Des voitures de la Formule Atlantique, l’une des séries emblématiques de l’histoire du GP3R, seront de retour sur le circuit trifuvien pour la 50e édition. De gauche à droite, le pilote Luc Lesage, le directeur général du GP3R Dominic Fugère, le pilote Guy Gilain, le pilote et instigateur du projet Marcel Lafontaine ainsi que le pilote Yannick Bourdeau.

Retour dans le temps au Grand Prix de Trois-Rivières

Trois-Rivières — On se doutait que le Grand Prix de Trois-Rivières profiterait des festivités entourant sa 50e édition pour faire un clin d’oeil au passé. Son directeur général, Dominic Fugère, a annoncé mardi matin que les légendaires monoplaces de la Formule Atlantique renaîtront sur le circuit du parc de l’Exposition, au mois d’août, grâce à la présence de voitures historiques ayant jalonné les belles années de ce championnat.

Cette série emblématique a marqué les esprits des amateurs de courses, ayant figuré sur la programmation de 28 éditions du GP3R. Presque tous les pilotes québécois ayant fait de la course automobile leur métier y ont roulé. Quatre champions mondiaux de Formule 1 (James Hunt, Keke Rosberg, Alan Jones et Jacques Villeneuve) sont d’ailleurs passés sous la porte Duplessis en Atlantique, au fil des années.

Une dizaine de pilotes québécois piloteront ces voitures en 2019. Ils rouleront à bord de modèles des trois dernières générations de la catégorie (Swift 008.a, 014.a et 016.a). Le Trifluvien Luc Lesage sera notamment du départ.

«Ça ravive de beaux souvenirs», souriait le pilote, présent au point de presse au local des Amis du Grand Prix. «La Formule Atlantique a toujours été la série chouchou des amateurs ici. Le son que ces voitures produisent, entre les murs de ciment à Trois-Rivières, ce sera quelque chose!»

Le propriétaire de Trois-Rivières Toyota s’est laissé convaincre d’acheter une voiture de la défunte série par le promoteur Marcel Lafontaine, l’instigateur de ce retour au GP3R. Ce dernier a organisé des classiques mettant en vedettes les bolides de l’Atlantique, l’année passée au Circuit Mont-Tremblant. Il a ensuite vendu son projet à Fugère, qui a accepté avec joie.

Un «test» pour les monoplaces

«Près de 30 ans d’histoire sur les 50 éditions du Grand Prix, c’est considérable», observe le directeur général, en parlant de l’apport de la Formule Atlantique dans la cause du Grand Prix. «Cette série nous a tous fait rêver. En ce moment, il y a un mouvement pour les monoplaces en Amérique du Nord. Il y a peut-être un brassage à faire pour ramener des monoplaces à Trois-Rivières. On va tester les amateurs, à savoir s’ils veulent en voir davantage. Sait-on jamais, nous pourrions accueillir des voitures plus performances pour la 51e édition, avec des pilotes en développement.»

Pour l’instant, Fugère se concentrera cependant à faire aller ses contacts pour inciter le plus grand nombre d’anciens pilotes à venir à Trois-Rivières pour sa course historique de Formule Atlantique.

«On aimerait recevoir des voitures ayant appartenu à Gilles Villeneuve. Il y en a au musée Gilles-Villeneuve, mais il y en a aussi un paquet qui traînent un peu partout en Amérique. Il y a une grosse course de voitures historiques en même temps que la nôtre, à Laguna Seca en Californie. Ça coûte moins cher pour plusieurs d’aller là-bas, mais on garde espoir d’en attirer quelques-uns.»

Super Production Challenge

Par ailleurs, la direction du Grand Prix une entente avec les bonzes de la série Super Production Challenge, qui remplacera la Coupe Porsche GT3 canadienne, dont le partenariat n’a pas été renouvelé. Cette série aligne des voitures de production de toutes sortes, un autre clin d’oeil au demi-siècle d’anniversaire puisque des véhicules semblables ont disputé les 50 Tours de Trois-Rivières en 1967.

Le promoteur Dominic St-Jean planche sur une forte participation de pilotes québécois. «Il m’a surpris en me parlant de la possibilité de voir une quarantaine de conducteurs!» s’exclame Dominic Fugère, persuadé que la Super Production Challenge offrira un meilleur spectacle que la Coupe Porsche GT3. 

«Le système de balance de performance est intéressant, le poids de la voiture est ajusté selon la puissance du moteur alors ça offre de belles bagarres en piste. Pour des voitures qui ne coûtent pas cher, on peut voir des pilotes de chez nous. Le pilotage prend le dessus sur tout dans cette série.»

Fugère comprend que certains seront déçus du départ des voitures Porsche. «Mais les parades à huit ou dix voitures, ça ne fonctionne pas. Si les pilotes de Porsche veulent revenir au GP3R, ils pourront le faire via la série CTCC, dans la classe GT.»