Au total, près de 100 matches étalés sur 11 jours auront lieu dans la capitale fédérale en 2026.
Au total, près de 100 matches étalés sur 11 jours auront lieu dans la capitale fédérale en 2026.

Ottawa accueillera un championnat du monde en 2026

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
Cindy Ouellet a été marquée par la dernière fois que le Canada a présenté les championnats du monde de basket-ball en fauteuil roulant. Ses coéquipières et elle avaient gagné l’or en 2014, à Toronto.

«Lorsque le dernier coup de sifflet s’est fait entendre à la fin du match, j’ai vu non seulement la réaction des autres joueuses de l’équipe, mais celle de la foule, des amateurs canadiens qui nous avaient appuyés tout le long du tournoi. J’ai vu aussi maman et papa qui pleuraient dans les estrades. Il n’y a rien de mieux que de concourir à la maison.»

Ça, c’était il y a déjà six ans.

L’étudiante en génie biomédical et ses amies de l’équipe nationale auront à nouveau l’occasion de jouer en sol canadien pour ce titre... dans six ans.

Basketball en fauteuil roulant Canada et la Fédération internationale de basketball en fauteuil roulant (IWBF) ont annoncé jeudi que les championnats du monde se dérouleront à Ottawa en 2026. Une confirmation effectuée lors de la Journée internationale des personnes handicapées.

Vingt pays seront représentés à cet événement qui est présenté chaque quatre ans. Un total de 94 parties échelonné sur 11 jours aura lieu surtout au parc Lansdowne, plus précisément dans l’aréna de la Place TD et le pavillon Aberdeen. Les terrains de l’université Carleton et l’Université d’Ottawa ont aussi été identifiés comme site de compétition.

«Les occasions d’accueillir le monde à un événement de cette envergure sont rares», a rappelé le triple médaillé d’or paralympique, Patrick Anderson, durant une visioconférence.

Ce joueur-clé au sein de l’équipe nationale croit que les amateurs de sport d’Ottawa seront ravis.

«Les gens au Canada aiment le basket. Ils sont tombés amoureux des Raptors de Toronto au fil des ans, de Kawhi Leonard à Vince Carter, même si ces deux joueurs sont partis ailleurs, a lancé Anderson, sourire en coin. Tu retrouves la même créativité, les mêmes émotions fortes dans notre sport, si tu fais exceptions des «dunks». Je crois que les gens vont être séduits.»

La sénatrice et ancienne championne Chantal Petitclerc abonde dans le même sens. Elle a accepté la présidence d’honneur de l’événement.

La sénatrice et ancienne championne Chantal Petitclerc

Cette dernière se souvient de ses cinq participations aux Jeux paralympiques en athlétisme.

«Je n’ai jamais pratiqué le basket-ball en fauteuil roulant. C’était peut-être une bonne chose pour notre pays! Mais j’ai toujours éprouvé de l’admiration et du respect pour ces athlètes. Aux Jeux paralympiques, la finale dans ce sport était toujours un événement majeur. Tout le monde voulait y assister, y compris tous les athlètes des autres sports.»

Ça tombe bien aussi que le Canada excelle sur ce plancher de jeu. Ses équipes nationales, autant chez les femmes que les hommes, s’avèrent une force internationale, ayant amassé quinze médailles aux championnats du monde senior et junior, dont huit d’or.

Originaire de Québec, Ouellet espère que l’édition 2026 saura attirer une relève vers son sport. «Un peu comme moi qui rêvait de me retrouver un podium à l’époque quand je voyais Dean Bergeron et Chantal Petitclerc», a-t-elle confié.

«C’est ce que j’ai la chance de faire maintenant», a ajouté la femme âgée de 30 ans, qui avait été diagnostiquée d’un cancer des os durant son enfance.

L’obtention de ces championnats du monde serait le début d’une autre récolte intéressante pour Ottawa, dit-on en coulisses. La Ville a attiré plusieurs événements nationaux et internationaux dans les quatre années qui ont précédé l’arrivée de la COVID-19.

La ministre ontarienne des Industries du patrimoine, du sport, du tourisme et de la culture n’a pas caché non plus la stratégie du gouvernement Ford en vue des prochaines années. «Le domaine que je représente a été un des premiers à subir les impacts de cette pandémie et sera le dernier à s’en remettre. Présenter de grands rendez-vous sportifs sera une des clés pour relancer l’Ontario et le reste de la province», a fait valoir Lisa MacLeod.

De la musique aux oreilles du maire Jim Watson, qui a rappelé qu’Ottawa possède une «réputation d’une belle ville pour présenter des événements majeurs». «Et le Canada est reconnu à travers le monde en tant que leader dans le domaine de l’accessibilité, l’inclusion et les libertés individuelles», a-t-il ajouté.

L’impact économique de ces championnats du monde est estimé à 9,2 millions $ par les organisateurs locaux.