Denis Shapovalov (photo) s'est bien battu pendant 3h42, mais c'est le Sud-Africain Kevin Anderson, cinquième favori, qui est sorti gagnant de l'affrontement.

Shapovalov plie en cinq sets, duel de sœurs à sens unique

NEW YORK — Le parcours de Denis Shapovalov a pris fin vendredi au troisième tour aux Internationaux des États-Unis, alors que la sensation canadienne a perdu 4-6, 6-3, 6-4, 4-6, 6-4 face au Sud-Africain Kevin Anderson.

Shapovalov, de Richmond Hill, en Ontario, s’était rendu au quatrième tour à New York l’an dernier, battant notamment le Français Jo-Wilfried Tsonga en cours de route. Pour sa part, Anderson, cinquième tête de série, avait atteint la finale avant de baisser pavillon face à Rafael Nadal. Anderson, qui l’a emporté en 3h42 vendredi, a également atteint la grande finale à Wimbledon en juillet.

Si Shapovalov n’a pas caché ses émotions sur le terrain — agitant le poing, criant après avoir gagné des échanges importants ou agitant la raquette après en avoir perdu un — l’expérience d’Anderson a semblé faire la différence.

«C’est un point ici et là. C’était un match serré et j’ai eu mes chances pour briser son service et de revenir dans le match, mais je n’en ai pas profité, a noté Shapovalov. Il a réussi de bons services dans les moments importants, a joué comme un grand champion.

«Nous sommes tous les deux contents de notre jeu. C’était un grand match, mais je suis bien sûr déçu d’avoir perdu, même s’il y a beaucoup d’éléments positifs à retenir.»

Shapovalov a démontré l’étendue de son talent, particulièrement en quatrième manche, quand la foule s’est levée pour l’encourager et qu’il a brisé le service d’Anderson lors du jeu décisif.

L’Ontarien a été victime d’un bris de service tôt dans la manche ultime, lançant sa raquette pour évacuer de la frustration après avoir vu sa volée atteindre le filet. Il a sauvé quatre balles de match avant de rendre les armes.

«J’ai l’impression d’être un joueur différent de l’an dernier, a mentionné Shapovalov quand on lui a demandé de comparer son aventure new-yorkaise. Je crois avoir amélioré mon jeu et ma force mentale.

«Je sais que je mérite ma place sur le terrain, que je peux rivaliser avec quiconque, comme je l’ai prouvé aujourd’hui. Je crois que mon jeu est à un autre niveau.»

Raonic l'emporte

Milos Raonic a obtenu son billet pour le quatrième tour grâce à une performance efficace contre Wawrinka. Le puissant serveur canadien a réussi 43 coups gagnants, dont 14 as, contre seulement 27 fautes directes, pour vaincre son adversaire au compte de 7-6 (6), 6-4, 6-3, en deux heures et neuf minutes.

De son côté, Wawrinka a réussi 29 coups gagnants, dont six as, et commis 28 fautes directes.

Raonic a accordé une seule balle de bris à son rival, qu’il a sauvée, et a gagné 87 % des points disputés sur sa première balle.

En ronde des 16, Raonic croisera le fer avec l’Américain John Isner, qui a réussi 34 as dans une victoire de 7-6 (8), 6-7 (6), 6-3, 7-5 contre le Serbe Dusan Lajovic.

C’est la quatrième fois de sa carrière que Raonic atteint le quatrième tour, mais il n’a jamais franchi cette étape.

Rude bagarre pour Nadal 

Il n’y a pas qu’Anderson et Shapovalov qui ont dû travailler fort, vendredi : Rafael Nadal est venu à un jeu d’être mené deux sets à zéro, puis à un point de devoir disputer un cinquième set face au Russe Karen Khachanov, qu’il a finalement vaincu 5-7, 7-5, 7-6 (7), 7-6 (3).

Le champion défendant sortant est d’abord passé à un jeu de se retrouver mené deux sets à zéro, quand le Russe de 22 ans a servi pour la deuxième manche, à 5-4. Mais après une douzaine de minutes d’interruption, le temps de fermer le toit du court Arthur-Ashe, pluie oblige, il a arraché ce set et s’est au passage relancé dans la partie. Il a ensuite viré en tête, deux manches à une, au bout d’un bris d’égalité haletant.

Derniers rebondissements de ce match marathon indécis et spectaculaire : Nadal a écarté une balle qui aurait porté le match à deux sets partout. Tout ça lui a demandé 4h23 d’efforts.

«C’était un match éprouvant physiquement et mentalement. J’ai traversé des situations très difficiles», a reconnu le Majorquin, qui sera opposé au Géorgien Nikoloz Basilashvili (37e) pour une place en quarts de finale.

