Le propriétaire des clubs Tecumseh, Mont-Cascades et Manderley, Pierre-Hugues Fortin
Le propriétaire des clubs Tecumseh, Mont-Cascades et Manderley, Pierre-Hugues Fortin

Lobbying «discret» de l’industrie du golf

Avant que la neige tombée mardi matin ne vienne les décourager, les golfeurs avaient reçu un message d’espoir de la Table de concertation de l’industrie du golf du Québec, qui a publié une lettre ouverte pour donner des nouvelles «encourageantes et à la fois réalistes».

Golf Québec, la PGA du Québec, l’Association des clubs de golf du Québec, l’Association nationale des propriétaires de terrains de golf du Canada et l’Association des surintendants de golf du Québec y révèlent que des discussions se poursuivent avec le gouvernement provincial afin d’en arriver à des compromis permettant l’ouverture des parcours, alors que des mesures de déconfinement commencent à être adoptées dans le cadre des efforts pour contrer la pandémie de la COVID-19.

«Depuis quelques semaines, votre Table de concertation de l’industrie du golf travaille ardemment à l’ouverture des parcours de golf en collaboration avec le gouvernement dans le respect des consignes gouvernementales», peut-on lire dans la mise à jour.

«Nous sommes conscients que le gouvernement québécois est très sensible à la santé et à la sécurité de tous les Québécois. L’industrie du golf n’y fait pas exception. Par conséquent, notre mobilisation auprès du gouvernement vise à trouver différentes solutions qui respecteront les consignes de la Direction de la santé publique en vue de l’ouverture des parcours de golf au Québec en toute sécurité», ajoute-t-on.

Dans une missive à ses membres, la compagnie ClubLink, qui opère les parcours Greyhawk, Kanata Lakes, Eagle Creek et Hautes-Plaines dans la région, a même avancé les dates du 4 mai au Québec et du 12 mai en Ontario comme étant ciblées pour un relâchement des mesures de confinement permettant aux golfeurs de s’élancer sur les allées et verts, entretenus de façon limitée en ce début de printemps.


« Il y a beaucoup de lobbying qui se fait discrètement. Mais il n’y a pas de directives claires du gouvernement pour l’instant. »
Pierre-Hugues Fortin

«ClubLink a peut-être de l’information que nous n’avons pas. Ce que je sais, c’est qu’il y a beaucoup de lobbying qui se fait discrètement. Mais il n’y a pas de directives claires du gouvernement pour l’instant», a confié au Droit le propriétaire des clubs Tecumseh, Mont-Cascades et Manderley, Pierre-Hugues Fortin.

Des parcours en Colombie-Britannique sont ouverts avec des restrictions très claires de distanciation sociale, incluant une limite d’un joueur par voiturette et des chalets et restaurants qui demeurent fermés. Idem dans plusieurs états américains.

Fortin est prêt pour de telles mesures, ayant même exploré la possibilité d’installer des séparateurs en plexiglas entre les bancs des voiturettes, vu que leur nombre limité représenterait un défi. «On a mis au point aussi des mécanismes pour sortir la balle des coupes sans toucher au fanion», relate-t-il.

Opérant des parcours des deux côtés de la rivière des Outaouais (Manderley est situé à North Gower, au sud d’Ottawa), Fortin se demande ce qui va se passer si jamais les deux provinces voisines ont des dates différentes pour permettre de jouer au golf, alors que des mesures pour empêcher les Ontariens de traverser les ponts vers Gatineau à moins que ce ne soit essentiel sont en place sur la rive québécoise.

«C’est peut-être un débat qu’il faudrait chercher à éviter, dit-il. Je suis un membre de longue date au Royal Ottawa (à Aylmer), dont la majorité des membres habitent à Ottawa. Qu’est-ce qui va se passer si le parcours est ouvert et qu’ils ne peuvent pas venir jouer?»

Il s’interroge également à savoir ce qui va se passer avec les nombreux tournois de bienfaisance, qui sont importants pour les organismes à but non lucratif tout en étant vitaux pour les terrains de golf.

D’un autre côté, Pierre-Hugues Fortin pense que l’industrie du golf pourrait voir du positif ressortir de «l’après-pandémie».

«C’est certain qu’il y a des bénéfices au niveau de la santé mentale de pratiquer notre sport, en plein air comme ça. Après avoir été confinés longtemps, les gens vont avoir hâte de sortir. Et comme le golf risque d’être le premier sport à revenir, ça pourrait ramener des joueurs à notre sport. Les joueurs de balle, par exemple, qui ne pourront peut-être pas jouer pour encore un bout de temps», souligne-t-il.