Le président exécutif de Claridge, Stephen Bronfman

Retour des Expos: «Nous avons l’occasion de bâtir pour les 100 prochaines années», dit Bronfman

MONTRÉAL — Stephen Bronfman a été clair : le développement du secteur Bridge-Wellington offre une occasion de bien penser ce quartier, de construire pour les 100 prochaines années.

Le président exécutif de Claridge et fer-de-lance du Groupe de Montréal a fait une présentation passionnée de son « projet-rêve », sur lequel il travaille depuis plus de sept ans, devant les commissaires de l’Office de consultation publique de Montréal.

En compagnie de son bras droit Pierre Boivin, Bronfman a expliqué les grandes lignes de son projet qu’il veut « innovateur, communautaire et écoresponsable ».

Après avoir dressé un vibrant portrait des Montréalais, Bronfman a rappelé la longue histoire d’amour de ceux-ci avec le baseball professionnel, qui remonte à l’époque des Royaux de Montréal et de Jackie Robinson.

Le projet de Bronfman serait innovateur en ce sens qu’il ne proposerait pas beaucoup de places de stationnement, comptant plutôt sur les transports en commun, le R.E.M., les vélos et les déplacements à pieds. Quand un commissaire lui a fait remarquer qu’aucune station de métro ne desservait le quartier, Bronfman a rappelé l’association entre les Alouettes et la STM pour mener leurs partisans vers le stade Percival-Molson, lui aussi mal desservi sur ce point.

Bronfman a beaucoup insisté sur sa vision environnementale pour ce projet, non seulement pour le stade, qui utiliserait les toutes dernières technologies en matière de géothermie et de réutilisation des eaux de pluie et de la neige, mais également pour le quartier environnant. Il a rappelé que les préoccupations écologiques ne sont pas une lubie et que Montréal avait l’occasion unique de construire un nouveau quartier en pensant aux 100 prochaines années.

Le stade serait également ouvert à la communauté. Bronfman a évoqué pour la première fois la possibilité que les Alouettes y évoluent et a ajouté qu’il aimerait accueillir des matches de la Coupe du monde de soccer de 2026, une Classique hivernale de la LNH, ou encore des événements de surf des neiges et ski acrobatique. Mais il a également parlé de faire la part belle aux initiatives communautaires, comme d’abriter une glace Bleu-Blanc-Bouge du Canadien, d’accueillir des artisans comme les forgerons des Forges de Montréal, des souffleurs de verre, ainsi que des programmes sports-études, en baseball.

Bronfman a aussi évoqué la possibilité de tenir des concerts dans ce stade « de 32 000 à 34 000 sièges ».

Un commissaire lui a demandé de quelle façon il croyait que ce stade allait être accueilli par les résidents de ces quartiers « tissés serrés ». Bronfman a répondu qu’ils l’accueilleront avec fierté, car plusieurs personnes viendront visiter leur quartier, ce qui aura d’importantes retombées pour les commerçants du coin.

Cette audience était très importante pour la suite du projet. Bronfman et Devimco tentent d’acquérir quelque 1 million de pieds carrés dans ce secteur de Griffintown, le dernier quartier à proximité du centre-ville de Montréal toujours à être développé. Quelques groupes communautaires s’opposent à la venue d’un club de baseball dans le quartier et souhaitent davantage de logements sociaux. Ils ont profité de ces audiences pour se faire entendre.

Les terrains visés appartiennent à la Société immobilière du Canada, un organisme public. La ville de Montréal dispose d’un droit de préemption sur ceux-ci.

Il s’agit également de la plus récente étape à franchir par Bronfman et son groupe pour l’obtention d’une concession du Baseball majeur. En juin dernier, le propriétaire des Rays de Tampa Bay, Stuart Sternberg, a révélé avoir obtenu la permission de la MLB d’explorer la possibilité de partager la saison entre St. Petersburg et Montréal, un projet inédit qui nécessiterait la construction d’un nouveau stade dans chacune des villes.

Déjà, le maire de St. Petersburg, Rick Kriseman, s’est dit contre le projet. Il a rappelé que le contrat qui lie les Rays à sa municipalité pour l’utilisation du Tropicana Field — jusqu’en 2027 — stipule que la totalité des matchs doit y être jouée.

Trois rencontres entre la direction des Rays et le Bureau du maire de St. Pete ont eu lieu jusqu’ici, sans que rien ne transpire des discussions qui y ont été tenues.