Dans quel état physique? Des images de son avant-match dans les coulisses du Stade Arthur-Ashe le montrent sautiller et plier la jambe droite en grimaçant. Il a aussi donné la sensation de boiter au bout d’un échange lors du bris d’égalité du troisième set.

Mais Nadal, sans entrer dans les détails, s’est voulu rassurant : «J’ai seulement demandé qu’ils me mettent le bandage pour être mieux tenu. J’ai le sentiment que je serai à 100 % pour mon prochain match.»

+

L’ARBITRE EST ALLÉ TROP LOIN

La scène avait marqué la journée de jeudi : l’arbitre Mohamed Lahyani descendant de sa chaise en plein match pour s’adresser en tête-à-tête à Nick Kyrgios lors du deuxième tour de l’Australien, 30e tête de série, face au Français Pierre-Hugues Herbert.

Kyrgios était alors mené d’un set et d’un bris (6-4, 3-0). Quelques jeux plus tard, l’Australien de 23 ans se réveillait et finissait par remporter la seconde manche au bris d’égalité. Puis il empochait les deux manches suivantes pour s’imposer en quatre sets face au 75e joueur mondial et s’offrir un match de gala face à Roger Federer pour une place en huitièmes de finale.

Lahyani «a outrepassé le protocole», a établi le tournoi, 24 heures plus tard. Mais il va continuer à arbitrer pendant la quinzaine et a seulement été rappelé à l’ordre. «Il a été demandé à Lahyani de respecter les protocoles établis dans tous les matchs dans lesquels il va officier à l’avenir», écrit le tournoi.

Vendredi, l’arbitre suédois était sur la chaise pour un match du deuxième tour du double messieurs sur le court numéro 13.

+

Venus Williams félicite sa petite sœur Serena après avoir perdu en deux courts sets, vendredi, aux Internationaux des États-Unis.

SERENA WILLIAMS SANS PITIÉ POUR SA GRANDE SŒUR

Le choc 100 % Williams a tourné court. Serena a écrasé sa sœur aînée Venus en deux sets (6-1, 6-2) dans un match de troisième tour qui a duré à peine plus d’une heure, vendredi aux Internationaux des États-Unis. Il s’agissait d’un 30e affrontement entre les deux Américaines, 20 ans après leur tout premier face-à-face — une victoire de Venus — au deuxième tour des Internationaux d’Australie.

En tout début de match de vendredi, Serena a semé l’inquiétude quand elle s’est tordu la cheville droite dans le deuxième jeu. Fausse alerte toutefois. Avec un bandage à la cheville, la cadette (36 ans) a ensuite filé sans ennui vers la victoire sur sa sœur de 38 ans.

«Ce n’était pas facile, c’est ma meilleure amie, on se soutient mutuellement. Chaque fois qu’elle perd, j’ai l’impression de perdre», a réagi Serena, qui a estimé avoir joué son meilleur match depuis son retour à la compétition en mars.

Un an après avoir donné naissance à sa fille Olympia, Serena (26e mondiale, mais 17e tête de série) est en quête à Flushing Meadows d’une 24e couronne en Grand Chelem qui lui permettrait d’égaler le record absolu de Margaret Court. Au quatrième tour, la sextuple lauréate des Internationaux des Étata-Unis affrontera l’Estonienne Kaia Kanepi (44e), tombeuse de la première joueuse mondiale Simona Halep au premier tour et quart de finaliste à New York l’an dernier.

«Complètement fou!›

Le duel des Williams était évidemment l’affiche de la journée. À peine qualifiée pour les huitièmes de finale grâce à une victoire en deux sets (6-4, 6-3) contre Victoria Azarenka, leur compatriote Sloane Stephens en salivait d’avance. «Qu’elles se jouent pour la 30e fois, c’est complètement fou! Je ne sais pas comment elles font. Si je devais jouer contre ma sœur, je ne sais pas comment je ferais...»

En 20 ans, Serena et Venus ont chacune connu leur lot de difficultés mais ont, surtout, écrit des chapitres entiers de l’histoire du tennis. Leur rivalité a culminé quand elles ont monopolisé cinq finales en Grand Chelem d’affilée, de Roland-Garros 2002 à Wimbledon 2003, toutes remportées par la cadette.

Au bilan de ses confrontations avec Venus, Serena mène 18 victoires à 12 et 10 à 5 en Grand Chelem. Avant le choc de vendredi, l’aînée était sortie victorieuse de leur dernière rencontre, en mars à Indian Wells (6-3, 6-4, au troisième tour). Les conditions étaient particulières : Serena faisait son retour sur le circuit, six mois après sa maternité.