Serena Williams n’est plus que 26e au classement de la WTA, mais elle a une bonne excuse : elle a passé la plus grande partie de 2017 à préparer la naissance de son premier enfant, la petite Alexis Olympia, au terme d’une grossesse compliquée.

Serena Williams au creux de la vague

LOS ANGELES — L’Américaine Serena Williams, finaliste du dernier Wimbledon mais éliminée sèchement au premier tour mardi à San José, vit une période délicate de sa carrière de joueuse et de sa vie de mère de famille.

« J’ai tellement de choses à gérer que je n’ai pas le temps de m’appesantir sur cette défaite, d’autant que je n’étais clairement pas à mon meilleur niveau », a-t-elle confié après avoir été battue par la Britannique Johanna Konta (48e), en deux sets secs, 6-1, 6-0.

L’Américaine aux 23 titres du Grand Chelem, qui court toujours après le record de Margaret Court (24) a encaissé 12 jeux de suite, balayée en 51 minutes chrono. Jamais depuis ses débuts en 1995, Serena n’avait marqué moins de deux jeux lors d’un match.

Trois fois victorieuse à San José (2011, 2012, 2014), Serena n’avait jamais perdu contre Konta, qu’elle avait battue 6-2 6-3 en quart de finale de l’Open d’Australie, début 2017. « Elle a mieux joué qu’il y a 18 mois, tant mieux pour elle », a-t-elle ajouté, fair-play.

À bientôt 37 ans, en septembre, et à moins d’un mois de l’US Open (27 août-9 septembre), la cadette des sœurs Williams n’avait plus joué en match officiel depuis sa finale perdue le 14 juillet, sur le gazon londonien, contre l’Allemande Angélique Kerber (6-3, 6-3).

Serena n’est plus que 26e au classement de la WTA, mais elle a une bonne excuse : elle a passé la plus grande partie de 2017 à préparer la naissance de son premier enfant, la petite Alexis Olympia, au terme d’une grossesse compliquée. Et elle a bien failli mourir.

« Je suis discriminée »
« Tout a mal tourné », disait-elle en janvier au magazine Vogue : des caillots de sang dans les poumons, alors qu’elle avait été hospitalisée pour une embolie pulmonaire en 2011, cicatrice de césarienne rouverte à cause de fortes quintes de toux, hématome à l’abdomen...

La grande star du tennis féminin a dû rester alitée durant six semaines, après une opération risquée : « Quand elle est partie pour le bloc opératoire, je l’ai embrassée, je lui ai dit au revoir. Mais je ne savais pas si elle allait revenir (en vie) », a révélé son mari, Alexis Ohanian, le fondateur du site communautaire Reddit.

La convalescence fut plus compliquée que prévue et le retour, retardé de janvier à mars, s’était révélé lui aussi complexe à Indian Wells et Miami (2 défaites, 2 victoires).

Comme si cela ne suffisait pas, l’Américaine s’estime « discriminée » par les autorités antidopage. Elle se dit même « choquée » car elle juge qu’on la contrôle « plus souvent que les autres joueuses ». Et elle le prouve : cinq tests en juin, affirme Serena, contre zéro ou un pour d’autres joueuses majeures.

« Ca y est, c’est encore à moi d’être testée au hasard. C’est comme si on ne testait que Serena », a-t-elle tweeté fin juillet, dix jours après la finale de Wimbledon. En ajoutant avec humour : « L’avantage, c’est que je montre que ce sport reste propre. #StayPositive ».

Pour continuer à penser positif, l’Américaine peut s’appuyer sur le reste de son palmarès : 72 tournois remportés, plus de 86 millions de dollars US de prix encaissés, sans compter les contrats publicitaires.

A New York, à partir de fin août, la Floridienne tentera une nouvelle fois d’égaler le record de titres majeurs (24) de l’Australienne Margaret Court, la championne légendaire des années 60-70. Elle en est capable.