Le leader d’AG2R La Mondiale Romain Bardet se bat toujours pour le classement général. Il promet «de vrais rebondissements dans les Alpes».

Romain Bardet n’a «plus aucune pression» au Tour de France

ALBI — Quinzième pour le moment du Tour de France, un rang loin de ses espérances de départ, Romain Bardet (AG2R) affirme courir sans pression et miser sur les Alpes pour s’exprimer, bien plus que sur les prochaines Pyrénées.

«Je ne peux pas être content de ce début de Tour, mais c’est à la fin des trois semaines qu’on tirera les conclusions», estime l’Auvergnat de l’équipe AG2R La Mondiale, qui pointe à plus de deux minutes du premier favori, Geraint Thomas (Ineos).

Lors de la journée de repos, le Français, deux fois présent sur le podium du Tour (2e en 2016, 3e en 2017), dit être passé par-delà les déceptions, que ce soit la 19e place du contre-la-montre par équipes le 7 juillet ou le retard dans la première arrivée au sommet, à La Planche des Belles Filles, jeudi. Il est positif : «Je n’ai plus aucune pression, je ne suis plus à 15 secondes près. Hier [lundi], j’étais relax; tous les autres jours, je suis relax.»

A-t-il été atteint psychologiquement? «Le sport de haut niveau est fait de hauts et de bas, répond-il. On aimerait être au summum. Mais c’est mon septième Tour, il y a des moments plus durs que d’autres, il faut savoir les accepter. Ça prend un peu de temps à digérer.»

Ému par l’accueil qui lui a été réservé lors de l’arrivée dimanche dans sa ville de Brioude (Haute-Loire), Romain Bardet veut rester distancié : «Je ne me laisse plus griser par les conclusions quotidiennes que chacun tire. C’est le même cinéma depuis que je fais le Tour. Il faut rester calme, c’est à Paris qu’on verra ce qu’il en est.»

Révision à la baisse

«Je suis arrivé au départ du Tour avec un peu de retard. On l’a gardé pour nous, mais j’ai été obligé de m’arrêter après le Dauphiné, explique-t-il. Maintenant, plus les jours passent et mieux je me sens.»

La phrase résonne comme une promesse. Dans les Alpes surtout, puisqu’il prévoit «une course plus traditionnelle dans les Pyrénées» : «À part une défaillance, il n’y aura pas de grands écarts au Tourmalet. On va dire que je me répète, mais je pense que cette édition est propice à de vrais rebondissements dans les Alpes, en troisième semaine.»

Seule certitude, Bardet joue toujours le classement général. A-t-il été tenté de changer son fusil d’épaule après La Planche des Belles Filles? La réponse fuse : «C’était beaucoup trop tôt pour prendre des décisions qui pourraient être rédhibitoires.» L’argument se tient : «Qui eût cru à des écarts pareils, lundi, entre les favoris?»

Son patron, Vincent Lavenu, confirme : «On ne va pas laisser tomber le classement général, ce n’est pas ce que j’attends de mon leader.»

Malgré tout, les ambitions ont été revues à la baisse : «Si on fait une place dans les 6-7 premiers du classement général... Au départ du Tour, évidemment, on espérait mieux. Mais aujourd’hui, compte tenu des pépins en début de Tour, si Romain fait 5e, 6e ou 7e, on est dans le coup. Le but est de faire la meilleure place. Mathématiquement, le podium n’est pas inaccessible.»