Félix Auger-Aliassime nourrit des objectifs élevés pour l’avenir. Il est prêt à faire les petits pas maintenant pour essayer de les réaliser.

Maximiser le temps de jeu

Après s’être incliné au deuxième tour des qualifications à Roland-Garros, Félix Auger-Aliassime s’est assis avec ses entraîneurs et a décidé de faire un changement à court terme à son programme avec en tête un objectif à long terme.

Le Montréalais de 17 ans a choisi de prolonger sa saison sur les courts en terre battue et de ne pas participer à la saison des tournois sur gazon. Cette initiative semble porter ses fruits.

Auger-Aliassime a remporté le tournoi Challenger de Lyon après son séjour à Roland Garros et il a atteint la finale une semaine plus tard à Blois, en France.

Plutôt que de faire face à une éventuelle élimination rapide lors des qualifications d’un tournoi sur gazon comme Wimbledon, Auger-Aliassime a disputé plusieurs matchs dans un circuit inférieur tout en jouant sur une surface plus lente où les échanges tendent à être plus longs.

L’objectif est de maximiser le temps passé sur le court, d’emmagasiner de l’expérience et de l’utiliser comme une pierre angulaire pour l’avenir. « Disputer des Challengers, je pense que c’est bon pour forger son caractère, a déclaré Louis Borfiga, vice-président haute performance de Tennis Canada. Il doit comprendre qu’être champion, c’est un long processus. Je pense que c’est la bonne approche pour l’avenir. »

Comme un vétéran
Considéré comme l’un des grands espoirs du tennis, Auger-Aliassime est déjà classé au 152e rang mondial. Il possède un très bon service, des coups puissants des deux côtés et il se déplace bien sur le court.

Il se comporte comme un vétéran même s’il n’aura que 18 ans le mois prochain. « Je pense que j’ai le jeu pour bien faire sur toutes les surfaces, a mentionné Auger-Aliassime. J’espère que d’ici l’année prochaine, je peux être en mesure de disputer les quatre tournois du Grand Chelem la même année. »

Il a imité des joueurs vedettes grâce à sa troisième victoire en tournoi Challenger en carrière. Novak Djokovic, Richard Gasquet et Juan Martin del Potro sont les seuls autres joueurs à avoir remporté au moins trois titres sur le circuit avant d’avoir 18 ans.

Auger-Aliassime a été ennuyé par une blessure au genou en début de saison, mais il a fait des progrès depuis son retour au jeu. Il a inscrit quelques tournois de l’ATP World Tour à son calendrier et il a accédé au deuxième tour à Indian Wells – battant Vasek Pospisil avant d’être éliminé par son autre compatriote Milos Raonic.

Le jeune homme vise à se hisser parmi les 100 meilleurs d’ici la fin de la saison.

« Je pense que je peux être un danger de n’importe quelle position sur le terrain, a déclaré Auger-Aliassime de Marbourg, en Allemagne. Si je peux utiliser cette énergie, cette puissance, cette intensité, et être aussi constant que possible et réduire les fautes directes, c’est comme ça que je peux atteindre le niveau que je souhaite d’ici la fin de l’année. »

Le joueur de six pieds trois pouces et 185 livres a l’intention de demeurer en Europe pendant quelques semaines avant de se concentrer sur la saison des tournois sur surface dure.

« Nous devons nous rappeler que c’est un jeune garçon, a rappelé Borfiga. Oui, il s’améliore. Je pense qu’il a beaucoup progressé sur le plan technique et aussi en maturité avec son jeu. Il commence à obtenir de bons résultats. »

Auger-Aliassime a remporté le titre junior des Internationaux des États-Unis en 2016, un an après avoir remporté le titre du double junior à New York avec son bon ami Denis Shapovalov.


«  Je pense que j’ai le jeu pour bien faire sur toutes les surfaces.  »
Félix Auger-Aliassime

Shapovalov, âgé de 19 ans, s’est révélé l’une des vedettes de l’été dernier et il s’est depuis hissé au 25e rang du classement mondial.

Il peut être tentant pour les amateurs de tennis canadiens d’envisager le même parcours pour Auger-Aliassime. Bien qu’il semble avoir ce potentiel, les athlètes prennent parfois plus de temps pour s’épanouir. « Il doit suivre son propre parcours, a déclaré Borfiga. S’il faut patienter jusqu’à 20 ans, c’est correct aussi. »