Après les blessures et la maladie cette année, la forçant à ne disputer que 12 matchs jusqu’à la semaine dernière, Serena Williams est de retour en demi-finales à Wimbledon pour la 12e fois.

Serena à l’arraché vers la demi-finale

LONDRES — Serena Williams, diminuée par une cheville récalcitrante et tirant de l’arrière par un bris à la troisième manche de son quart de finale à Wimbledon, semblait dans l’embarras face à une adversaire disputant le tournoi de sa vie.

Williams était certes en difficulté. Mais vaincue? Certainement pas! Et maintenant, elle n’est plus qu’à deux victoires de ce 24e titre du grand chelem qui lui a quasiment échappé.

L’Américaine a élevé son niveau d’un cran en fin de match pour remporter les trois derniers jeux, ce qui lui a permis de confirmer sa place dans le carré d’as à l’aide de son 19e as — à 195 km/h — pour signer une victoire en trois manches de 6-4, 4-6, 6-3 aux dépens d’Alison Riske.

«J’ai dû m’accrocher et donner mon 100 %, a reconnu Williams, septuple championne sur le gazon anglais. Elle a tout donné.»

Riske, une athlète de 29 ans originaire de Pittsburgh, disputait son premier quart de finale d’un tournoi majeur. Williams en était à son 51e.

Cela a sans doute fait toute la différence. Car Williams, qui possède un riche historique dans ces situations, sait ce qu’il faut pour réussir lors des confrontations les plus serrées sur les plus grandes scènes.

«J’ai certainement pensé que j’avais peut-être ma chance, mais Serena a vraiment haussé son niveau, comme seule une championne sait le faire, a analysé Riske. C’était vraiment très intéressant pour moi d’être de l’autre côté du filet, parce que je la voyais hausser le niveau de son jeu et son intensité, a-t-elle poursuivi avec le sourire. Oui, j’espère qu’elle remporte le titre maintenant.»

Le prochain match de Williams, âgée de 37 ans, sera contre la Tchèque Barbora Strycova, classée 54e, qui a atteint sa première demi-finale du grand chelem à 33 ans avec un gain de 7-6 (5), 6-1 face à la Britannique Johanna Konta, no 19. L’autre demi-finale jeudi opposera la Roumaine Simona Halep, 7e tête de série, à l’Ukrainienne Elina Svitolina, no 8.

Halep, une ancienne no 1 mondiale qui a remporté Roland-Garros en 2018, a poursuivi son parcours après avoir éliminé la veille la jeune sensation Cori Gauff, 15 ans seulement, en battant la Chinoise Zhang Shuai 7-6 (4), 6-1. Svitolina en sera à une première demi-finale d’un tournoi majeur après avoir battu la Tchèque Karolina Muchova 7-5, 6-4.

Succès inégalés

Ce type d’enjeux et ce genre de contexte sont si inhabituels pour Riske qu’elle s’est dirigée par erreur vers sa chaise en pensant que le cinquième jeu du match était terminé alors que le score n’était que de 40-15.

Les spectateurs ont ri en poussant de petits cris; elle a souri et a repris sa place sur la ligne de fond.

Et même si Williams a été loin d’être parfaite, elle s’en est bien sortie, aidée par son meilleur jeu au service et les erreurs de Riske. Plus surprenant, Riske a commis cinq doubles fautes à la dernière manche, en partie en tentant de trop en faire contre les superbes retours de Williams.

«Ce n’est un secret pour personne que Serena a un service extraordinaire. Mais elle est également incroyable en retour, a confié Riske. Je n’ai jamais joué contre quelqu’un qui effectue des retours comme elle. Cela a mis beaucoup de pression sur mon service.»

Riske a très bien joué pendant la majeure partie de l’après-midi, tout comme elle l’avait fait en compilant un dossier de 14-1 sur gazon en 2019 jusqu’à mardi.

Elle a gagné deux des quatre premiers jeux sur le service de Williams et a terminé avec cinq bris en autant d’occasions. Ses coups droits profonds et à plat des deux côtés ont contrarié Williams à plusieurs reprises. Jusqu’à ce que Riske faiblisse en fin de match — ce qui était compréhensible puisqu’elle est devenue la première femme de l’histoire à Wimbledon à jouer cinq matchs d’affilée nécessitant trois manches en début de tournoi.

Cheville endolorie

Williams avait un bandage sur sa cheville droite et ses mouvements étaient loin d’être optimaux. À la fin de la deuxième manche, elle a reçu la visite d’un soigneur, qui a appliqué du ruban adhésif supplémentaire à sa cheville. C’était lors d’une séquence où Riske, qui se parlait entre les points, a gagné quatre jeux de suite pour enlever la deuxième manche et mener la troisième par un bris à 1-0.

«J’ai pensé que j’étais très proche», a convenu Riske.

Pas suffisamment. Car Williams n’allait pas jeter la serviette. Elle a gagné un jeu à zéro pour prendre les devants 4-3, puis est arrivé le jeu clé. Riske a sauvé trois balles de bris et elle était à un point de créer l’égalité 4-4 lorsque Williams a glissé le long de la ligne de fond.

Williams est d’abord revenue à égalité en recourant à un amorti pour préparer une volée gagnante. Puis, elle s’est offert une autre balle de bris à l’issue d’un échange passionnant de 10 coups, y allant d’un amorti pour faire avancer Riske avant de frapper une volée gagnante. Williams a levé les bras. Dans les gradins, son mari a bondi de son siège, a pointé son index vers elle et a poussé un cri.

Sur le point suivant, Riske a commis une double faute, offrant le dernier bris dont Williams avait besoin.

Williams a dû composer avec les blessures et la maladie cette année, ne disputant que 12 matchs jusqu’à la semaine dernière. Et la revoilà de retour en demi-finales à Wimbledon pour la 12e fois. «C’est quelque chose, a noté Riske. Notre sport n’a jamais vu ça auparavant.»