Alaine Chartrand a remporté, ce week-end, les Championnats canadiens de patinage artistique.

Ménage payant pour Chartrand

Un an plus tard, Alaine Chartrand a retrouvé le sourire et sa place au sommet de la hiérarchie du patinage artistique au Canada.

Un an trop tard s’empresse toutefois de souligner la femme âgée de 22 ans. L’entrevue téléphonique se passait tard lundi soir. Le vol d’avion de l’athlète de Prescott pour quitter le Nouveau-Brunswick avait encore été annulé.

Deux jours auparavant, Chartrand avait gagné le titre national à Saint-Jean. Elle est passée du cinquième rang après le programme court à la tête du classement avec un programme long presque parfait livré sous la musique d’Andrew Lloyd Webber.

« C’est excitant de gravir la première marche du podium. Mais en même temps, c’est frustrant que ça arrive là... Il aurait fallu que je patine comme ça l’an passé. »

Chartrand, qui s’entraînait encore à quelques reprises à Aylmer le printemps dernier, a raté les Jeux olympiques en 2018 par un mince écart. Des erreurs lors de la dernière journée des sélections lui avaient coûté sa place. Un coup qu’elle avait durement encaissé. Surtout après avoir été championne canadienne une première fois en 2016.

Un peu tout le monde la voyait à PyeongChang en compagnie de Kaetlyn Osmond et Gabrielle Daleman.

« Honnêtement, je ne savais plus si j’allais continuer à patiner après avoir vécu ça. J’ai dû prendre plusieurs mois pour réfléchir à mon avenir », avoue-t-elle.

Chartrand a mis le cap vers Hawaï pour des vacances, question de chasser ce cauchemar. À son retour, elle a enfilé les patins.

« Seulement pour quelques heures par semaine afin de conserver une bonne forme physique et participer à des spectacles. Mais la motivation faisait encore défaut. »

À un moment au début de l’été, l’université York lui a annoncé qu’elle était acceptée dans son programme de kinésiologie. Une occasion pour elle de remettre le compteur à zéro.

« De tout changer... de déménager à Toronto, de changer d’entraîneurs et modifier mon approche quotidienne, précise-t-elle.

«J’ai décidé de continuer à patiner, mais sans que ce soit la chose la plus importante dans ma vie. Tout gravitait autour de ça auparavant. Maintenant, j’ai un meilleur équilibre et je patine pour le plaisir.»

À quel point Chartrand n’est plus la même personne ?

«J’ai commis des erreurs durant le programme court. Mais j’ai refusé de me laisser abattre et ronger par ça. J’ai préféré voir le positif, que j’étais à seulement un point du podium.»

Il y a aussi sa santé qui s’avère nettement meilleure.

«Autant physique que mentale. Les deux dernières années, j’ai dû me débrouiller malgré une blessure à une cheville. Ce n’était pas facile.»

Ajoutez à cela que Chartrand a gagné ce deuxième titre sous le regard de son nouveau copain, l’ancien patineur Kevin Reynolds. Ce dernier l’a soulevée à sa sortie de la patinoire après le programme long samedi à Saint-Jean.

Reynolds a vécu les Jeux, il y a 11 mois, en Corée du Sud.

Ce qui amène une question évidente.

Est-ce que Chartrand vise une participation olympique en 2022 à Pékin ? Elle aurait alors 25 ans.

«Tu sais, je ne pense maintenant qu’à court terme, qu’à la prochaine compétition. Ensuite, à la fin de la saison, on verra comment je me sens, si je continue pour une autre saison. Ce que je sais, c’est que je n’ai pas l’intention de mettre 10 ans pour terminer l’école.»

Parlons de sa prochaine compétition. Elle aura lieu du 4 au 10 février à Anaheim, en Californie. Ce seront les championnats des Quatre continents

«Pour une fois, ils n’ont pas lieu en Asie où il faut s’acclimater au décalage horaire. Et côté météo, ça sera plus chaud ! Nous ne sommes pas habitués à ce genre de conditions durant notre saison de compétitions», rappelle Alaine Chartrand, qui sera aussi des championnats du monde à Saitama, au Japon, du 18 au 24 mars.

Cette dernière ne sera pas le seul produit de la région à concourir sur la scène internationale dans les prochaines semaines.

Joseph Phan, qui a fait ses classes au club Asticou, représentera le Canada aux championnats du monde juniors du 4 au 10 mars en Croatie. Il a terminé quatrième l’an dernier à ce rendez-vous.