Lissa Bissonnette se préparait en vue des sélections olympiques qui devaient avoir lieu à partir du 16 avril à Lake Lanier, en Géorgie. Elle faisait partie des favorites pour obtenir une des places au sein de l’équipe en K4 500 m.
Lissa Bissonnette se préparait en vue des sélections olympiques qui devaient avoir lieu à partir du 16 avril à Lake Lanier, en Géorgie. Elle faisait partie des favorites pour obtenir une des places au sein de l’équipe en K4 500 m.

Lissa Bissonnette: de l’argent en attendant de ramer à nouveau

Elle a donné ses derniers coups de rame à la mi-mars, en Floride, avec ses coéquipières de l’équipe nationale de vitesse en canoë-kayak.

Lissa Bissonnette se préparait en vue des sélections olympiques qui devaient avoir lieu à partir du 16 avril à Lake Lanier, en Géorgie. Elle faisait partie des favorites pour obtenir une des places au sein de l’équipe en K4 500 m.

C’était avant que la COVID-19 frappe de plein fouet la planète. C’était avant que tout soit mis sur pause, incluant le sport.

Les bonnes nouvelles se font rares depuis son retour au pays, il y a déjà huit semaines. L’instant d’une journée, mercredi dernier, elle a toutefois pu retrouver le sourire.

Le programme de bourses Cascades de la Fondation de l’athlète d’excellence du Québec lui a remis un chèque de 4000 $ en soutien à la réussite académique et sportive. L’athlète originaire de l’Estrie, qui étudie depuis 2012 à l’Université du Québec en Outaouais (UQO), faisait partie des 21 récipiendaires.

«Ça va faire du bien, surtout qu’il faut s’équiper comme on peut ces temps-ci avec les salles d’entraînement qui sont fermées. Nous sommes habituellement très dépendants des clubs pour nos entraînements hors de l’eau», relate la multiple championne canadienne en kayak qui habite à Ottawa.

«La bourse va m’aider à me procurer de l’équipement usagé, comme des poids libres. Quand tu sais que ça coûte environ 1,50 $ la livre et que je suis fille forte, ça prend beaucoup de poids.»

Au moins, Bissonnette se considère chanceuse d’avoir pu emprunter une machine à ramer de l’université Carleton. «Mais j’ai hâte de sauter à l’eau», avoue la kayakiste de 29 ans.

Son embarcation principale ne se trouve pas avec elle dans la capitale nationale.


« «La bourse va m’aider à me procurer de l’équipement usagé, comme des poids libres. Quand tu sais que ça coûte environ 1,50 $ la livre et que je suis fille forte, ça prend beaucoup de poids.» »
Lissa Bissonnette

«Avant de partir de la Floride, je l’ai envoyée en Nouvelle-Écosse où il y a le centre d’entraînement.»

À ce moment-là, les membres de l’équipe nationale s’attendaient à un retour sur l’eau rapide.

«J’ai un bateau ici que je peux emprunter au club Rideau. Mais l’endroit est fermé depuis deux mois. Ça se peut que ça ouvre ce week-end. Si oui, je vais pouvoir aller chercher mon équipement le plus rapidement possible et le mettre sur le toit de l’auto.»

Lissa Bissonnette, qui s’entraîne en temps normal à Mooney’s Bay, n’est pas habituée à pareille période d’inactivité. «Depuis 2006, je n’ai jamais été au Canada en mars et avril.»

«C’est une des plus longues périodes que j’ai passées à la maison sans ramer. Mais en même temps, ça fait du bien pour le corps.»

Membre de l’équipe nationale depuis 2008, la future enseignante en mathématiques au secondaire a terminé 11e en K4 500 m aux championnats du monde, l’été dernier. Ce résultat a permis au Canada de s’assurer d’une place à cette épreuve aux Jeux olympiques de Tokyo.

Bissonnette et ses coéquipières visaient une cinquième place, ou même mieux, aux prochains Jeux. Elles se tournent maintenant vers 2021, si une solution est trouvée pour endiguer la pandémie.

Parmi les objectifs à court terme, il y avait aussi une médaille en Coupe du monde.

Bissonnette a déjà terminé cinquième en K4 500 m en 2013 en Allemagne.

«En kayak de vitesse, les femmes atteignent leur plein potentiel à mon âge. C’est un sport à la fois musculaire et technique. Plusieurs athlètes continuent à ramer jusqu’à 34 ou 35 ans.»

Cette dernière aimerait bien continuer la compétition au moins jusqu’en 2022, année où le Canada doit accueillir les championnats du monde.

Pas mal, pour une jeune fille qui s’est initiée au kayak à l’âge de neuf ans afin de vaincre sa peur de l’eau. Elle était alors peu friande des sports aquatiques après avoir échappé à une noyade.

«Je n’ai plus de craintes maintenant! Je suis au-dessus de l’eau. Je suis à l’aise. Je suis en contrôle. Et j’aime le feeling de me surpasser.»