Serge Dancos s’entraîne en prévision du gala TKO 48 qui aura lieu vendredi au centre Robert-Guertin de Gatineau.

Un gala TKO à forte saveur gatinoise

La dernière fois que l’organisation québécoise TKO a présenté un gala à Gatineau en 2002, Georges St-Pierre remportait son premier titre chez les pros en arts martiaux mixtes.

Serge Dancos, lui, était un jeune enfant qui venait d’arriver au pays avec sa famille en provenance de la Roumanie. Dix-sept ans plus tard, il montera dans l’octogone afin d’effectuer ses débuts dans les rangs professionnels.

Ça se passera dans sa ville d’adoption, vendredi soir, au centre Robert-Guertin.

Le domicile des Olympiques accueillera le gala TKO 48, qui possédera une saveur nettement locale. Sept combattants gatinois seront en action.

Dancos, qui s’avère un ancien champion amateur chez les 135 livres, fait partie du lot.

« Je suis nerveux », affirme le jeune homme âgé de 21 ans avant d’apporter un bémol.

« C’est quand même normal. Je m’en vais me battre ! »

Ce dernier carbure aux arts martiaux mixtes depuis une décennie. Il a grandi non loin du dojo Patenaude à Templeton.

« À 20 minutes de jogging. Depuis que je suis tout petit que je sais ce que je veux faire... Je veux me rendre dans l’UFC. Vendredi, c’est une première étape importante vers ce but. »

Dancos affrontera un Français. Alexandre Gomes a livré quatre combats jusqu’ici en carrière chez les pros. Il en a gagné deux.

« Je ne suis pas inquiet, même s’il a plus d’expérience que moi. Je suis prêt. »

La fiche de l’espoir gatinois chez les amateurs ? Cinq victoires en autant de sorties.

« Ça s’est fini les cinq fois au premier round, précise Dancos, qui se spécialise en kung-fu. Je dis tout le temps à mes amis de ne pas aller à la toilette ou chercher une bière quand je viens pour me battre. Car j’ai l’habitude de ne pas faire durer ça longtemps ! »

Son coéquipier Isaac Blais ne compte pas non plus veiller trop tard. Son adversaire, Pierre-Olivier Bouffard, de Québec, portait un chapeau de pirate, jeudi, lors de la pesée officielle ! Les deux hommes en seront tous deux à leur deuxième combat chez les pros, ayant gagné à leurs débuts respectifs.

Blais, 22 ans, a aussi été champion amateur dans sa catégorie de poids. Il se souvient encore de son premier combat à l’adolescence. « Dans le gym de mon adversaire à Saint-Jean-sur-Richelieu. J’étais un jeune maigrichon. J’avais gagné par soumission », se souvient-il en riant.

« Serge et Isaac sont deux gros espoirs dans la région », reconnaît Patrick Marcil, qui entraîne la paire au club Arts Martiaux Patenaude. Il dirige aussi les Cédric « Bonbon » Mongeon (2-2-0), Guillaume Poulin (0-1-0), Mathieu Charette (3-1-0) et Nicolas Pedneault (1-2-0) qui se retrouveront tous dans l’octogone vendredi.

Deux autres de ses protégés, Zackery Powell et Julien Leblanc, ont dû déclarer forfait en raison de blessures.

« Il y a beaucoup de talent en Outaouais. Vous allez voir vendredi soir », affirme Isaac Blais. Ses amis et lui ont même fait imprimer des t-shirts ces dernières semaines avec chacun leur visage dessus, moussant leur participation à ce gala.

Le septième combattant gatinois sur la carte de TKO 48 est Vincent Houle, un produit du Centre Évolution. Il effectuera ses débuts chez les pros contre un dénommé Curtis Richard, de Thunder Bay.

Les portes du centre Robert-Guertin ouvriront au public dès 17 h 15. Le premier des 14 combats de la soirée aura lieu dès 17 h 30.

L’événement sera diffusé partout à travers le monde sur UFC Fight Pass. Le Fight Network assurera la couverture télé en sol canadien.

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Casser son adversaire « en quatre morceaux »

Son fiancé bien connu en Outaouais possède deux ceintures de champion. Jade Masson-Wong veut maintenant la sienne.

La femme originaire de Sainte-Foy sera impliquée dans un des trois combats de championnat du monde au gala TKO 48. Elle sera confrontée à Mandy Böhm, une Allemande qui possède une fiche parfaite de 5-0 chez les poids mouches.

« Je me trouve chanceuse de pouvoir déjà me battre pour un titre à mon quatrième combat chez les pros. En plus, c’est la première fois qu’il y a une ceinture féminine à l’enjeu chez TKO. »

Masson-Wong échangera des coups avec Böhm devant son amoureux Marc-André Barriault, ce double champion natif de Gatineau qui a fait le saut récemment dans l’UFC. Ce dernier sera dans les estrades du « Vieux-Bob » afin de l’encourager.

« De le voir gagner ses ceintures chez TKO, c’était inspirant. S’il a été capable de le faire, moi aussi je peux, dit-elle. Nous avons travaillé fort les deux. Nous avons toutefois chacun notre parcours. »

Sa route vers ce combat de championnat n’a pas été facile. « Je ne l’avais pas facile durant mon enfance, rappelle Masson-Wong », qui a notamment dû combattre des problèmes de dépendance.

« De voir que je suis maintenant des règles, que j’ai des objectifs, que je suis capable de tout faire pour les atteindre, ça me rend fière. Je n’aurais jamais pensé devenir athlète professionnelle quand j’étais adolescente. »

Son combat contre Böhm promet. L’animosité entre les deux adversaires était bien présente, jeudi midi, lors de la traditionnelle photo « face-à-face » qui suit la pesée officielle.

Masson-Wong a poussé la note jusqu’à coller son nez contre le visage de la grande Allemande, qui n’a pas apprécié le geste. Puis la Québécoise a promis de « la casser en quatre morceaux » dans l’octogone.

L’affrontement entre les deux femmes va précéder les deux autres combats de la soirée pour des titres.

La demi-finale pour le championnat mondial des poids coqs opposera le Français Taylor Lapilus (14-3-0) au détenteur de la ceinture, l’Américain Nate Maness (10-0-0).

En finale, ce sera un choc de poids lourds entre le Brésilien Roggers Sousa (8-1-0) et le champion Ciryl Gane (2-0-0), de la France.

« C’est seulement la troisième fois que nous présentons trois combats de championnat le même soir durant un gala. Les gens de la région seront gâtés », affirme le promoteur de TKO, Stéphane Patry.