Vasek Pospisil a remporté le championnat de Wimbledon en double, en 2014, avec son coéquipier Jack Sock.

Pospisil tempère les attentes

Le Challenger Banque Nationale de Gatineau n’a jamais eu de tête d’affiche avec une feuille de route aussi éloquente.

En plus d’être un joueur canadien, Vasek Pospisil a déjà occupé le 25e rang mondial en 2014. Dans cette même année, avec son partenaire Jack Sock, il a remporté le championnat de Wimbledon en double. L’année suivante, toujours à Wimbledon, il a atteint les quarts de finale en simple. Ce n’est pas tout. En 2017, le Britanno-Colombien a réussi l’exploit de vaincre le meilleur joueur de la planète tennis pendant le Masters d’Indian Wells. À l’époque, c’est Andy Murray qui était le numéro un mondial.

Vétéran bien établi, Vasek Pospisil a 25 matches d’expérience dans les tournois du Grand Chelem où il revendique 12 victoires. Ce type de joueur ne court pas généralement les Challengers. Mais voilà. Opéré au dos en janvier dernier afin de résoudre un problème persistant depuis 2014, l’athlète de 29 ans doit redémarrer la machine. S’il se trouve à Gatineau cette semaine, ce n’est certainement pas pour la bourse de 7200 $ US qui sera remise au vainqueur. À son retour au jeu, il y a deux semaines à Wimbledon, il a encaissé 57 105 $ US avec un revers en quatre manches au premier tour contre son compatriote Félix Auger-Aliassime et une élimination au deuxième tour en double.

S’il est en Outaouais cette semaine, c’est avant tout pour retrouver ses repères et engranger de précieux points ATP. Il doit refaire son classement, qui a chuté jusqu’au 186e rang après huit mois d’inactivités.

Les amateurs de tennis de la région seront donc gâtés par sa présence dans le dernier match de la soirée mercredi, mais Pospisil a rapidement tempéré les attentes lorsqu’il s’est présenté au parc de l’île mardi.

« Huit mois arrêté, c’est long. Les tournois de la série Challenger sont un passage obligé. J’ai besoin de jouer des matches et rebâtir ma confiance. J’ai besoin de gagner et d’aller chercher des points. Le plus important, c’est de tester mon corps après une si longue absence. Je dois aiguiser mes réflexes d’abord. Honnêtement, je ne m’attends pas à grand-chose. Oui, j’ai joué à Wimbledon. Je me suis bien senti au début, mais mon corps n’était pas prêt à encaisser l’impact d’un match de cinq manches. »

Vasek Pospisil ne veut donc pas placer la barre trop haute pour sa rentrée où il jouera ensuite à Granby avant de passer par la Coupe Rogers et un autre Challenger à Vancouver. Après, il compte bien utiliser son classement protégé pour retourner sur le circuit de l’ATP pour l’Omnium des États-Unis.

« J’essaie de ne pas m’imposer trop de pression pour commencer. Je dois réaliser que je ne suis pas encore à mon mieux et que tout le monde ici est capable de jouer du gros tennis. J’espère gagner, bien sûr, mais je n’ai jamais été aussi relaxe par rapport aux résultats que cette semaine. Je suis très motivé, mais j’arrive à Gatineau avec plein de points d’interrogation. Je n’ai jamais été arrêté si longtemps. Je suis curieux de savoir comment ça va se passer. J’ai confiance de retrouver à mon niveau de jeu, mais ça va me prendre combien de temps ? »

Parfaitement fluide en anglais, en tchèque et en français, Pospisil espère que son dos passera le test au cours des prochaines semaines parce qu’il y a longtemps qu’il n’a pas été en parfaite santé.

« Les maux partaient et revenaient toujours. Je n’ai pas gagné beaucoup de matches en 2014 après avoir ressenti mes premiers maux de dos. J’ai joué en dépit de la douleur pendant des années. J’ai su aux Masters de Paris (en octobre dernier) que c’était sérieux lors d’un service que j’ai pris dans un match de deuxième tour que je menais contre Benoît Paire. Je n’ai pas éprouvé de douleur à mon retour Wimbledon. J’espère que ça va se poursuivre. »