Jean-Paul Caron trouve le temps long, seul dans son bureau du centre sportif de Gatineau.
Jean-Paul Caron trouve le temps long, seul dans son bureau du centre sportif de Gatineau.

Palestres ouvertes en Ontario, mais fermées au Québec

Jean-Paul Caron trouve le temps long, seul dans son bureau du centre sportif de Gatineau. Même chose pour ses jeunes gymnastes et entraîneurs du club Unigym, dont les dernières acrobaties remontent à la mi-mars.

Tout ce monde éprouve de la difficulté à comprendre le plan de déconfinement sportif du Québec qui a été activé en multiples phases depuis une quinzaine de jours. Leur palestre doit rester fermée pendant que des clubs en sol ontarien, eux, peuvent maintenant rouvrir, mais uniquement pour les entraînements compétitifs.

«C’est doublement frustrant quand on voit ce qui se passe de l’autre côté de la rivière des Outaouais. Nous serions capables d’en faire de même ici», déplore Caron, l’ancien grand patron de Gymnastique Canada qui occupe maintenant les fonctions de directeur général à Unigym.

Il s’agit d’un des plus importants clubs au pays, comptant plus de 7000 gymnastes. Du lot, environ 200 athlètes font partie du volet compétitif.

«Je suis seul dans mon bureau et en face de moi, j’ai une palestre de 25 000 pieds carrés complètement vide depuis deux mois. Nous pourrions facilement accommoder 50 gymnastes et entraîneurs compétitifs en même temps tout en respectant les mesures et consignes émises de la santé publique et le plan de relance de Gymnastique Québec.»

Québec a commencé à permettre les activités en plein air qui n’impliquent aucun contact avec les individus, telles les épreuves de course et lancers en athlétisme, l’aviron, le canoë et kayak, le golf, le tennis en simple. Le baseball, le soccer et football, qui sont pratiqués aussi à l’extérieur, sont toutefois en mode attente.


« Le plan de relance a été présenté à la ministre. Nos devoirs ont été faits, mais nous attendons toujours des nouvelles. »
Jean-Paul Caron

La ministre responsable du sport amateur, Isabelle Charest, n’a offert aucune date de retour pour les sports pratiqués à l’intérieur. Gymnastique, basketball, natation, plongeon et hockey se retrouvent dans le même bateau, même si leur pratique diffère une de l’autre.

«Notre réalité est différente, surtout pour notre club. Ce n’est pas l’espace qui manque à notre palestre de Gatineau pour contrôler la circulation et la distanciation», fait valoir Caron.

Le plan de relance déposé par Gymnastique Québec propose plusieurs mesures importantes, dont le nettoyage des appareils après chaque rotation. La désinfection aurait lieu après chaque quart de travail de trois à quatre heures.

«Nous pourrions facilement accommoder nos athlètes compétitifs en étalant des groupes sur l’ensemble de la journée», ajoute le dg d’Unigym.

Le club a déjà établi un plan local pour gérer la circulation à deux autres de ses palestres à Hull et Masson-Angers dans l’éventualité d’un déconfinement du volet compétitif. Il n’aurait toutefois pas accès à son site d’Aylmer, qui se trouve à l’école secondaire Grande-Rivière.

«Nous n’avons aucune idée quand nous aurons accès à nouveau à cette palestre», avoue Jean-Paul Caron.

Quant au volet récréatif qui regroupe la majorité des gymnastes, la patience sera encore plus de mise.

Déjà, Unigym s’est résigné à annuler la session estivale destinée à ces jeunes athlètes. Et il ne sait toujours pas s’il sera en mesure de tenir ses camps de jours dès la fin juin.

«Il commence à avoir de la grogne dans les clubs, reconnaît Caron. Le plan de relance a été présenté à la ministre. Nos devoirs ont été faits, mais nous attendons toujours des nouvelles. On se croise les doigts que ça changera. Nous serons prêts lorsque nous recevrons le GO.»

Et si c’est le statu quo pour le reste de l’été?

Unigym craint un exode de ses meilleurs gymnastes vers Ottawa afin de reprendre l’entraînement.

«Ça serait sûrement temporaire, mais on les comprendrait», affirme Jean-Paul Caron.

Afin de mettre de la pression sur les élus pour une reprise des activités, Gymnastique Québec invite ses membres à participer depuis quelques jours à une campagne sur les réseaux sociaux en utilisant le mot-clé #noussommesprêts.

«Réalisez une affiche comme message inscrit: Nous sommes prêts. Prenez une photo et/ou une vidéo de 15 secondes maximum de vous devant votre club ou à la maison avec cette affiche. Publiez votre photo/vidéo sur vos réseaux sociaux avec le #noussommesprêts. Mentionnez votre club et la fédération @gymqc», peut-on lire dans un document envoyé vendredi par Gymnastique Québec.