La nouvelle formation d’Ottawa évoluera à la Place TD dès avril prochain. Sur la photo (de gauche à droite): le président de Canada Soccer Business, Scott Mitchell, le commissaire de la PLC, David Clanachan, le président due l’Atlético de Madrid , Miguel Angel Gil Marin, le partenaire stratégique, Jeff Hunt, et le directeur financier de Canada Soccer Business Doug Rye.

Retour du soccer à Ottawa dès avril 2020

L’Atlético de Madrid s’intéressait depuis un an à établir une présence en sol canadien. Il avait même regardé d’autres marchés ailleurs au pays avant d’arrêter son choix sur Ottawa à la fin de l’automne.

Après deux semaines de rumeurs, le prestigieux club de soccer européen a obtenu officiellement mercredi une équipe d’expansion dans la Première Ligue canadienne (PLC). 

La formation évoluera à la Place TD dès avril prochain dans ce jeune circuit qui comptera maintenant huit concessions.

La PLC a annoncé le tout dans un communiqué publié sur son site web peu avant 16 h. En entrevue au Droit, son commissaire se frottait les mains.

« Nous accomplissons plusieurs choses d’un coup. Nous lançons une équipe dans la capitale tout en accueillant comme propriétaires un des clubs les plus connus au monde qui possède des millions d’abonnés à ses comptes sur les réseaux sociaux. Puis nous nous rapprochons de la Belle Province. Nous sommes à sa porte maintenant », a soutenu David Clanachan.

La ligue voulait élargir ses cadres à court terme. Ottawa se trouvait au haut de sa liste, tout comme le marché de Québec, dit-on
en coulisses.

La relation entre la PLC et l’Atlético a commencé au printemps dernier. 

Le détenteur des droits de diffusion du circuit, Mediapro qui a racine en Espagne, a servi d’intermédiaire.

« Le club s’intéressait alors à nos débuts, un peu comme un grand frère qui s’intéresse aux activités de son petit frère. Puis il a mentionné être intéressé à aligner une équipe dans notre ligue. Nous avons exploré divers marchés possibles avec l’Atlético. »

Ottawa n’était toutefois pas une option au début. La ville possédait déjà un club pro. Le Fury disputait sa troisième saison dans la USL. Sauf que cette franchise a cessé ses activités en novembre après avoir été incapable d’obtenir le renouvellement de sa sanction de la CONCACAF en vue
de 2020.

« Quand ce marché est devenu libre, l’Atlético a tout de suite mentionné le nom d’Ottawa. Il est déjà établi dans la capitale de l’Espagne. Et maintenant il possède une présence dans la capitale du Canada », a soutenu Clanachan.

La nouvelle équipe n’a pas encore de nom. Ni de logo ou couleurs. La PLC laisse planer que le tout sera dévoilé lors d’un événement public prévu le 12 février. Est-ce qu’on pourrait alors apprendre l’identité aussi du directeur technique et premier entraîneur-chef ?

Ce qu’on sait déjà ? L’homme d’affaires local Jeff Hunt agira en tant que partenaire stratégique pour l’Atlético. Il revenait d’Espagne quand le circuit canadien a confirmé l’arrivée d’Ottawa dans
ses rangs.

« Je pense qu’il s’agit de la deuxième nouvelle la plus importante de la jeune histoire de cette ligue après son lancement. Elle accueille une des 10 marques de soccer les plus connues au monde, a soutenu Hunt.

«Puis pour les amateurs de soccer d’Ottawa, c’est encore mieux. Ils ne passeront pas une saison sans soccer.»

Reste à voir si la nouvelle équipe saura attirer des partisans au stade. La moyenne de spectateurs aux matches locaux du Fury flirtait avec la barre des 4500.

Ça correspond à la moyenne des billets vendus pour chacune des parties des sept autres franchises de la PLC en 2019 situées à Halifax, York, Hamilton, Winnipeg, Calgary, Edmonton et Victoria.

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TROUVER DES JOUEURS AU PLUS VITE

La nouvelle équipe de soccer pro aura peu de temps pour meubler son alignement en vue de ses débuts dans la PLC.

Le camp d’entraînement des concessions commence en mars. Puis les premiers matches auront lieu en avril. Le calendrier régulier devrait être publié sous peu.

Chaque formation disputera 28 parties, dont 14 à domicile, en 2020.

Le commissaire David Clanachan l’avoue. «C’est ambitieux de commencer dès la saison de printemps», a-t-il dit au Droit.

«Beaucoup de travail attend l’équipe d’Ottawa. Mais s’il y a un groupe qui peut y arriver, c’est bien l’Atlético qui possède déjà beaucoup d’expérience en soccer et de nombreuses ressources.»
Chaque formation de la PLC doit aligner au moins six joueurs canadiens sur le terrain. Elle ne peut pas compter plus de sept joueurs étrangers dans ses rangs.

Ajoutez à cela que trois des joueurs canadiens doivent être âgés de moins de 21 ans et disputer au moins 1000 minutes de jeu durant la saison.

Jeff Hunt croit qu’Ottawa peut aligner une formation compétitive dès ses débuts. «J’ai passé beaucoup de temps dans les bureaux de l’Atlético dernièrement. Je peux te dire que leurs dirigeants possèdent un dossier sur presque chaque joueur pro au monde ! C’est impressionnant», a-t-il lancé.

«Ce club mise sur une large équipe de dépisteurs. Il a déjà commencé à établir une liste pour l’équipe.»

Le retour d’anciens joueurs canadiens du Fury n’a pas été exclu.

Ça pourrait inclure le défenseur gatinois Maxim Tissot, toujours sans contrat. «Je ne ferme la porte à rien», a-t-il dit.

«Mais en même temps, il n’y a pas encore de staff au sein de cette équipe. Tu ne sais pas à qui parler. On verra ce qui se passera dans les prochains jours.»

Un qui ne jouera pas à Ottawa ? Le défenseur Thomas Meilleur-Giguère, qui s’est entendu la semaine dernière avec le Pacific FC, un des sept autres clubs de la PLC. 

Tissot croit tout de même que l’Atlético a pris une bonne décision de lancer ses activités dès le printemps au lieu de patienter quelques mois de plus. «C’est mieux d’entrer en championnat dès le début. En arrivant lors de la saison d’automne, ça aurait été plus compliqué pour l’équipe sur le terrain», a-t-il soutenu.

«C’est sûr que ça ne donne pas beaucoup de temps en ce moment pour bâtir une équipe. Mais c’est faisable de trouver de bons joueurs canadiens.»