Roger Federer a bien l’intention de venger sa défaite de 2015 en demi-finales au profit de son compatriote Stan Wawrinka. «Je suis prêt pour la bataille», assure-t-il.

Retour vers le futur pour Federer et Wawrinka

PARIS — Jeu, set et match Wawrinka! Roger Federer range ses raquettes, quitte le court... et Roland-Garros. C’était en 2015 et on ne le reverra plus sur la terre battue parisienne jusqu’à cette année où il retrouve son compatriote mardi pour, une nouvelle fois, une place en demi-finales.

Roger Federer est très content de sa tenue «vintage» arborée pour son retour dans le grand chelem français. Et il garde un mauvais souvenir du short «terrible» de son compatriote en 2015 (un treillis rouge, blanc et marron-gris). Un short qui avait pourtant porté «Stan the man» jusqu’à son deuxième titre du grand chelem, après les Internationaux d’Australie l’année précédente.

Mais les retrouvailles entre ces deux joueurs ne se réduiront pas à une histoire de chiffons!

«Depuis 20 ans, chaque match que je joue sur le circuit il y a une chance que je le perde en trois ou deux sets secs. Mais je prends suffisamment de chemises sur le court, je prends suffisamment de raquettes, de cordages, de chaussures... je suis prêt pour la bataille. Et je suis là pour me battre!» a prévenu l’ex-no 1 mondial, vainqueur à Roland-Garros en 2009.

Trois sets secs, c’est justement le score infligé par Wawrinka en 2015 et Federer se souvient d’avoir été écrasé par les lourdes frappes de son adversaire.

«Une fois dans sa vie»

«Je suis content qu’il dise ça une fois dans sa vie! plaisante Stan, avant d’ajouter : Je crois que cette année-là, j’avais écrasé le tournoi, donc c’est un très bon souvenir.»

«Mais ça ne m’est pas arrivé souvent dans ma vie contre lui. Normalement, c’est toujours le contraire...» a-t-il précisé.

Au total, les deux hommes se sont affrontés 25 fois et Federer, l’homme aux 20 titres du grand chelem, a gagné à 22 reprises, dont les six rencontres qui ont suivi ce quart 2015 à Roland-Garros.

Alors Stan le cadet, 34 ans et trois titres majeurs, peut-il de nouveau battre Roger l’aîné, 38 ans en août, dès mardi?

«J’espère qu’il n’est pas à son niveau de 2015, mais nous verrons», a commenté Federer.

Un facteur jouera certainement pour ces deux joueurs d’expérience : la fraîcheur physique.

Qualifié en produisant un minimum d’efforts (7h10 au total pour passer les quatre premiers tours sans perdre le moindre set), Federer a affirmé qu’il espérait retrouver en quarts son partenaire de double du titre olympique à Pékin en 2008.

Il a été servi, mais pour y parvenir, Wawrinka, qui a été opéré deux fois au genou gauche en 2017, a dû jouer trois fois en trois jours entre vendredi et dimanche, et livrer un match d’anthologie (cinq sets et plus de cinq heures) face à Stefanos Tsitsipas, devant en grande partie sa victoire à sa plus grande expérience de ce type de matchs longs et tendus où le public s’en mêle.

Au total, le Vaudois a passé 12h27 sur le court avant d’affronter son compatriote, soit l’équivalent de deux matchs de plus que lui. «Je suis de plus en plus vieux, alors ça ne va pas être facile d’être prêt pour mardi», a reconnu Wawrinka.

Federer est encore plus âgé, mais «il est aussi bien meilleur que moi!» a-t-il ajouté. Toutefois, «sur terre, c’est là que j’ai eu le plus de mal contre lui», a relevé Roger.

Avant la rencontre, les deux compères ont fait assaut d’amabilités : «Nous sommes tous contents qu’il soit de retour sur terre battue après ces quelques années», a déclaré Wawrinka. «Je suis simplement heureux pour lui qu’il soit de retour après ses problèmes de genou», a assuré Federer.

Mais mardi, ce sont bien des coups — de raquette — que les deux joueurs s’échangeront. Federer pour viser une huitième demi-finale à Roland-Garros, Wawrinka une quatrième.

