Brittany Phelan a remporté la médaille d’argent aux Jeux olympiques de PyeongChang en 2018.

Phelan prête pour la Coupe du monde

MONTRÉAL — Depuis qu’elle a fait le saut du ski alpin au ski cross en 2014, Brittany Phelan n’a jamais signé de victoire sur le circuit de la Coupe du monde. La Québécoise croit que le temps est venu de mettre un terme à cette disette.

En fait, sa seule victoire en carrière a été acquise en Coupe Nor-Am à Nakiska, en Alberta, le 26 janvier 2016. Pour remédier à la situation, la skieuse de Sainte-Agathe-des-Monts a peaufiné ses départs l’été dernier, afin d’être plus explosive à la sortie des portillons, et elle a beaucoup misé sur sa préparation mentale.

« J’ai été très constante dans mes résultats au cours des deux dernières années. J’ai obtenu plusieurs podiums, sans jamais obtenir de victoire, a-t-elle d’abord rappelé. J’attendais toujours le moment parfait, où toutes les pièces du casse-tête tomberaient en place pour me permettre de gagner une course.

«Maintenant, j’essaie de me dire que je peux gagner une Coupe du monde chaque fois que je prends le départ, et qu’il n’y a aucune raison pour que ça ne se concrétise pas. Je veux tout donner et ne plus attendre pour ce moment parfait, parce que c’est très rare que ça se produit», a ajouté la médaillée d’argent aux Jeux olympiques de PyeongChang en 2018.

La skieuse âgée de 28 ans espère ainsi éviter un début de saison cauchemardesque comme celui l’an dernier. Après avoir terminé sixième à Arosa, en Suisse, elle n’avait même pas été en mesure de franchir les qualifications à Innichen, en Italie.

«C’était tout juste avant Noël, et je me souviens que les autres courses avaient été annulées, donc ç’avait fait très mal à mon orgueil, a rappelé la principale intéressée. Puis pendant le temps des Fêtes, je me suis dit que je ne skiais pas à la hauteur de mon talent, et qu’il n’y avait aucune excuse pour cela.

«Mais, vous savez, j’ai vécu tellement de déceptions dans mon autre vie, en ski alpin, que j’ai appris à vivre avec ce genre de situation, a-t-elle poursuivi. Ç’aurait été facile de m’apitoyer sur mon sort, parce que tous les gens que je croisais me demandaient : ‘Oh, qu’est-ce qui s’est passé ?’ Et je répondais, sans détour : ‘C’est simple, je ne skie pas à la hauteur de mon talent. Ça arrive’.»

Au retour des Fêtes, Phelan a successivement fini cinquième, puis deuxième, à Idre Fjall, en Suède, en route vers la cinquième position au classement général de la Coupe
du monde.

«Je préfère commencer une saison sur les chapeaux de roue, mais ce que j’ai retenu comme leçon, c’est que même si ça ne se concrétise pas, je peux tout de même connaître une très bonne saison», a-t-elle résumé.

Et qui sait, Phelan pourra peut-être aspirer à la conquête du globe de cristal dans sa discipline, en cette saison dépourvue de Jeux olympiques et de Championnats du monde.

«C’est bien, une saison sans le stress qu’apporte généralement ce genre de compétitions. Cette saison, je vais me concentrer sur le classement général, car je crois que le classement général reflète la constance des skieuses. C’est une façon de déterminer qui est la meilleure d’entre nous», a-t-elle dit.

Phelan a vécu deux événements marquants cet été

Par ailleurs, Phelan a vécu deux événements déterminants au courant de l’été dernier qui lui ont fait prendre beaucoup de maturité, comme athlète et être humain.

Il y a d’abord eu l’annonce en juillet de la retraite sportive de sa coéquipière Kelsey Serwa

«J’étais très près d’elle. Quand j’ai commencé le ski cross, il y a cinq ans, nous habitions ensemble puisque nous nous entraînions pendant l’été à Whistler. Elle m’a appris beaucoup de choses sur le vélo de montagne – un sport que je ne connaissais pas vraiment.

«Je n’ai pas encore ressenti son départ, parce que je me suis entraînée en Colombie-Britannique, près de chez elle, pendant tout l’été, donc je la voyais pratiquement à tous les jours. Mais c’est certain que je redoute un peu son absence cette saison, lorsque nous serons sur la route», a-t-elle évoqué.

Phelan a aussi dû composer avec le décès tragique de sa coéquipière Mikayla Martin dans un accident de vélo de montagne survenu en octobre.

«Vous savez, entre 800 et 900 personnes ont assisté à ses funérailles, et elles provenaient de tous les horizons. Ça m’a émue de voir à quel point elle avait eu un impact sur tant de gens. Je suis certaine qu’elle aurait connu une très belle carrière. C’est une perte immense au sein de l’équipe», a-t-elle confié.

Phelan considère néanmoins que la mort soudaine de Martin, qui n’était âgée que de 22 ans, lui a apporté quelque chose de plus dans sa carrière puisque ça l’a forcée à prendre du galon au sein de l’équipe.

«Je suis maintenant la plus vieille skieuse de l’équipe féminine, donc je considère que j’ai un devoir moral envers mes plus jeunes coéquipières. Ça [la mort de Martin] nous a vraiment rapprochées – nous nous écoutons les unes, les autres, car nous sommes toutes affectées différemment –, bien que je considère qu’on ne peut jamais vraiment se remettre d’un tel événement. C’est certain que je vais penser à elle pour le reste de ma vie», a-t-elle conclu.

La première étape de la saison de la Coupe du monde de ski cross se déroule cette semaine à Val Thorens, en France (5 au 7 décembre).