsqu’il y a des chicanes d’enfants, je ne m’en mêle pas. Mais là, c’est trop. Je veux protéger mon enfant, ça me gruge en dedans. J’y pense tous les jours. Je me demande ce que je peux faire pour l’aider. »

La maman souhaite que le racisme soit dénoncé dans le monde du hockey.

« Ce n’est pas uniquement pour la Ligue nord-américaine de hockey et la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Il faut que tout le monde se soutienne. C’est la grande famille du hockey, peu importe le niveau. Je souhaite que le hockey mineur emboîte le pas. Qu’il affirme que le racisme, c’est non, que ce n’est pas toléré. Je suis certaine que la nouvelle organisation de hockey mineur à Saguenay travaille pour le changement. Je sens que les gens veulent aider. Ils ont ce problème à cœur. Mais dans le monde du hockey, c’est difficile. Les enfants sont étiquetés et c’est aussi difficile avec les parents. »

Enseignante, Stéphanie Girard est témoin du racisme et de l’intimidation chez les jeunes. Elle assure toutefois avoir pleine confiance en la direction de l’école de son fils.

« J’ai expliqué les choses à mon fils. Je ne veux pas qu’il devienne une victime, mais je veux qu’il soit conscient que ça existe. Il est plus grand, plus fort et il a une couleur qui n’est pas la même que les autres. La différence est la chose la plus facile à utiliser pour blesser les autres. Lorsque quelqu’un le compare au chocolat, je lui dis que tout le monde aime le chocolat. Mais quand on le traite de caca, c’est dégradant et méchant. »

De son côté, elle a choisi de travailler sur l’estime de soi de son garçon. « Tout ça le blesse. Je travaille à construire son estime de soi. Je lui parle de ses qualités tous les jours, toutes les semaines. Je lui donne des exemples positifs. Je lui dis que son père est fier d’être noir, grand et fort. »

Elle estime qu’une partie de la résolution du problème consiste à valoriser les différences.

« Les enfants plus gros, plus petits, plus foncés ou plus pâles, il faut les rendre fiers de ce qu’ils sont. Leur faire voir la différence comme une bonne chose. »

Évidemment, Malik, qui est en quatrième année du primaire, ne se sent pas bien quand il est la cible d’insultes et de moqueries. Son truc est de demeurer patient. « Dans ce temps-là, je vais jouer avec d’autres amis. Je me calme et s’ils n’arrêtent pas, je les ignore. Moi, je ne me sens pas bien quand je me fais dire des choses comme ça. Je vais le dire et ce sont eux qui ont les conséquences, pas moi. Je dénonce, mais pas toujours. Parfois, je pars. »