Djokovic impressionnant

Impressionnant, implacable, expéditif, tout simplement injouable : lundi, Novak Djokovic a encore balayé son adversaire, l’Allemand Jan-Lennard Struff, pour atteindre les quarts de finale de Roland-Garros sans perdre un set, tandis que le finaliste de l’an dernier Dominic Thiem a enfin sorti le grand jeu.

Il n’aura donc fallu que 1h33 au numéro 1 mondial, son match le plus court jusque-là avec le deuxième tour, pour se défaire de Struff (45e) 6-3, 6-2, 6-2 et rejoindre en quarts ses meilleurs ennemis Nadal et Federer.

Le Serbe a écrit une page d’histoire : il est devenu le premier joueur à atteindre les quarts de finale de Roland-Garros dix années de suite, ce que même le maître des lieux Nadal, qui vise cette année un 12e titre sur la terre battue parisienne, n’a pas réussi.

Il sera maintenant opposé à Alexander Zverev, numéro 5 mondial et vainqueur de Fabio Fognini (12e) 3-6, 6-2, 6-2, 7-6 (7/5).

De son côté, le finaliste de l’an dernier Dominic Thiem a enfin relevé son niveau de jeu pour écraser Gaël Monfils (17e). Le joueur de 25 ans avait perdu un set par match aux trois premiers tours et c’est face à Monfils, pourtant son premier vrai test du tournoi, que le vainqueur de Barcelone en avril a joué son tennis le plus convaincant.

Il retrouvera pour son quatrième quart de finale d’affilée dans le tournoi le Russe Karen Khachanov (11e). Celui-ci, pour la première fois en quarts en Grand Chelem à 23 ans, a mis fin juste avant la tombée de la nuit au parcours de l’Argentin Juan Martin Del Potro (9e), demi-finaliste en titre mais qui n’a fait son retour d’une blessure à un genou que début mai. 

Kei Nishikori (7e) a lui aussi obtenu son billet pour les quarts en éliminant sur deux jours le Français Benoît Paire (38e) 6-2, 6-7 (8/10), 6-2, 6-7 (8/10), 7-5. Il aura le redoutable honneur de défier le Roi Nadal.

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KENIN ET SINIAKOVA RAMENÉES SUR TERRE

Après avoir éliminé Serena Williams, Sofia Kenin a perdu face à Ashley Barty, huitième tête de série.

Vaincre Serena Williams, championne de 23 titres majeurs, ou Naomi Osaka, première tête de série à Paris, était une chose. Y donner suite deux jours plus tard s’est révélé une tout autre histoire pour Sofia Kenin et Katerina Siniakova.

Les joueuses responsables de l’élimination de Williams et Osaka au troisième tour ont toutes deux trébuché au quatrième tour, lundi. Kenin a perdu face à Ashley Barty, huitième tête de série, 6-3, 3-6, 6-0 et Siniakova s’est inclinée aux dépens de Madison Keys, n14, 6-2, 6-4.

C’est un phénomène courant dans les tournois du grand chelem : une joueuse négligée élimine une adversaire tête de série, mais ne parvient pas à confirmer ce succès à son match suivant. Un autre exemple cette année à Roland-Garros en témoigne : celle qui a battu Angelique Kerber, triple championne en grand chelem, au premier tour, Anastasia Potapova, s’est fait montrer la sortie en deuxième ronde.

«C’est évidemment un défi. Vous devez gérer vos émotions, a déclaré l’Américaine Kenin, âgée de 20 ans et classée 35e au monde, qui a déclassé Williams en deux manches, samedi. Oui, j’ai battu Serena, ce qui était vraiment bon, mais je savais que Barty est une adversaire coriace et qu’elle joue vraiment bien.»

Keys fera maintenant face à Barty. L’autre quart de finale dans le haut du tableau féminin opposera Simona Halep à l’Américaine Amanada Anisimova.

En double, la Canadienne Gabriela Dabrowski a gagné son match de troisième ronde en compagnie de la Chinoise Yifan Xu. Le duo a eu raison des Françaises Fiona Ferro et Diane Parry, âgée de 16 ans, en deux manches de 6-1 et 7-6 (5).  AP