La joueuse de tennis gatinoise, Mélodie Collard
La joueuse de tennis gatinoise, Mélodie Collard

Mélodie Collard devra trouver une façon de jouer en 2021

Sylvain St-Laurent
Sylvain St-Laurent
Le Droit
La joueuse de tennis Mélodie Collard a été une «citoyenne exemplaire» au cours de la dernière année, selon son entraîneur Mathieu Toupin.

«Elle n’a pas du tout voyagé depuis le début de la pandémie. Et nous n’avons rien prévu de spécial d’ici Noël», dit-il.

Ça ne peut pas durer.

«Il faut enligner des choses pour janvier et février.»

Il y a bien sûr des obstacles à franchir. La pandémie ne veut pas ralentir. Les frontières terrestres sont fermées. Les Canadiens peuvent voyager à l’étranger par la voie des airs, à condition de s’isoler pendant 14 jours à leur retour au pays.

Pour des athlètes d’élite, qui doivent s’entraîner quotidiennement, ce n’est pas compliqué.

«Mélodie est en contact avec des athlètes d’autres pays. À certains endroits, dans le monde, il n’y a pas de période de confinement. On demande simplement aux gens de subir un test. Quand les résultats sont négatifs, les gens peuvent sortir de chez eux.»

M. Toupin ne sait pas encore comment s’y prendre pour faire bouger les choses.

«Il va falloir qu’on trouve des façons moins compliquées de faire les choses. Quatorze jours de confinement, ça n’a pas d’allure. Ça pourrait ruiner des carrières.»

À l’été 2020, à défaut de voyager, Mélodie Collard a participé à une série de tournois locaux, où elle a été dominante.

Elle aurait quand même préféré briller sur la scène junior internationale. Elle s’était donné le but de remporter un tournoi du Grand Chelem.

«L’année n’a pas été facile. Il y a eu des moments durs», commente l’entraîneur.

«On sait que des gens sont malades. Des gens qui sont en santé sont confrontés à tout plein de défis. Les athlètes, aussi, vivent des moments durs. Ce sont des êtres humains qui vivent constamment sur l’adrénaline. Quand ils se retrouvent en confinement, ça peut devenir épeurant.»

«Ce n’est pas toujours facile au niveau mental. Et quand le mental est moins là, le physique est moins là.»

Mélodie a quand même su tirer profit du confinement printanier. Elle a soigné des blessures qui traînaient depuis un certain temps. Par la suite, à l’entraînement, elle a pu améliorer certains détails techniques dans son jeu.

«Elle est une athlète plus complète, maintenant.»

«Sauf que là, il faut qu’il se passe des choses.»

Un trophée

L’année 2020 se termine sur une bonne note pour Mathieu Toupin.

L’entraîneur de Tennis Outaouais Performance (T.O.P.) a reçu une surprise. Tennis Canada lui a envoyé un trophée. Un «Prix d’excellence en matière d’entraînement» pour son travail effectué auprès de Mélodie Collard durant l’année 2019.

L’entraîneur de Tennis Outaouais Performance, Mathieu Toupin

«Il y a comme un délai dans tout ça, explique-t-il. En temps normal, ils soulignent ça durant le tournoi de la Coupe Rogers. Il y a toujours une présentation sur le court central.»

La COVID-19 a eu raison de cette autre tradition.

«Ça fait quand même du bien de recevoir ce trophée. On ne fait pas ce métier pour les récompenses individuelles, mais ça fait quand même du bien au moral.»

M. Toupin prend ce trophée comme un vote de confiance de la part de Tennis Canada.

En 2019, l’entourage de Mélodie Collard - dont il fait partie - a pris l’ambitieux pari de continuer à entraîner la championne en Outaouais. Il aurait facile de suivre les sentiers battus, en lui permettant de se joindre au centre d’excellence du tennis canadien à Montréal.

«Au cours des dernières années, Tennis Canada a connu beaucoup de succès avec Bianca, Félix et Leylah. Ça pourrait emmener ses dirigeants à penser d’une certaine façon. Nous, on continue de penser qu’il y a plus d’une façon de faire. Tennis Canada a toujours beaucoup de respect pour nous.»