Le jeune fondeur Rémi Drolet (13) a terminé deuxième à l’épreuve des 10 km des championnats nationaux chez les hommes en classe ouverte.

Qui prendra la relève d’Alex Harvey?

Tous les yeux sont rivés sur la relève du ski de fond masculin ces jours-ci aux championnats canadiens qui se déroulent en Outaouais.

Le roi de la discipline au pays, Alex Harvey, prendra sa retraite plus tard en mars. Son coéquipier Len Valjas aussi. Son ami Devon Kershaw, qui a brillé à ses côtés depuis une décennie sur la scène internationale, avait remisé son équipement le printemps dernier.

« Il y a deux ans, j’aurais été inquiet. Je t’aurais dit qu’il y aurait un vide entre nous et la prochaine génération. Mais après avoir passé la dernière année à m’entraîner avec les jeunes, je suis rassuré. Ils sont rapides et forts », a soutenu Valjas, mercredi, après avoir remporté l’épreuve de 10 km des championnats nationaux chez les hommes en classe ouverte.

Son plus proche poursuivant était un jeune francophone de l’Ouest canadien, Rémi Drolet, âgé de seulement 18 ans. En quatrième position se retrouvait Antoine Cyr, ce fondeur de Hull qui a 20 ans.

Valjas, lui, a atteint le cap de la trentaine au début de l’hiver.

« Je savais que Rémi était rapide. J’ai dû être à mon meilleur pour le devancer aujourd’hui. J’ai dû tout donner. Il est l’avenir du ski de fond canadien », a-t-il soutenu.

Né d’un père de Chicoutimi et d’une mère de Shawinigan, Drolet a grandi à Rossland, en Colombie-Britannique. Il a pris le septième rang en janvier au 30 km classique des championnats du monde juniors en Finlande. C’est sans oublier ses quatre médailles, dont trois d’or, aux Jeux du Canada.

Quant à Cyr, il a terminé 12e au 10 km classique des Mondiaux juniors de 2018 en Suisse. Il était aussi en Finlande il y a un mois et demi, prenant le 20e rang aux sprints des Mondiaux chez les moins de 23 ans.

Antoine Cyr

« Ces jeunes obtiennent des résultats semblables à Alex à son âge. Même moi je n’ai pas accompli à l’époque ce qu’ils font en ce moment », a ajouté Len Valjas, qui a gagné cinq médailles individuelles en carrière sur le circuit de la Coupe du monde. C’est sans compter son titre de champion en sprint par équipe avec Harvey à Toblach, en Italie, en janvier 2017.

« Ça regarde bien pour l’avenir. J’ignore quel est le potentiel exact de ces jeunes, mais je pense bien que nous n’aurons pas à patienter longtemps pour voir l’un d’eux aboutir sur un podium en Coupe du monde. »

Drolet, lui, peut notamment compter sur un ancien entraîneur de l’équipe nationale. Il est dirigé par Dave Wood au club Black Jack.

Ce dernier a été le coach de Beckie Scott et Sara Renner durant les années 2000.

« Rémin est un athlète très motivé qui s’est fixé de grands objectifs. Il a démontré qu’il possède les habiletés pour les atteindre, a soutenu Wood.

«Ce que j’aime, c’est qu’il fait ce qu’il dit. Souvent, des athlètes vont parler beaucoup, mais ne passeront pas à l’action. Quand Rémi affirme qu’il doit s’améliorer à tel chapitre, il le fait.»

Quant à Drolet, il avoue rêver aux Jeux olympiques. «Mais l’important, c’est de bien faire en ce moment», a-t-il dit, lui qui aura droit à un premier départ en Coupe du monde plus tard en mars à Québec.

Quoi d’autre retient-on de la première journée des championnats canadiens présentés au centre nordique Nakkertok ? Que les skieurs locaux étaient en forme.

Cyr a terminé troisième chez les seniors hommes. Quant à Katherine Stewart-Jones, elle a gagné le bronze chez les femmes seniors.

Dans les rangs juniors, Pierre Grall-Johnson a pris le troisième rang. Il défend les couleurs de Nakkertok, tout comme Luke Allan, deuxième chez les juvéniles garçons. Tove Halvorsen, de Chelsea, a abouti sur la troisième marche du podium chez les juniors femmes.

Jeudi, ce sera place aux poursuites en technique libre. Les premiers skieurs prendront le départ à 9 h.