L’Australienne Astra Sharma aura utilisé la toute dernière balle pour vaincre la Mexicaine Victoria Rodriguez au jeu de la ténacité.

Un dernier match marathon au Challenger

Personne n’a été surpris de voir le tout dernier match du Challenger 2018 atteindre la limite de trois manches.

« Nous n’avons jamais eu autant de matches de trois manches dans un seul tournoi. À un certain moment, nous avons même cru que nous allions manquer de balles », s’exclamait Mathieu Toupin en dressant le bilan de son événement, dimanche.

L’Australienne Astra Sharma aura utilisé la toute dernière balle pour vaincre la Mexicaine Victoria Rodriguez au jeu de la ténacité.

Plus précise, plus souvent et plus longtemps, elle a gagné la finale du simple féminin 3-6, 6-4 et 6-3.

« Je savais, en mettant le pied sur le court aujourd’hui, que je devrais me montrer patiente », a déclaré la gagnante.

Ceux qui ont passé le dimanche au grand complet au parc de l’Île ont peut-être trouvé la journée longue.

Personne n’a trouvé la journée aussi longue que Susan, la maman et fan numéro un d’Astra.

« Je viens de recevoir son texto. Elle est restée debout jusqu’à la fin de mon match ! Elle a tout vu sur Internet. Il doit être trois ou quatre heures du matin, en ce moment, en Australie... »

Ça non plus, ce n’est pas trop étonnant.

Il y a cinq ans, la jeune femme a choisi de partir au bout du monde pour accepter une bourse d’études aux États-Unis. À l’Université Vanderbilt, au Tennessee, on lui offrait l’opportunité d’obtenir une éducation de haute qualité tout en se greffant à un programme de tennis très compétitif.

À l’époque, la jeune femme ne savait pas nécessairement où se diriger. Elle jonglait entre autres avec la possibilité d’accrocher sa raquette pour pratiquer la médecine.

Tout au long des cinq années, maman Susan s’est souvent couché très tard ou levé très tôt pour suivre des matches de tennis en ligne.

« Il lui arrivait de manquer de sommeil et d’être fatiguée. C’est généralement mon père qui me le disait. Ma mère est une femme assez exceptionnelle. »

Succès
Il a quand même valu la peine de sacrifier quelques heures de sommeil pour suivre le parcours d’Astra Sharma chez les Commodores de Vanderbilt. Elle a remporté un championnat national en équipe. Elle a participé au « Final Four » à deux occasions. Sur le plan individuel, elle a remporté le titre de joueuse par excellence de la Southeast Conference (SEC). Elle s’est retrouvée au sein de l’équipe d’étoiles « All-American » à trois occasions.

Cette impressionnante récolte a d’ailleurs poussé l’entraîneur Geoff Macdonald à dire qu’elle fait partie des meilleurs athlètes de l’histoire de cette université. Et il doit savoir de quoi il parle. Il dirige le programme féminin de tennis au sein de cette institution depuis bientôt un quart de siècle !

« Il suit lui aussi mes matches sur Internet », rigole Astra.

« Ça fait du bien de sentir tout ce soutien, dans différentes régions du monde. »

Tout ce succès et tout ce soutien ont convaincu la jeune femme de 22 ans de mettre de côté ses aspirations scientifiques. Elle va d’abord tenter sa chance à titre d’athlète professionnelle.

Relativement méconnue, elle occupait le 320e rang mondial quand elle s’est pointée à Gatineau. Sa victoire lui rapportera près de 4000 $ US.

« Je me suis fixé quelques objectifs précis pour les prochaines années, mais il est encore tôt. Pour l’instant, je veux surtout m’amuser et apprécier la vie en tournée. »

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DEUX CANADIENNES GAGNENT EN DOUBLE

Bianca Andreescu ne peut pas repartir à Gatineau sans emporter un trophée tout neuf dans ses valises.

La jeune femme, qui était jusqu’à tout récemment considérée comme l’étoile montante du tennis féminin canadien, a remporté la finale du double au Challenger de Gatineau.

Le duo 100 % canadien qu’elle formait avec Carson Branstine a vaincu Chieh-Yu Hsu et Marcela Zacariass. Au terme d’un super jeu décisif, elles l’ont emporté 4-6, 6-2 et 10-4, samedi.

« Nous sommes tellement contentes d’avoir gagné ici. Nous adorons jouer ensemble et nous sommes heureuses de conquérir notre premier trophée en tant qu’équipe », a déclaré Andreescu après la partie.

Cette victoire lui a permis de compléter en beauté une semaine qui n’avait pas très bien débuté. En simple, elle a subi l’élimination très tôt, s’inclinant lundi soir face à la 323e raquette mondiale.

Chez les hommes, un autre chouchou du public gatinois avait la chance de signer une victoire en double. Peter Polansky n’a pas eu autant de chance. Son partenaire Darian King et lui ont été battus par les Américains Robert Galloway et Bradley Klahn, 7-6, 4-6 et 10-8. Sylvain St-Laurent, LeDroit