Le Tour d’Espagne a été difficile physiquement et émotionnellement pour le cycliste gatinois, Michael Woods.

Michael Woods ému et épuisé après la Vuelta

Un peu plus et Michael Woods s’excusait, lundi, au lendemain de la conclusion des trois semaines et 3271 kilomètres du Tour d’Espagne.

Le cycliste de Gatineau a terminé la Vuelta au 34e rang du classement général. C’est surtout sa victoire historique à la 17e étape, disputée quelques jours auparavant, qui avait retenu l’attention.

« La réaction de mes amis, coéquipiers, membres de ma famille, amateurs et autres coureurs a été incroyable. En fait, je me sens mal à l’aise de ne pas avoir été en mesure de répondre à tous les messages de félicitations que j’ai reçus », a soutenu Woods au Droit.

Ce dernier l’avoue. Il est épuisé après s’être tapé ce dernier grand tour de la saison.

« Même si plusieurs jours se sont écoulés depuis ma victoire, je n’ai pas encore récupéré physiquement, mais surtout émotionnellement de cette performance, a raconté l’athlète âgé de 31 ans.

«J’étais tellement excité après cette étape que j’ai eu beaucoup de difficulté à dormir. En fait, je n’ai pas encore eu une bonne nuit de sommeil.»

Oui, il y a eu les célébrations. Mais il y a eu aussi cette confidence poignante qu’il avait livrée après avoir franchi le fil d’arrivée en premier devant le peloton international.

Un Woods en larmes, fixant le ciel, avait dédié sa victoire à son fils mort-né, il y a deux mois. Sa conjointe Elly en était alors à 37 semaines de grossesse.

Une épreuve personnelle qu’il n’avait jamais abordée auparavant.

«Gagner cette étape-là a été très émotionnel, a reconnu Woods.

«Non seulement parce qu’il s’agit de ma première victoire à un Tour. Mais surtout que je voulais tellement gagner en l’honneur de notre garçon Hunter et aussi pour ma femme. Réagir de la sorte a été drainant. Je commence à peine à me remettre de tout ça.»

Sa douce moitié avait aussi dû composer avec le décès de son papa au printemps.

«La dernière année a été difficile pour elle et moi», a souligné le coureur de l’équipe EF Education First-Drapac

Rien ne laissait présager que Michael Woods allait se démarquer au Tour d’Espagne, même s’il avait terminé septième l’an dernier au classement général. Il est devenu le deuxième cycliste canadien à gagner une étape après Ryder Hesjedal en 2009 et 2014.

«Je me suis pointé ici avec des attentes peu élevées», a-t-il précisé.

C’est qu’il avait subi une blessure, il y a un mois, lors de la deuxième étape du Tour de l’Utah. Ce dernier roulait à 50 km/h quand il a chuté dans un virage. Il s’est retrouvé notamment avec de l’infection dans une jambe.

Il lui reste encore quelques sorties à l’horaire avant de s’offrir un repos bien mérité et tirer un trait sur la saison 2018.

Dans le lot, il y a les championnats du monde, qui auront lieu du 23 au 30 septembre à Innsbruck, en Autriche.

Woods, qui a grandi à Ottawa avant de déménager de l’autre côté de la rivière des Outaouais, défendra les couleurs du Canada.

«En raison de la nature de l’événement dont la durée et le style de course qui sont différents du World Tour, je n’ai de gros objectifs. Je suis quand même heureux de ma condition physique et d’être perçu comme un des aspirants à la victoire en arrivant là-bas. Je vais simplement continuer à rouler de la même façon qu’à la Vuelta et je serai heureux du résultat final.»