Vincent Viau fait partie des plus beaux espoirs dans les rangs universitaires canadiens en vue du repêchage de la LCF en 2020.

Un autre ancien des Griffons au Défi Est-Ouest

À un certain moment, un entraîneur des Lions de la Colombie-Britannique le zieutait. Quelques minutes plus tard, ce fut au tour d’un dirigeant des Alouettes de Montréal, puis des Tiger-Cats de Hamilton.

Ça ne dérangeait pas Vincent Viau, un des deux joueurs locaux francophones qui participent au Défi Est-Ouest à Ottawa. Plus de 80 des plus beaux espoirs dans les rangs universitaires canadiens en vue du repêchage de la LCF en 2020 passeront les quatre prochains jours au parc MNP, domicile des Ravens de Carleton.

« Je vais être honnête. J’essaie de ne pas trop penser aux gens qui regardent. J’essaie juste de faire ma petite affaire, un jeu à la fois... une verge à la fois, a soutenu Viau, un joueur de ligne défensive qui évolue depuis trois ans chez les Ravens.

«J’aime mieux rester terre à terre. Si tu commences à penser à tout ça, la tête peut commencer à t’enfler.»

Son invitation au Défi est arrivée sur le tard. Des désistements ont ouvert la porte à sa participation.

Ils étaient cinq joueurs des Ravens sur le terrain, mardi après-midi, lors de la première de quatre séances d’entraînement cette semaine. Le tout culminera samedi avec une partie.

«Je suis ici pour apprendre des meilleurs. Puis c’est une opportunité de jouer au football une dernière fois avant le début de l’été», a affirmé Viau, un ailier défensif qui fait 6’3’’ et 240 livres. Il était auparavant un secondeur avant d’être muté à cette position avant la dernière saison universitaire.

«J’aime bien ça, même si j’ai plusieurs croûtes encore à manger», a-t-il expliqué.

Au Défi Est-Ouest, l’ancien joueur des Griffons du Cégep de l’Outaouais se mesure à des colosses lors des batailles un contre un.

«Notre ligne offensive à Carleton est jeune et ne s’avère pas aussi imposante. Ici, la majorité des gars pèsent plus de 300 livres. Je me rends compte que mon 240 livres n’est pas trop pesant», a lancé Vincent Viau en riant.

Ce qui rend l’expérience encore plus savoureuse pour le jeune homme âgé de 23 ans ? Un de ses bons amis, Joshua Walsh, se trouve aussi sur le terrain.

Ça fait six ans que la paire joue ensemble.

«Trois ans chez les Griffons. Il est la raison pour laquelle je suis venu par la suite à Carleton», a précisé Viau, qui avait participé au match du Bol d’or en 2015.

Ce dernier compte savourer chaque journée au Défi. Et pas question de se laisser emporter ou même de rêver à une carrière chez les pros ou des emplois qui peuvent l’attendre une fois ses études en criminologie terminées.

«Peut-être policier dans la GRC. Encore là, j’essaie de ne pas trop y penser», a-t-il affirmé en tenant son casque de football.

Un casque aux couleurs noires des Ravens. Des autocollants de deux autres équipes, les Dinos de Calgary et les Axemens d’Acadia, y avaient été apposés.

«C’est une tradition du Défi Est-Ouest. Les joueurs s’échangent des autocollants.»

L’équipe de l’Est dont il fait partie regroupe des espoirs notamment du Rouge et Or de l’université Laval, des Carabins de Montréal, du Vert et Or de Sherbrooke et des Gee Gees d’Ottawa. Elle est dirigée par Glen Constantin, cet ancien secondeur des Gee Gees qui est l’architecte du Rouge et Or depuis 2001.

Le botté d’envoi de la partie entre l’Est et l’Ouest sera effectué samedi sous le coup de 12 h 30. Le prix des billets varie entre 10 et 15 $.

Les gradins du parc MNP peuvent asseoir 3000 personnes.

Le coordonnateur défensif des Ravens, Paul-Eddy Saint-Vilien

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Pruneau épaule son ami Paul-Eddy

On connait ses talents de joueur de football et de vedette de publicités à la radio locale. Mais Antoine Pruneau serait aussi un excellent pédagogue. Un de ses amis le croit même capable de devenir entraîneur.

Le maraudeur du Rouge et Noir participe au Défi Est-Ouest en tant qu’entraîneur invité. « Je donne un coup de main aux demis défensifs », dit le vétéran québécois. Puis il montre du doigt un homme qui porte un chandail rouge. « C’est mon grand chum », précise-t-il.

Le type en question c’est Paul-Eddy Saint-Vilien. Il est le coordonnateur défensif de l’équipe de l’Est. L’ancien joueur occupe les mêmes fonctions depuis deux saisons chez les Ravens de Carleton.

« Paul passe une soirée par semaine chez moi depuis qu’il est à Ottawa », souligne Pruneau en riant.

Les deux hommes se connaissent depuis le passage du  numéro 6 chez les Carabins de l’Université de Montréal.

Qui était un des entraîneurs en défensive à l’époque ? Saint-Vilien.

« Je l’ai coaché pendant deux ans. Par la suite, nous sommes restés proches. Quand Antoine revenait à Montréal, je l’aidais avec son entraînement. Il a une passion pour le football et le coaching. Partout où je vais, je l’amène avec moi. Il y a deux ans, il était notre invité d’honneur chez Team Canada. Il avait parlé aux joueurs. »

L’homme de 41 ans n’a pas hésité à lui demander de venir inspirer les espoirs cette semaine au Défi Est-Ouest.

« C’est la star du football dans le coin ici, affirme-t-il de la coqueluche des partisans du Rouge et Noir.

«Mais c’est surtout mon ami. Je me dis que ça peut être bon pour lui d’être ici. Il est un excellent pédagogue. Après sa carrière de joueur, il va falloir qu’il y pense d’être entraîneur !»

Saint-Vilien, lui, possède encore le gabarit d’un joueur de football. «J’essaie de me maintenir en forme», souligne-t-il en riant.

Ce dernier avait délaissé son poste chez les Carabins en mars 2018 afin de se joindre aux Ravens. Il se plaît dans son nouvel environnement à Carleton.

«C’est une expérience extraordinaire. L’entraîneur-chef Steve Sumarah s’occupe bien de moi. Les infrastructures ici sont aussi parmi le top-5 au pays.»