Khaléann Caron-Goudreau a inscrit 17 points, dont 10 uniquement au troisième quart, lors du match contre les Pandas de l’Alberta, jeudi soir.

Rouge et Or: victoire à saveur gatinoise au «Final 8»

Le dernier match qu’elle avait disputé dans son patelin remontait en... 2011. Khaléann Caron-Goudreau était alors en troisième secondaire à la polyvalente Nicolas-Gatineau.

C’était avant que sa carrière sur le bois franc prenne son envol. Avant que l’étudiante-athlète prenne la direction notamment des États-Unis avec sa jumelle Audrey-Ann. D’abord dans une école secondaire privée en Floride, puis dans la NCAA à Vanderbilt et l’Université du Texas, à Austin.

Une brillante carrière qui tire à sa fin.

De retour au Canada depuis deux hivers, Caron-Goudreau dispute ces jours-ci ses derniers matches de basket à l’occasion des championnats canadiens universitaires à l’aréna de la Place TD.

Un tournoi qui a commencé avec un point d’exclamation pour ses coéquipières et elle du Rouge et Or de l’Université Laval.

Les championnes du Québec ont gagné 59-52 contre les Pandas de l’Alberta, jeudi soir, afin d’accéder à la demi-finale nationale samedi contre les puissantes Huskies de la Saskatchewan.

Et qui a été choisie joueuse par excellence du match ?

Caron-Goudreau, qui a inscrit 17 points, dont 10 uniquement au troisième quart. Surtout, elle a réussi un nombre hallucinant de 19 rebonds, dont 13 en défensive.

Tout ça après avoir été discrète en première demie, ne marquant que trois maigres points.

« J’étais nerveuse et fatiguée mentalement au début. Mais mes coéquipières m’ont réveillé à la mi-temps », a confié la jeune femme âgée de 24 ans.

La veille, Caron-Goudreau avait été fêtée au Musée canadien de l’histoire, qui accueillait le gala des championnats. On l’avait nommée joueuse défensive par excellence de la dernière saison au Canada pour une deuxième année de suite.

Tous les yeux étaient rivés sur la numéro 6 dès les premières minutes du match contre les Pandas.

Ajoutez à cela que plusieurs membres de sa famille — de ses frères à ses parents en passant par son copain et un oncle — étaient assis dans la première rangée le long des lignes de côté. Et ils étaient très visibles, portant des chandails rouges avec le nom de famille et le numéro de leur joueuse favorite.

« Ils sont incroyables, a soutenu Khaléann Caron-Goudreau.

«Mes parents sont émus ces temps-ci après chaque match. Ils savent que ce sont mes derniers moments sur un terrain de basket-ball. Ma mère a la larme à l’œil. Ils m’ont tellement supporté. Mes frères aussi. Ils ont toujours leur t-shirt du Rouge et Or.»

C’est la fin pour elle car le corps a mal. L’ailière de 6’3’’ a raté son lot de parties cette saison en raison d’une blessure à l’épaule gauche. Avant ça, ce sont ses pieds, ses chevilles et ses genoux qui ont dû être soignés dans les saisons précédentes.

«Mon corps tient encore... mais j’ai besoin d’en prendre soin», a dit Caron-Goudreau, qui termine sa maîtrise en affaires internationales.

Ce qui a rendu ce retour au bercail encore plus spécial ? Elle l’a partagé avec deux autres produits du Phénix de Nicolas-Gatineau, Kim Létang et Djamila Amidou Triquet.

Létang a notamment terminé la soirée avec 11 points, dont un panier de trois points importants dans la dernière minute de jeu pour sceller la victoire.

Un partisan lui a crié des félicitations. La garde de troisième année a reconnu l’homme au crâne rasé. C’était son premier coach chez le Phénix, Patrick Bibeau.

«C’est rare que j’entende les gens qui sont dans les estrades, mais lui, je l’ai entendu, a avoué Létang.

«Ça fait du bien de voir des visages connus dans les estrades», a-t-elle soutenu.

Ce qui fait aussi du bien ? Causer une surprise.

Le Rouge et Or avait atteint la finale l’an dernier, s’inclinant contre McMaster. Plusieurs vétérantes n’étaient pas de retour à l’automne.

«Ce n’est pas nécessairement tout le monde qui nous voyait ici», a rappelé Létang.

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SOIRÉE DIFFICILE POUR LES JEUNES RAVENS FACE AUX FAVORITES

Les Ravens espéraient surprendre. Elles ont plutôt été démolies dès leur première sortie par les favorites au «Final 8».

L’équipe féminine de l’université Carleton s’est inclinée 73-59 contre les Huskies de la Saskatchewan, jeudi, en quart de finale. Elle a été limitée à neuf points au troisième quart.

«Nous savions que la majorité de leurs joueuses étaient des vétérantes de cinquième année. Nous, nous sommes une jeune équipe», a souligné la recrue gatinoise des Ravens, Dorcas Buisa, qui a disputé 14 minutes.

Carleton était classée huitième parmi les huit équipes en lice. Ils ont accédé au tournoi en étant les hôtes.

En saison, les Ravens avaient compilé une fiche de 15-7. Leur avenir est prometteur après avoir entrepris une reconstruction suite à leur conquête du titre national en 2018.

«Nous n’avons pas d’inquiétudes pour les années à venir, a avoué Buisa, dont la grande soeur Pamphinette évolue au sein de l’équipe nationale de rugby. C’est elle qui m’a initié au basket-ball. Elle voulait que je fasse aussi du sport comme elle.»

Vendredi, ce sera place au volet masculin du «Final 8». Les champions canadiens en titre, les Ravens de Carleton, affronteront les Dinos de Calgary tandis que les Gee Gees d’Ottawa effectueront leur rentrée face à Dalhousie.