La gardienne de but franco-ontarienne, Jessica Gaudreault, d’Ottawa, en action lors des championnats du monde de water-polo féminin en 2019 à Gwangju.
La gardienne de but franco-ontarienne, Jessica Gaudreault, d’Ottawa, en action lors des championnats du monde de water-polo féminin en 2019 à Gwangju.

Sherbrooke au lieu de Tokyo pour Équipe Canada

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
Le fait saillant de son été devait se dérouler dans la piscine olympique à Tokyo. À tenter d’aider le Canada à monter sur le podium en water-polo féminin.

Tout ça devant des estrades bondées de spectateurs.

À la place, Jessica Gaudreault se retrouve ces jours-ci dans une piscine et un gymnase en Estrie. Plus précisément au centre sportif La Ruche et l’Université de Sherbrooke.

Personne ne se trouve sur le bord de l’eau pour applaudir ses 16 coéquipières et elle.

Il n’y a pas de matches contre les Américaines, Espagnoles, Russes ou Australiennes.

Il s’agit plutôt d’un camp d’entraînement de l’équipe nationale féminine.

La première fois que ses membres sont réunies depuis le mois de mars. Depuis que la COVID-19 a tout stoppé. Depuis que les Jeux olympiques ont été reportés à 2021.

«Ça fait cinq mois que les joueuses ne s’étaient pas vues dans l’eau. C’est le fun de se retrouver ensemble, a souligné Gaudreault après une des premières séances d’entraînement.

«Il faut demeurer positif malgré la situation», ajoute-t-elle.

La gardienne franco-ontarienne fait partie du groupe d’athlètes qui avait mal encaissé le report des Jeux. Pas qu’elle ne comprenait pas les raisons qui ont motivé la décision du Comité international olympique (CIO).

«Je ressentais diverses émotions. C’est difficile de patienter une autre année. J’attendais ce moment-là depuis que je suis toute jeune, a soutenu Gaudreault.

«Mais d’un autre côté, je me dis que c’est une opportunité pour l’équipe d’améliorer certains aspects de notre jeu qui n’étaient pas encore parfaits. J’essaie maintenant de mettre l’accent là-dessus.»

Gaudreault a commencé à pratiquer le water-polo à l’âge de 13 ans chez les Titans d’Ottawa. Puis elle est passée chez le Capital Wave.

Au fil des ans, elle a été nommée gardienne par excellence de la Super finale de la Ligue mondiale, en 2017, lorsque le Canada a terminé deuxième. Il y a eu aussi son brio dans la NCAA chez les Hoosiers de l’Université de l’Indiana.

Jessica Gaudreault avait aidé aussi le Canada à terminer quatrième aux championnats du monde. Ses coéquipières et elle étaient déjà qualifiées en vue des Jeux olympiques avant l’arrêt des compétitions de la FINA au début du printemps.

Un camp d’entraînement était notamment prévu en Hongrie pour l’équipe canadienne lorsque la pandémie a commencé à faire des ravages en Europe puis en Amérique du Nord.


« C’est plaisant de me retrouver dans un environnement familier. »
Jessica Gaudreault

Gaudreault a passé le confinement chez ses parents à Ottawa. Ces derniers lui ont acheté un vélo stationnaire.

«Puis quand il a commencé à faire beau, j’ai commencé à courir dehors. J’ai aussi été chanceuse. J’ai des amies avec lesquelles je jouais au water-polo lorsque j’étais plus jeune qui ont des piscines dans leur cour-arrière. Elles me donnaient accès à ça, même si ce n’était pas immense. J’étais limitée à faire des exercices pour mes jambes.

«Je prenais le vélo pour me rendre chez elles», a-t-elle ajouté.

Gaudreault avait pu recommencer à s’entraîner dans une piscine municipale d’Ottawa, il y a trois semaines, avec son ancienne équipe.

«Le moral est élevé ici en ce moment. Tu ressens une belle énergie positive autour de nous», a-t-elle dit du camp d’entraînement de deux semaines à Sherbrooke.

«Les installations sont excellentes. Nous sommes très heureuses avec l’espace que nous avons. Puis mes grands-parents habitent à Sherbrooke. Quand j’étais enfant, je passais mes étés ici. Donc c’est plaisant de me retrouver dans un environnement familier.»

L’équipe canadienne compte six joueuses québécoises dans ses rangs en Krystina Alogbo, Amanda Amorosa, Joëlle Bekhazi, Axelle Crevier, Élyse Lemay-Lavoie et Clara Vulpisi.